BOUIRA

les medicaments se font rares

Les antidouleurs, un autre traitement d'urgence, sensible, se font rares
Les antidouleurs, un autre traitement d'urgence, sensible, se font rares

Les antidouleurs, un autre traitement d'urgence, sensible, se font rares. Le patient se trouve dans l'obligation d'aller le ramener de l'extérieur quand il le trouve.

La récente apparition de trois cas de choléra a dévoilé plusieurs dysfonctionnements et l'incapacité de nos EPH devant pareille situation. Certes, la situation a été maîtrisée et le risque d'une épidémie à grande échelle est écarté, mais unanimement les citoyens sont convaincus que nos structures sanitaires sont fragiles. La direction de la santé et de la population de Bouira gère un secteur qui ne cesse d'intriguer et de se dégrader au grand dam des malades. Sur le plan des structures, la wilaya de Bouira s'est dotée ces dernières années de plusieurs structures réalisées pour améliorer la prise en charge des patients avec en plus le souci de se rapprocher des citoyens.
En plus d'une dizaine de polycliniques, de centres de soins de proximité, de blocs chirurgicaux, la réhabilitation des hôpitaux... le secteur de la santé s'est vu inscrire plusieurs projets structurants surtout que Bouira dispose désormais d'une université et par conséquent de l'éventualité de l'ouverture d'un département de médecine au niveau de cette université. Les objectifs assignés butent sur un problème d'envergure nationale, mais crucial à Bouira, à savoir le manque de spécialistes dans certaines branches. Même s'ils existent, ils sont mal répartis. Les maternités par définition sont des établissements hospitaliers spécialisés et doivent disposer de gynécologues. La maternité du chef-lieu d'une capacité de 61 lits ne peut plus répondre à la forte demande.
L'annulation, certains parlent d'un projet différé mais retenu, du projet d'un hôpital «mère et enfant» est venu accentuer les craintes des citoyens. Cet établissement spécialisé ne dispose pas d'un gynécologue.
La direction de la santé a recouru à des conventions avec des privés pour du moins assurer les gardes et les urgences. Pour les plus initiés, la discipline est gangrénée par un lobby qui fait des mains et des pieds pour entraver le secteur public au profit du secteur privé. Certaines cliniques non dotées de moyens de prise en charge définis par les cahiers des charges, matériel de prise en charge des prématurés, comme les couveuses, n'hésitent pas à «envoyer» des patients en difficulté vers les structures étatiques.
La difficulté de ce secteur est résumée par un projet qui s'éternise. La réalisation d'un établissement public hospitalier dans la commune de M'Chedallah, à quelque 45 kilomètres à l'est de Bouira.
Les travaux ont été lancés en 2015 pour un délai de 28 mois, mais au regard du taux d'avancement du bloc principal, les habitants de l'ex-Maillot et ses alentours continueront à se déplacer à Bouira et aux structures de la wilaya voisine Béjaïa. Cet établissement implanté à la sortie du chef-lieu de daïra est plus que nécessaire, surtout que la région est traversée par deux routes nationales et à plus de 50 km de l'autoroute. Le petit hôpital qui date de l'époque coloniale, certes réhabilité, ne peut pas répondre à la demande d'une population qui avoisine les 400 000 personnes. En plus de ces difficultés, le secteur hospitalier étatique souffre d'un manque de médicaments. Plusieurs médicaments réservés aux hôpitaux manquent. Les officines publiques sont en rupture de stock, c'est le cas de la «Metalyse» indispensable devant les oedèmes et thromboses, fréquents chez les insuffisants rénaux.
Les antidouleurs, un autre traitement d'urgence, sensible se font rares. Le patient se trouve dans l'obligation d'aller le ramener de l'extérieur quand il le trouve. Devant autant de dysfonctionnements, les médecins, les paramédicaux, les personnels hospitaliers sont la cible des malades et de leurs accompagnateurs qui déversent leur colère sur ces personnels.
La responsabilité incombe au premier responsable du secteur qui excelle dans les fausses déclarations faisant fi d'une réalité amère subite par le citoyen. L'autre problème et pas des moindres, reste le service d'imagerie médicale au niveau de l'ensemble des EPH dotés des scanners. Depuis des années on promet d'ouvrir ces services mais chaque échéance est retardée et les radiologues promis n'arrivent toujours pas.
La raison semble être le salaire. Chez le privé un radiologue perçoit plus de 200 000 DA/mois quand dans une structure étatique son salaire est réduit de moitié. La situation bénéficie au privé où sont dirigés les patients.
L'inscription d'une école paramédicale d'une capacité de 300 places dont 150 en résidence s'inscrit dans une volonté de pallier le manque de personnel. Ce «rêve» a fini par se dissiper puisque cette école n'est qu'un chantier abandonné suite à la décision de geler les projets. A moyen terme le manque sera comblé, mais le sceau de l'urgence accentue la pression.