TOUT EN SOUTENANT CERTAINES DISPOSITIONS DE LA LOI DE FINANCES 2019

Le PT tire sur Bouhadja et les 40 sénateurs

Le discours du président de l'APN, à l'ouverture de la session parlementaire, «est une dérive politique en nette contradiction avec la Constitution».

Le Parti des travailleurs tire à vue sur les 40 sénateurs qui ont boycotté l'ouverture de la session parlementaire en solidarité avec l'un des leurs, pris en flagrant délit de corruption. Le secrétariat du bureau politique qui a rendu public un communiqué, hier, qualifie la sortie des sénateurs d'«attitude gravissime et sans précédent de la majorité des membres du Conseil de la nation». Pour le PT, «ces faits qui viennent s'ajouter à d'autres démontrent, si besoin est, qu'aucune réforme politique sérieuse incluant la lutte contre la corruption ne peut réussir sans un véritable renouveau politique et institutionnel.» Une sorte de contribution dans le débat sur le front populaire et ses missions, dont l'une est justement la lutte contre la corruption.
Cet épisode, en plus de «l'utilisation partisane du perchoir de l'APN par le président de l'instance législative plurielle», confirme, à en croire le PT, «l'urgence d'aller vers le renouveau politique et institutionnel par les moyens de la démocratie». Pour le PT, le discours du président de l'APN, à l'ouverture de la session parlementaire, «est une dérive politique en nette contradiction avec la Constitution révisée en 2016 qui, d'ailleurs est censée octroyer plus de prérogatives à l'opposition parlementaire». De fait, Saïd Bouhadja «a outrepassé ses prérogatives et a usurpé celles du président de la République à qui est adressée la lettre signée par des centaines de milliers d'Algériennes et d'Algériens.», souligne le communiqué du secrétariat du bureau politique du PT.
Seul point positif dans le paysage national, le PT le voit dans le projet de loi de finances 2019. Il enregistre «l'absence de nouvelles taxes, le maintien des transferts sociaux (+0,7%) et l'augmentation du budget de fonctionnement (+7%)». Autant de signaux jugés positifs, ce qui encourage le parti de Louisa Hanoune à interpeller «les plus hautes autorités du pays pour rompre avec la politique d'austérité et l'adoption de mesures énergiques pour l'emploi, le pouvoir d'achat, et plus généralement pour des budgets conséquents à même de sauver plusieurs secteurs plongés dans d'énormes problèmes (santé, école, université, commerce extérieur...)».
Concernant la situation dans le monde, le secrétariat du bureau politique «exprime ses inquiétudes sur les développements auxquels fait face le peuple frère libyen», rappellant qu'«aucune solution impliquant des forces étrangères n'est viable dans ce pays ou dans tout autre pays». Le PT renouvelle, enfin, «son soutien au PT et à la CUT du Brésil et au peuple brésilien qui se battent pour la libération de Lula et sa candidature à la présidentielle d'octobre prochain».