ENCORE UN AUTRE ALGÉRIEN QUI DÉTOURNE L'ARGENT DES SUBVENTIONS DU LAIT

Ça suffit!

Cette affaire de détournement de la poudre de lait n'est pas nouvelle
Cette affaire de détournement de la poudre de lait n'est pas nouvelle

Un scandale en cache un autre. L'affaire des 701 kilos de cocaïne n'a pas encore révélé tous ses secrets, voilà qu'une autre éclate. Elle concerne elle aussi la poudre...de lait.

De la poudre blanche à la poudre de lait. Alors que les pouvoirs s'échinent à préserver, par tous les moyens, le pouvoir d'achat des citoyens, en maintenant contre vents et marées, les subventions des produits de large consommation en cette période d'extrême crise financière, voilà qu'un autre scandale de détournement éclate. Il concerne, tenez-vous bien, le détournement de l'argent de l'Etat destiné à la subvention du lait en cette période de vaches maigres! C'est un journal suisse (Swissinfo.ch) repris par le site on-line TSA, qui a révélé le pot aux roses. Cette source a rapporté, hier, que d'indélicats importateurs de lait profitaient du mécanisme de la subvention de ce produit pour surfacturer leurs importations à coups de millions de dollars pour chaque transaction. Le pactole ainsi dégagé de manière frauduleuse est soigneusement caché, pensaient-ils, dans des comptes en banque domiciliés à Genève. Le journal suisse ne semblant pas faire dans l'approximation est allé même jusqu'à révéler le nom de l'un «de ces importateurs fraudeurs». Il a cité un certain Zoubir Berehi, 75 ans, qui aurait, selon Swissinfo.ch «détourné 1,2 million de dollars de subventions par mois entre 2007 et 2009 grâce à une entreprise qu'il détenait en secret». Zoubir Berehi a été cité dans l'affaire des Panama Papers qui a fait sensation en 2016. Il achetait la poudre de lait à travers la société qu'il détenait secrètement pour racheter la même marchandise, officiellement cette fois-ci, à travers sa laiterie en Algérie. La facture et son montant pouvait augmenter jusqu'au double, selon le journal suisse et la différence de prix comblée par les subventions payées par l'Algérie en devises et qui étaient empochées par l'importateur. Quelle relation existe-t-il entre cette affaire et celle des 701 kg de cocaïne saisis au port d'Oran?
La question mérite d'être posée pour la raison qui suit: En octobre 2012, une douzaine de conteneurs de poudre de lait mis sous scellés au port sec d'El Hamiz par la brigade économique de la Gendarmerie nationale, contenaient 165 kg de cocaïne. Ces conteneurs en provenance de la Nouvelle-Zélande sont passés du port d'Alger vers le port sec d'El Hamiz avec une facilité extrême en matière de contrôle douanier et phytosanitaire. En cette date-là, la presse avait rapporté que la cocaïne aurait été transbordée en haute mer sur le bateau de marchandise. Ensuite, M.Berehi est-il le seul impliqué dans cette affaire? Selon le journal suisse, son fils et son beau-frère qui détenaient eux aussi des comptes en Suisse seraient également visés par l'enquête. «Les trois individus ont tenté de bloquer la procédure de coopération entre la justice suisse et la justice algérienne et le séquestre de leurs comptes, mais leur demande a été rejetée une première fois par le tribunal de Belinzone et par les juges du tribunal fédéral une seconde fois», lit-on dans le même journal, repris par TSA. Citant le ministère public de Genève, Swissinfo.ch a rapporté que les informations concernant les comptes bancaires détenus par les Berehi en Suisse ont été transmises à la justice algérienne sans que les détails concernant d'éventuelles procédures en Suisse ne soient donnés.La même source précise également que «deux arrêtés des tribunaux fédéraux suisses ont révélé que les bénéfices illicites de ces importateurs sont actuellement séquestrés à Genève sur demande d'Alger où l'enquête se poursuit». Pour requérir la coopération de la justice helvétique, le juge d'instruction du pôle spécialisé du tribunal de Sidi M'hamed a saisi en juillet 2017, le Tribunal pénal fédéral suisse.
Cette affaire de détournement de la poudre de lait n'est pas nouvelle. En 2011 déjà un rapport de l'IGF avait alerté le gouvernement sur un détournement faramineux qu'il a estimé à 1000 milliards de centimes. L'argent détourné a été transféré en plusieurs étapes dans des comptes en Suisse.