LE PRIX MOYEN DU PÉTROLE À PRÈS DE 72 DOLLARS DEPUIS JANVIER 2018

La bonne "moisson" de juillet

La bonne tenue des cours de l'or noir a favorisé une hausse de plus de 15% des exportations des hydrocarbures durant les 7 premiers mois de 2018.

Peu d'experts attendaient le baril à pareille fête. Par contre, des scénarios «catastrophes» qui ont prédit un enterrement de première classe de l'Economie nationale, il en a plu à torrents. Et pour cause. L'Algérie qui dépend étroitement de ses exportations de pétrole a fini par être happée par une féroce crise financière suite à une dégringolade des prix du pétrole qui a débuté vers mi-juin 2014 et qui a duré près de trois années pratiquement. Un feuilleton qui, apparemment, a pris fin. Même si le baril est encore loin d'avoir retrouvé sa verve qui lui a permis de culminer un bon moment au-dessus des 100 dollars. Son niveau actuel, près de 77 dollars hier à Londres, a cependant permis à l'Algérie d'améliorer le niveau de ses exportations d'hydrocarbures. «Le prix moyen du pétrole brut algérien, le Sahara Blend, a augmenté à 71,82 dollars durant les sept premiers mois de 2018 contre un prix moyen de 50,52 dollars durant les sept premiers mois de 2017, soit une hausse de 42%» a indiqué jeudi, un document du ministère des Finances.
L'écart est significatif. Plus de 20 dollars! Remarquons que le prix moyen du baril entre janvier et juillet 2017 était à peine légèrement au-dessus des 50 dollars, un prix sur lequel a été confectionnée la loi de finances cette année-là et l'actuelle aussi soit dit en passant. L'embellie est donc notoire, attestée. Comment s'est-elle traduite? «Cette amélioration du prix du baril a permis une augmentation de 15,22% des exportations des hydrocarbures durant la même période de comparaison, lesquelles sont passées à 22,021 milliards de dollars contre 19,111 milliards de dollars», selon la même source. Ajoutons que cela a eu aussi une répercussion tout aussi positive sur les exportations globales pour la même période de référence.
Entre janvier et fin juillet 2018, les exportations ont augmenté à 23,656 milliards de dollars contre 20,205 milliards de dollars sur la même période de 2017. Soit une hausse de 3,45 milliards de dollars avait indiqué le Centre national des transmissions et du système d'information des douanes dans un rapport rendu public le 2 septembre. Une éclaircie qui a fait tache d'huile: le déficit commercial a été réduit de plus de moitié. «Le déficit commercial de l'Algérie s'est chiffré à 3,252 milliards de dollars sur les sept premiers mois de 2018, contre un déficit de 6,992 milliards de dollars durant la même période de 2017, soit un net recul du déficit de 53,5%» ont indiqué les services des douanes il y a à peine une semaine.
L'autre bonne nouvelle réside dans la maîtrise de l'inflation. «L'inflation moyenne enregistrée entre janvier et juillet 2018 a été de 4,54% contre 5,87% durant la même période de 2017.», souligne le document du département du grand argentier du pays. Un démenti cinglant à tous les scénarios «mortifères» qui lui étaient prédits par certains théoriciens et des institutions internationales, le Fonds monétaire international en l'occurrence, qui ne voyaient pas d'un bon oeil le recours du gouvernement au financement non conventionnel. Une option jugée créatrice d'une inflation galopante qui à long terme mènerait le pays vers la faillite. Le spectre de la crise vénézuélienne a vite fait d'être agité. Les chiffres sont là pour attester le contraire et conforter l'Exécutif dans son objectif de contenir l'inflation autour des 5% comme il est stipulé dans la loi de finances 2018. Une petite fausse note tout de même: La détérioration de la parité de la monnaie nationale par rapport aux deux principales devises mondiales sans pour autant relever de signes annonciateurs d'un effondrement.