CLASSES MOBILES, PRÉFABRIQUÉES ET DOUBLE VACATION

Benghebrit s'explique

La ministre a expliqué que le taux de redoublement «constitue un problème pour le secteur, car il est une des causes de la surcharge des classes»
La ministre a expliqué que le taux de redoublement «constitue un problème pour le secteur, car il est une des causes de la surcharge des classes»

Cette situation est «exceptionnelle et temporaire» insiste la ministre qui a pris une série de mesures pédagogiques et structurelles pour faire face au problème de la surcharge.

Il n y a pas de rentrée scolaire sans couacs. Et les manquements qui sont constatés dans la gestion de la rentrée de neuf millions d'élèves ne relèvent pas de la mauvaise volonté. Au ministère de l'Education, une série de mesures pédagogiques et structurelles ont été préconisées pour faire face au problème de la surcharge des classes dans les établissements scolaires.
Les classes mobiles, préfabriquées ou encore la double vacation, sont deux solutions adoptées de manière provisoire, cette année. Cela a provoqué un tollé chez les parents d'élèves et certains médias. Certes, il n'est pas approprié que les élèves étudient dans des classes préfabriquées, ou dans des classes surchargées. Mais n'est-ce pas mieux que de ne pas avoir un lieu où dispenser les cours? A décharge du ministère de l'Education, il faut dire que le problème de la surcharge des classes et le manque des infrastructures éducatives qui se posent cette année ne sont pas causés uniquement par le retard dans la réalisation de certains projets, mais c'est la conséquence directe de la forte affluence de nouveaux élèves à la suite des récentes opérations de remise de logements dans certaines régions. Il s'agit également du taux important de redoublement.
D'ailleurs, la ministre de l'Education nationale, Mme Nouria Benghebrit, l'a encore rappelé, hier, dans une déclaration à l'APS. La ministre a expliqué que le taux de redoublement «constitue un problème pour le secteur, car il est une des causes de la surcharge des classes». Elle a fait état de certaines mesures pédagogiques et structurelles pour parer à ce problème dont l'élargissement des examens de rattrapage aux élèves ayant obtenu, pour le cycle primaire, des moyennes entre 4 et 4,99 sur 10 et à ceux ayant obtenu, pour le cycle moyen, des moyennes entre 9 et 9,99 sur 20.
Le rattrapage va concerner toutes les classes à l'exception de celles des examens nationaux (5ème année primaire, 4ème année moyenne et 3ème année secondaire), a-t-elle expliqué. Concernant le recours aux classes en préfabriqué en raison de la forte affluence de nouveaux élèves,
Mme Benghebrit a insisté sur le fait que cette situation est «exceptionnelle et temporaire», reconnaissant toutefois que cette solution «ne règlera pas le problème de la surcharge des classes de manière définitive». Citant d'autres solutions, elle a fait état de l'adoption du système de la double vacation, notamment pour le cycle primaire, outre les classes mobiles au cycle moyen. Par ailleurs, Mme Benghebrit a indiqué que les directeurs de l'éducation ont été instruits, dans le cadre de la formation, d'accorder une attention particulière aux élèves de la 1ère et de la 2ème année primaire et ceux des classes d'examen de fin de cycle pour «ne pas être affectés par le problème de la surcharge des classes».
«La surcharge des classes exige de l'enseignant un effort supplémentaire, particulièrement en matière pédagogique, d'où la nécessité d'un accompagnement et d'une formation continue», a-t-elle ajouté. Evoquant l'aspect moral, la ministre a mis l'accent sur l'importance de l'accompagnement dans ce sens car, a-t-elle dit, «la relation de l'élève au savoir est tributaire de sa relation à l'enseignant, en ce sens où l'élève a besoin d'être encouragé pour avoir confiance en lui». Par ailleurs, la ministre a indiqué que l'objectif principal pour cette année scolaire est la concrétisation des trois leviers auxquels ont abouti les deux Conférences nationales, organisées en juillet 2014 et juillet 2015, sur l'évaluation et la mise en oeuvre des réformes de l'école, initiées par le président de la République, M.Abdelaziz Bouteflika en 2003. Il s'agit, a-t-elle dit, de la refonte pédagogique, de la gouvernance et de la consolidation de la place et de l'importance de la formation. Affirmant que «l'école de qualité requiert le professionnalisme en matière de pratiques d'enseignement et de gestion, notamment pour les enseignants qui suivent des perfectionnements de niveau à travers la formation continue», elle a estimé que «la professionnalisation par la formation passe par un système national de standardisation des normes, formalisé dans le référentiel national des apprentissages, de l'évaluation et la formation».