LES PRÉSIDENTS DES DEUX CHAMBRES DU PARLEMENT À L'UNISSON:

"Préservons notre pays!"

Saïd Bouhadja, président de l'APN---Abdelkader Bensalah, président du Sénat
Saïd Bouhadja, président de l'APN---Abdelkader Bensalah, président du Sénat

«L'ère des périodes de transition en Algérie est révolue», a martelé le président de l'APN.

Il ne laisse aucune ambiguïté. Le Parlement réitère sa position par rapport à la présidentielle de 2019. Les présidents des deux chambres, APN et Sénat, en l'occurrence Saïd Bouhadja et Abdelkader Bensalah, ont annoncé d'ores et déjà la couleur. Dans le discours d'ouverture de la session parlementaire, hier, les deux hommes politiques ont saisi l'occasion de livrer des messages politiques lourds de sens. Le président de l'APN, Saïd Bouhadja est revenu dans le détail pour commenter le mouvement que connaît la scène politique ces derniers temps. Sans ambages, le président de l'APN a pris soigneusement le temps de répondre aux différentes manoeuvres politiques et initiatives qui ont animé le débat durant cet été. «L'ère des périodes de transition en Algérie est révolue», a-t-il martelé en précisant que «des dizaines de milliers de martyrs se sont sacrifiés pour sauver les institutions de l'Etat». S'adressant directement aux partisans de la transition, en particulier le MSP, Bouhadja a déclaré: «L'arrivée au pouvoir se fait à travers les rendez-vous fixés par la Constitution et selon la volonté du peuple dont la souveraineté n'est pas à débattre.» Une déclaration forte de sens qui se veut comme une mise au point à ceux qui plaident pour une période de transition. Il a félicité, dans ce sens, la position de l'institution militaire qui refuse de s'interférer dans la vie politique. «L'Armée nationale populaire joue son rôle avec fidélité dans la préservation des intérêts suprêmes de la nation et la sauvegarde du système républicain et applique ses devoirs constitutionnels avec responsabilité», a-t-il attesté en guise de reconnaissance. Le troisième homme politique de l'Etat n'a pas épargné le Parti des travailleurs. «Le pays a instauré un système institutionnel basé sur la volonté du peuple et la référence à la Constitution et le débat sur une Assemblée constituante est dépassé par le temps», a-t-il soutenu tout en précisant que l'Algérie s'oriente vers l'avenir. Pour lui, la meilleure réponse aux voix pessimistes qui se font entendre de temps à autre en critiquant ce qui a été fait est la mobilisation des forces pour continuer à consolider les bases d'un Etat de droit, de paix, de démocratie et de développement économique et social. Le président de l'APN a invité indirectement le président de la République à poursuivre le processus de construction et de développement du pays. «Le pays fait face à de grands défis sur le plan régional et international, ce qui nécessite plus de mobilisation et de solidarité pour renforcer les rangs dans le cadre d'un front populaire fort qui sera en mesure de sauvegarder la stabilité du pays et d'affronter les complots politiques et les différents phénomènes, à leur tête la corruption et la drogue», a-t-il indiqué. De son côté, le président du Sénat Abdelkader Bensalah a été droit au but en appelant le président Abdelaziz Bouteflika «à poursuivre son oeuvre à la tête du pays». Pour lui, «l'intérêt national suprême exige d'inviter le président Bouteflika à poursuivre son oeuvre dans la même voie et la même orientation». Se référant à la conjoncture actuelle, le deuxième homme politique de l'Etat soutient que «le devoir impose à toutes les franges de la société, toutes tendances politiques confondues, à revoir leur évaluation de la situation et les priorités et revendications de manière à préserver l'intérêt supérieur du pays face aux défis et batailles qui l'attendent, en premier lieu la crise financière, la diversification de l'économie et l'approfondissement de la pratique démocratique».Bensalah a appelé dans son discours à la mobilisation et la conjugaison de tous les efforts «afin de renforcer la cohésion nationale et consolider l'unité nationale à travers l'unification de nos rangs, pour faire face à une conjoncture politique et sécuritaire difficile». Il y a lieu de rappeler que ce n'est pas la première fois que les deux présidents affichent leur soutien au président de la République. Après l'appel lancé lors de la clôture de la précédente session, les deux hommes ont jugé utile de conforter leur appel afin de couper court à toute polémique. Par ailleurs, les deux hommes ont énuméré les différents projets de lois inscrits au menu de cette session qui intervient en pleine échéance présidentielle. Parmi les plus importants l'on cite le projet de loi de finances de 2019, le règlement intérieur de l'APN et la déclaration de politique générale.