ANNABA

C'est la course aux cours particuliers

De l'exception à la règle, les cours particuliers se sont, au fil du temps, transformés en une industrie qui, au-delà, reste un souci majeur pour les parents d'élèves.

À peine la rentrée scolaire 2018-2019 entamée, qu'un autre souci de taille pointe du nez, les cours particuliers en l'occurrence. Les parents recourent à cette prestation de service devenue la solution idéale pour booster le niveau scolaire de leurs enfants scolarisés. Après la course aux articles scolaires, cartables, tabletiers et fournitures entre autres, c'est la course aux cours particuliers qui prend la relève. Les cours particuliers, ce commerce spécifique à l'Education nationale qui se vendent pour tous paliers confondus. Ce processus destiné aux élèves au faible niveau scolaire, vise d'un côté à les soutenir dans leurs cursus scolaires et d'un autre côté, comme tout commerce, à gagner de l'argent. Ainsi, les cours particuliers sont devenus de nos jours, une priorité majeure pour un nombre considérable de parents d'élèves. Cette activité nécessite un budget mensuel, voire annuel et parfois sans reconduire les résultats désirés. Ce phénomène lucratif, au détriment des bourses déjà bien affaiblies par le Ramadhan et Aïd El Adha entre autres évènements, se conjugue au lot de dépenses de la rentrée scolaire. En plus du coût des affaires et livres scolaires, beaucoup de parents sont contraints à chaque rentrée, de chercher le meilleur prof pour dispenser telle ou telle matière pour leurs enfants scolarisés. Pour cela, ils sont prêts à mettre le paquet, pourvu que leurs enfants réussissent dans leur scolarité. Un état de fait pour ne pas dire un état d'esprit à l'origine de la transformation des cours particuliers en un véritable business. Car faut-il souligner, ce soutien scolaire, n'est autre qu'un commerce caché. Cette marchandisation du savoir, ne cesse de mettre les parents des élèves, de classes d'examens, notamment à rude épreuve. Pour rattraper le retard et combler les lacunes, les parents d'élèves sont appelés à aménager leurs budgets en fonction de la nature des cours. Qu'il s'agisse de matières scientifiques ou littéraires, rien ne change la donne. A raison de 2000 à 3000 DA l'heure de cours, les enseignants qui s'adonnent à ce commerce juteux, n'ont plus besoin d'être affiliés à la fonction publique. Car cette fonction privée apporte à ces enseignants «businessmen» entre 50 000 DA et 500 000 DA nets d'impôt. A Annaba, c'est la grande course des parents à la recherche du meilleur enseignant des cours particuliers, mais c'est aussi, la grande conquête de la location. En effet, le phénomène des cours particuliers, a également ravivé le désir d'enrichissement chez les chasseurs d'occasions, les propriétaires immobiliers notamment. En effet, garages et bas de villas sont les espaces les plus recherchés à Annaba, pour dispenser les cours de soutien. L'ampleur du phénomène s'apparente et en toute vraisemblance à une perte de vitesse pour l'école publique. Un constat relevé par un grand nombre de parents d'élèves. Les uns ont accusé certains enseignants businessmen de ne pas dispenser, comme il se doit les cours en classe, afin d'obliger leurs élèves à recourir aux cours particuliers, qu'ils donnent en dehors de l'école. Les autres ont estimé que le niveau faible de l'enseignant maîtrisant mal telle ou telle matière, oblige l'élève à opter pour les cours de soutien.