Les services de l'état civil envahis

Le maire Larbi Mohamed et par solidarité avec ses employés a ouvert un guichet au niveau de l'état civil où au même titre que ses employés, il signait des extraits de naissance, des certificats de résidence.

A l'ère du numérique, des avancées technologiques, les administrations continuent à embrouiller les citoyens en exigeant une batterie de documents pour les besoins d'une inscription scolaire. Dans ce cas de figure, les directions des établissements scolaires sont un cas d'école. Annuellement, ces institutions exigent des extraits de naissance, des enveloppes avec timbres... l'exigence de justifier sa naissance a créé un réel engouement au niveau des services d'état civil. Hier, au niveau de Bouira-ville, le maire, Larbi Mohamed, et par solidarité avec ses employés a ouvert un guichet au niveau de l'état civil où au même titre que ces derniers, il signait des extraits de naissance, des certificats de résidence. L'ensemble des annexes administratives communales des 140, de la cité des 1100 Logements, de Ouled Bouchia, de Ras Bouira... étaient submergées par les citoyens venus retirer leurs documents. Même scène au niveau du Centre de proximité des impôts où les nouveaux bacheliers demandaient les extraits de rôle des parents pour les besoins du dossier de bourse. La forte demande a poussé le responsable à ouvrir un guichet spécial et les demandeurs doivent attendre au moins 48 heures avant de recevoir ce document. Pour revenir aux directions des établissements scolaires, tout le monde sait que désormais les bulletins de note sont délivrés de main en main. Pourquoi alors continuer à exiger trois enveloppes timbrées. Cette exigence qui date des époques bien illustrées par feu Boubagra dans un film coûte au Trésor public des fortunes. Le ser-
vice état civil du chef-lieu de wilaya consomme en moyenne jusqu'à
8 rames de papier par jour. La situation est identique à Lakhdaria, Sour El Ghozlane, M'Chedallah, Aïn Bessem pour ne citer que ces cinq daïras. Au moment où la totalité des ministères vantent les mérites de l'informatique, des hautes technologies, on continue en Algérie à abuser du papier et du stylo. Le fléau qui gangrène nos administrations est accentué par l'absence d'un contrôle, la prise en compte des contenus des registres de doléances mais aussi par le laxisme de certains directeurs qui laissent les choses continuées pour ne pas s'attirer la foudre des syndicats et autres employés. Chacun ferme les yeux sur l'autre, semble être une devise administrative algérienne. Le fait aussi que de nombreuses administrations dépendent de directions implantées ailleurs, comme pour les banques, est une opportunité pour les locaux qui font ce qu'ils veulent. L'incivisme des citoyens accentue le phénomène puisque nombreux sont ceux qui recourent aux connaissances pour le moindre papier. Cette façon de faire laisse les portes ouvertes à la corruption d'où l'émergence d'une nouvelle race de fonctionnaires qui n'hésitent plus à demander quelque chose pour un document. Les pouvoirs publics qui s'évertuent à menacer feraient bien de réinstaurer les commissions de surveillance et à sanctionner sévèrement les fautifs. Qui n'a pas au moins une fois entendu dire la vox populi que le président d'un pays développé répondra sûrement à une correspondance quand le maire d'un bourg ne le fera pas. Voilà là un grand chantier pour le gouvernement et une possibilité pour rétablir la crédibilité d'un Etat.