ORAN

"La guerre" des étoiles est déclenchée

L'entrée du Grand hôtel d'Oran
L'entrée du Grand hôtel d'Oran

Fini les hôtels de pacotille, la guerre des étoiles, qui est d'ores et déjà déclenchée, fera l'affaire en redonnant à la ville ses couleurs et ses paillettes.

Douze hôtels d'Oran seront réhabilités dans les plus brefs délais, apprend-on auprès de la direction du tourisme et de l'artisanat de la wilaya. Dans le sillage d'une telle action chapeautée par l'Etat, l'opération porte sur la réhabilitation de ces établissements hôteliers en cours de réaménagement dont le Grand Hôtel situé dans le centre-ville ainsi que le somptueux complexe des Andalouses. À l'effet de mener à terme ledit projet, un montant financier de 240 millions de dinars a été consacré. De tels chantiers sont inscrits simultanément avec la rentrée en fonction, dès l'année prochaine, de 14 hôtels de capacité de 2244 lits. Aussitôt opérationnels, les hôtels en question seront visités par la commission devant procéder à leur classement. L'ensemble de ces projets a permis, outre l'élargissement du parc hôtelier d'El Bahia, de redorer également l'image de la cité qui se prépare à accueillir les Jeux méditerranéens prévus pour l'année 2021.
Fini donc les hôtels de pacotille, la guerre des étoiles, qui est d'ores et déjà déclenchée, fera l'affaire en redonnant à la ville ses couleurs et ses paillettes. Selon les prévisions du ministère du Tourisme, la wilaya d'Oran sera fin prête le jour «J», à l'occasion des JM 2021. D'ailleurs, l'on table sur la mise en place d'au moins un hôtel de classe dans chacune des 26 communes. Pour ce faire, l'investissement dans le secteur est facilité à tel point que l'on recense 171 projets en cours de réalisation dans 20 communes. Nos sources affirment que le taux d'avancement est appréciable.

L'acquis: le Grand Hôtel
L'avancement des projets en chantier, tel qu'affirmé par la direction du tourisme, «oscille entre 57 et 97%». À la faveur de leur lancement, ces futurs établissements, avec une capacité de près de 2 500 lits, auront à générer près de 7 500 emplois. Ils s'ajouteront aux 168 autres infrastructures hôtelières employant plus de 3 000 personnes. Le grand acquis de toutes ces opérations est inéluctablement la récupération de l'établissement touristique public, en l'occurrence le Grand Hôtel. Après avoir été bradé, désormais il n'est plus à vendre. Ce joyau architectural, situé en plein coeur de la ville d'Oran, a été récupéré par l'état, suite à l'annulation de la transaction qui avait été conclue avec un opérateur privé ayant procédé à son achat en 2008. Faisant face à la Grande-Poste d'Oran, la gestion de ce monument historique, d'une architecture exceptionnelle, revenait à l'Entreprise de gestion touristique de l'Ouest, l'Egto. La transaction conclue au titre de sa privatisation a laissé pantois plus d'un, notamment les férus d'histoire et de sites historiques que recèle la ville d'Oran. Sa récupération n'a pas été facile, étant donné que le désormais ex-nouvel acquéreur, qui s'est lancé dans une bataille juridique, croyait avoir acquis les murs, alors que la transaction reposait essentiellement sur la vente du fonds de commerce. Celui-ci a fini par lâcher l'établissement au profit de l'Entreprise de gestion touristique. Et depuis, une grande problématique est posée, vu que le Grand Hôtel a été abandonné et ses murs livrés aux aléas de la nature les ayant dégradés. Ses structures ainsi que son entrée principale sont squattées par les sans-abri et autres énergumènes, le transformant en refuge. A la faveur de la nouvelle stratégie de l'état donnant priorité au développement touristique, les pouvoirs publics ont pris en compte la nécessité de sa rénovation. Le ton est donc à l'évaluation du projet devant aboutir au lancement du chantier. Une injonction en ce sens a été prononcée par la hiérarchie, ordonnant l'évaluation du projet tout en mettant l'accent sur la nécessité de préserver son aspect architectural.

Hold-up
La privatisation du Grand Hôtel avait été décidée sous le prétexte visant le développement du tourisme en Algérie. Cette politique a pour but de sauvegarder plusieurs autres célèbres infrastructures hôtelières dont la gestion revient à l'Etat algérien représenté par l'Entreprise de gestion touristique. Le Grand Hôtel a rapidement trouvé preneur. Implanté sur la place du Maghreb, en plein coeur d'Oran, le Grand Hôtel comprend
220 lits, 88 chambres et huit suites, un restaurant et un bar. Il a ouvert ses portes avant les années 1920.
De célèbres personnalités politiques, culturelles et sportives comme le général de Gaulle et Marcel Cerdan ont séjourné dans cet hôtel, faisant face à la Grande-Poste d'Oran qui avait fait l'objet du grand hold-up opéré en 1949 par le commando de l'Organisation spéciale se préparant à se lancer dans la lutte armée contre le colonisateur français. Marqué par une gestion non planifiée, l'hôtel a été boudé par des touristes, vu ses mauvaises prestations. Dans les
15 années ayant précédé sa vente, le taux de fréquentation n'avait pas dépassé 40% avant que cette infrastructure ne soit déficitaire. A cela s'ajoute l'état d'abandon dont il a fait l'objet, ses murs, ses couloirs et ses chambres étaient bien sûr, dégradés.
Il est jusqu'à présent à l'abandon, livré aux aléas de la nature et occupé par des énergumènes.