LA «BOMBE» DES MÉDECINS SPÉCIALISTES PAS ENCORE DÉSAMORCÉE

Hadjar comme démineur...

Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique
Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique

Les médecins assistants promotion 2018 ont annoncé une action de protestation pour demain. Ils réclament une session de rattrapage pour leurs collègues «demssistes» recalés.

Coup de théâtre! Alors que l'on pensait que la «bombe» des médecins spécialistes a été désamorcée par le ministre de la Santé, ils sont finalement revenus à la charge! En effet, dimanche dernier, les médecins résidents ayant été reçus à l'examen du diplôme d'études médicales spécialisées (Dems) devaient organiser un sit-in devant le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Mais Mokhtar Hasbellaoui avait calmé leurs ardeurs en répondant favorablement à leurs doléances. On croyait alors le problème définitivement résolu, surtout que ces nouveaux maîtres assistants avaient fait part de leur satisfaction quant à la réponse apportée par le premier responsable du secteur de la santé. Mais finalement après s'être réunis, ces médecins assistants promotion 2018 ont annoncé une action de protestation pour demain.
«L'ensemble des nouveaux médecins assistants promotion 2018 ont décidé d'organiser une manifestation pacifique en face du siège du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique le mercredi 5 septembre à 9h du matin», ont-ils indiqué, dans un communiqué.
Le choix de la date de cette action n'est pas fortuit. C'est le jour du début des répartitions des postes du service civil qu'ils pensent boycotter s'ils n'obtiennent pas satisfaction. «Nous avons choisi le premier jour de nos répartitions afin d'exprimer notre entière solidarité, notre soutien à nos confrères et affirmer que nous restons mobilisés jusqu'à l'obtention d'une audience pour nos collègues recalés», ont-ils soutenu dans le même communiqué. En fait, ces médecins spécialistes ont vu une partie de leurs revendications réglée par le ministre de la Santé. «Désormais, la balle est dans le camp de Tahar Hadjar, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique», ont fait savoir les médecins spécialistes que nous avons joints par téléphone. Ils appellent ainsi à une session de rattrapage du Dems, mais aussi de déterminer le sort de l'année universitaire. «Nous revendiquons une session de rattrapage pour nos collègues candidats ajournés à l'examen du Dems session juillet 2018», ont-ils réclamé.
Par ailleurs, il faut comprendre que cette situation est le résultat de l'aventure «hasardeuse» du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) et ses huit mois de grève.
Les médecins résidents et les recalés du Dems sont en train de payer les conséquences d'un mouvement qui, au fil du temps, s'est transformé en jeu pour des apprentis «syndicalistes» qui n'ont pas mesuré les conséquences de leurs actes.
Les enseignants chercheurs hospitalo-universitaires ont refusé de valider l'année de ces médecins en post-graduation, ce qui est tout à fait logique. «Il est inconcevable que les médecins résidents n'ayant pas suivi leur formation, qu'elle soit pédagogique ou de soins, et ayant boycotté les gardes, au cours de l'année dernière, en raison de leur mouvement de grève soient admis dans les examens et valident leur année», ont argumenté les professeurs en médecine pour expliquer leur décision.
Les «demssistes» recalés se retrouvent également dans une situation des plus particulières et dans un flou total. Car, en ayant boycotté deux sessions d'examens, ils ont «grillé» leur chance de passer un rattrapage. «On a suivi le Camra, voilà le résultat...», peste une «demssiste» en gynécologie, ayant échoué à l'examen de juillet dernier.
Le Camra qui a perdu du terrain depuis l'arrêt de la grève, veut profiter de cette colère pour retrouver une crédibilité auprès de ses confrères. Il veut ainsi se «greffer» à la protestation de ses aînés. Demain, s'annonce des plus délicats, surtout que ce sera le jour de la rentrée scolaire. C'est à Hadjar de «déminer» cette journée....