SATURATION DU TRAFIC À TIZI OUZOU

Seuls les transports publics...

«Sachant que les travailleurs sortent à partir de cette heure, voire plus, les autorités doivent adapter le transport aux horaires des travailleurs non à l'emploi du temps des touristes.»

Les entrées de la ville de Tizi Ouzou deviennent si exiguëss que les automobilistes trouvent toutes les difficultés à rejoindre leurs lieux de travail. Des embouteillages se forment aux différents accès dès les premières heures de la matinée. Le phénomène déjà agaçant se trouve accru par la rentrée scolaire et sociale. C'est la grande pagaille et les mines ne sont pas du tout joyeuses.
Pour les plus optimistes, la situation aurait pu être mille fois pire sans le plan de transport entré en vigueur, il y a deux années. Pour d'autres, ce dernier est une catastrophe.
D'ailleurs, les autorités sont en phase d'élaboration d'un nouveau. Mais là n'est pas la question. Il s'agit pour l'heure de rejoindre son lieu de travail. Et ça ne semble point être une sinécure. C'est même impossible pour certains qui pensent vraiment, à changer de travail et par voie de conséquence, de destination matinale.
Le spectacle est pareil à l'entrée est. Les véhicules venant de la région de Ouaguenoun, Fréha, Azazga et Bouzeguène, se retrouvent agglutinés, pare-chocs contre pare-chocs. Les véhicules n'avancent pas du tout. Les coups de klaxons se multiplient et deviennent de plus en plus agaçants. Les mines deviennent grincheuses et les visages serrés. Le temps presse, mais la route est verrouillée. On ne peut ni avancer ni faire marche arrière. Prisonniers d'une situation quotidienne, les conducteurs subissent leurs nerfs. Parfois, des engueulades éclatent. Des mots vulgaires s'échappent des vitres à peine entrouvertes.
Cette entrée est, pour beaucoup la plus difficile. Les embouteillages commencent à des kilomètres avant l'arrivée à l'entrée appelée «Louzine iachourene» pour les anciens et «Les Chabanes», pour les jeunes. Là n'est pas le problème. Dans les embouteillages, les gens constatent avec amertume que la gare intermédiaire de Timizart Loghbar n'a pas réglé le problème. Pourtant, son rôle était de désengorger la circulation dans la ville de Tizi Ouzou. Pour d'autres, ce n'est pas le problème. Ce serait la faute aux populations qui utilisent abusivement leurs véhicules. Souvent, les membres d'une seule famille sortent chacun avec son véhicule. Dans ces contrées, le transport en commun ne fait pas encore partie des usages.
De l'autre côté, à Boukhalfa, l'autre gare intermédiaire ne semble pas jouer le jeu. Les embouteillages sont quotidiennement énormes. Cette entrée desservant les communes du littoral comme Tigzirt, Makouda et Dellys a relativement réglé le problème. Certains se demandent d'ailleurs sur la situation actuelle, s'il n'y avait pas ces gares intermédiaires.
Par ailleurs, cette situation pose la question cruciale du rôle du transport en commun dans les villes. Les bus de l'Usto et les privés assurent des navettes dans tous les sens et toutes les cinq minutes. La fluidité est très bonne de l'avis des usagers eux-mêmes. Pourtant, beaucoup de gens préfèrent moisir dans les embouteillages à l'intérieur de la ville. Pour beaucoup, c'est une question très importante à laquelle des réponses doivent être apportées.
L'usage du transport urbain doit intégrer les habitudes. C'est le meilleur moyen pour permettre le mouvement dans une agglomération, quelle qu'en soit sa dimension. Cette forme de transport est appelée, à être améliorée, car pour l'instant, des failles sont constatées à l'exemple des navettes à partir de 17h. Sachant que les travailleurs sortent à partir de cette heure voire plus, les autorités doivent adapter le transport aux horaires des travailleurs non à l'emploi du temps des touristes, comme nous l'a si bien dit un vieil homme rencontré à la gare de Boukhalfa.