LE VICE-PRÉSIDENT DE LA BM POUR LA RÉGION MENA AUJOURD'HUI À ALGER

Le sens d'une visite

Ferid Belhadj, le nouveau vice-président de la Banque mondiale (BM)
Ferid Belhadj, le nouveau vice-président de la Banque mondiale (BM)

L'Algérie n'étant pas un pays emprunteur, maintient actuellement des relations de partenariat avec l'institution de Bretton Woods à travers uniquement ses services de conseil et d'assistance technique en soutien aux priorités de développement national.

Pour son premier déplacement, Ferid Belhadj, le nouveau vice-président de la Banque mondiale (BM) pour la région Mena, a choisi l'Algérie. Il y sera dès aujourd'hui pour une visite de trois jours. Le Tunisien, nommé en juillet dernier à la tête du département Afrique et Moyen-Orient de l'institution de Bretton Woods, devrait rencontrer, lors de son séjour en Algérie, les responsables des ministères des Finances, de l'Intérieur, des Transports et de la Banque d'Algérie.
Il s'agit là d'une première prise de contact avec les autorités algériennes.
L'ancien chef de cabinet du président de la BM qui a dirigé les activités de la banque dans plusieurs pays de la région Mena et qui a déjà exercé la fonction de juriste pour l'Algérie, l'Egypte, l'Iran, la Jordanie, le Maroc et la Thaïlande, devra faire le suivi des projets lancés en partenariat avec la BM ainsi que proposer de nouveaux services conseils qui répondent aux demandes d'assistance technique, exprimées par l'Algérie. Il y a lieu de préciser que l'Algérie n'étant pas un pays emprunteur, maintient actuellement des relations de partenariat avec l'institution mondiale à travers uniquement ses services de conseil et d'assistance technique en soutien aux priorités de développement national. Depuis 2010, ce partenariat s'est articulé autour de 10 opérations d'assistance technique dans six secteurs, à savoir l'agriculture et le développement rural, la finance, le climat de l'investissement, la protection sociale et la gestion intégrée des régions désertiques. Il y a cependant de nouveaux projets qui ont vu le jour à l'exemple de l'opération pilote de collecte des peaux de moutons, initiée par le ministère de l'Industrie et des Mines pour booster la filière des cuirs, qui entre dans le cadre d'un programme d'assistance de la Banque mondiale pour appuyer la diversification des exportations de l'Algérie.
Un autre projet de partenariat devrait voir le jour, c'est celui de la création des start-up.
A ce propos, il y a lieu de rappeler que des discussions entre la Banque mondiale (BM) et le ministère des Finances sont en cours pour mettre en place un fonds de soutien au profit des start-up dans la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), comme l'a indiqué, il y a quelques semaines, l'économiste en chef de la BM pour cette région, Rabah Arezki, en marge du sommet international des Smarts cities (Villes intelligentes) qui s'est tenu à Alger. Il y a lieu de préciser que la Banque mondiale a consacré 6,3 milliards de dollars aux pays de la région Mena durant son exercice budgétaire 2018 pour répondre à la forte demande de financements, d'expertise internationale et d'innovation.
Outre les 6,3 milliards de dollars engagés, la BM a également fourni un large éventail de travaux d'analyse destinés à aider les pays de la région à transformer leur économie et à poser les jalons d'une croissance inclusive et de la création d'emplois. L'institution de Bretton Woods qui établit annuellement des rapports sur la situation économique des pays en voie de développement en recensant les obstacles à éliminer et en proposant des solutions, a estimé, dans son dernier rapport sur l'Algérie, qu'après la dure période de crise financière causée par la chute des prix du baril de pétrole, qu'en 2018 la croissance devrait reprendre rapidement par suite du processus d'expansion budgétaire.
«Le taux de croissance du PIB devrait, de ce fait, s'établir à 3,5% et le taux d'inflation à 7,5% en 2018. Il sera toutefois difficile pour le taux de croissance du PIB de dépasser le seuil de 2% sur la période 2019-20, ce qui représente une progression anémique pour un pays à revenu intermédiaire comptant une très forte proportion de jeunes» a prédit la BM, mais cela ne s'est heureusement pas produit et le taux de l'inflation en Algérie n'a jamais dépassé les 4,6% par exemple.
La Banque mondiale a reconnu cependant à l'Algérie sa place de troisième économie de la région Mena et comme étant une locomotive du Maghreb. Elle a affirmé que l'Algérie fait partie des quelques pays qui sont parvenus à faire reculer la pauvreté de 20% en 20 ans.