IL RÉUNIRA SON ÉTAT-MAJOR CE 13 SEPTEMBRE À EL ACHOUR

Sidi Saïd bat le rappel des troupes

Sidi Saïd bat le rappel des troupes

Forte de ses deux millions de travailleurs, le ralliement de l'Ugta donnera une réelle consistance sociale au projet du président.

Le rendez-vous est pris: la machine Ugta démarrera le 13 septembre prochain, date fixée par le secrétaire général de la Centrale syndicale, Abdelmadjid Sidi Saïd, pour convoquer son état-major sur les hauteurs d'Alger à El Achour. Les Unions de wilaya, les SG des fédérations ainsi que les syndicats d'entreprise sont convoqués à cette réunion aux avant-goûts d'une rentrée syndicale, mais pas seulement puisque la date choisie interviendrait après un remaniement du staff gouvernemental annoncé avec insistances par des milieux politiques crédibles. «Les dates des réunions de l'Ugta ne sont pas anodines», fait remarquer un responsable syndical confortant l'idée d'un changement de gouvernement dans les tout prochains jours.
Les questions économiques, sociales et politiques seront abordées lors de la réunion du 13 septembre prochain. Cependant, le sujet principal qui sera débattu portera sur l'annonce par le président Bouteflika de la constitution d'un front populaire. «Le message du président en août dernier sera débattu dans toute sa profondeur et sa portée stratégique», annonce une source au sein de la Centrale syndicale. «L'Ugta demeure fidèle aux valeurs républicaines et à la solidarité nationale», ajoute la même source. Jusque-là discrète sur la fièvre qui a saisi la classe politique au sujet du cinquième mandat, et du Front populaire, l'Ugta rompra son mutisme dès ce 13 septembre pour rejoindre officiellement ce Front. C'est le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, qui va jubiler. Avec ses deux millions de travailleurs, le ralliement de l'Ugta donnera une réelle consistance sociale au projet du président. Il est prévu dans ce sens, qu'au terme de cette réunion, le secrétaire général de l'Ugta fasse une déclaration en rapport avec la constitution de ce front populaire.
Ce n'est pas sans raison d'ailleurs qu'on annonce une rencontre entre Djamel Ould Abbès et Sidi Saïd juste après la réunion du 13 septembre. Après quoi, la Centrale syndicale enchaînera avec un important autre rendez-vous syndical, de portée internationale, cette fois-ci: Le congrès de l'Organisation de l'unité syndicale africaine (Ousa), qui se tiendra à Alger le 22 septembre prochain. Une fin de mois chargée pour l'organisation de Sidi Saïd par ailleurs très attendu lors de cette rentrée que d'aucuns prédisent houleuse. «Nous ne sommes pas de cet avis. L'Algérie baigne dans la paix et la stabilité et nous avons le devoir en tant que citoyen de préserver cette stabilité sans laquelle rien ne pourra se faire en termes de développement.»
Le dialogue et la concertation auxquels a toujours appelé la Centrale syndicale ont procuré d'importants acquis aux travailleurs, a affirmé hier, à Tiaret le secrétaire général de l'Ugta, Abdelmadjid Sidi Saïd. Il a su délicatement déjouer les «icebergs» de l'aventurisme revendicatif. «En termes d'agitation, de grèves et de protestations, nous avons des masters. Mais ce n'est plus le mode opératoire de l'Ugta qui a décidé d'ouvrir une nouvelle page dans la manière de revendiquer, car nous connaissons le prix de la stabilité et de la paix sociale», insiste à chaque fois le secrétaire général de l'Ugta. La stabilité n'est pas seulement sécuritaire, elle est aussi au plan des acquis sociaux.