ILS ONT CONTESTÉ L'ARRESTATION DE LEUR COLLÈGUE MALIK BOUDJOUHER

Des sénateurs boycottent la session d'ouverture

La contestation s'invite au Sénat. Le hall de la chambre haute du Parlement s'est transformé en une scène de protestation. Des sénateurs des deux principaux partis au pouvoir, le FLN et le RND, appuyés par des membres du tiers présidentiel, ont créé la surprise en boycottant hier la cérémonie d'ouverture de la session parlementaire. Motif: ils dénoncent l'emprisonnement de leur collègue, Malik Boudjouher, accusé de corruption. Le sénateur concerné a été pris en flagrant délit de corruption et il a été présenté devant le juge d'instruction près le tribunal de Tipasa qui l'a placé en détention. Le sénateur du FLN, Mohamed Kessari a qualifié cette décision d'anticonstitutionnelle. «C'est inconcevable qu'un sénateur qui est protégé par l'immunité parlementaire soit placé en détention», avant l'engagement de la procédure de levée de ladite immunité, a-t-il dénoncé devant la presse. «Le sénateur est protégé par l'immunité parlementaire. Comment se fait- il qu'il se retrouve en prison sans preuves?», s'est-il adressé à la presse au nom des ses collègues. Pour ce dernier, le sénateur a été victime «du pouvoir de l'argent». Mohamed Kessari a évoqué la thèse «d'un règlement de comptes». «C'est un homme d'affaires puissant qui est derrière l'emprisonnement de notre collègue», accuse-t-il. Le sénateur du FLN n'est pas convaincu par le fait que son collègue ait été pris en flagrant délit. Pour lui, «c'est un coup monté car, dit-il, les sénateurs sont dans leur majorité des hommes d'affaires. Ils n'avaient pas besoin d'être corrompus».
Les sénateurs ont appelé à la constitution d'une commission d'enquête et invité le président du Conseil de la nation à intervenir. Selon eux, la loi permet au bureau du Sénat de demander la suspension des poursuites judiciaires contre le sénateur. Mohamed Kessari n'hésite pas à faire le lien entre «la prochaine présidentielle et l'arrestation du sénateur du RND», sans toutefois entrer dans les détails. A noter que cette action a été engagée sans l'aval des directions des partis concernées.