BOUIRA

Un calvaire au quotidien

Les taxieurs eux, sont partout, surtout ceux qui sont dûment accrédités
Les taxieurs eux, sont partout, surtout ceux qui sont dûment accrédités

La ville de Bouira a pris de l‘ampleur. Joindre l'extrémité est à l'ouest et le nord au sud nécessite les moyens de locomotion.

La rentrée sociale c'est aussi une nette recrudescence de l'activité après un été caniculaire et une inertie avérée. Bon nombre de citoyens travaillant à Bouira sont revenus de leurs vacances. C'est peut-être le fait qui explique les gros embouteillages aux heures de pointe aux différentes entrées de la capitale de la wilaya. Les barrages filtrants de la police et de la gendarmerie installés au sud, à l'est, au nord et à l'ouest de la ville participent et allongent les grandes files d'attente. Si sur la RN 33 en provenance de Haizer, les usagers ralentissent, mais ne subissent pas les affres des attentes, plus au sud, les malheurs des automobilistes sont accentués par ce passage à niveau de Ouled Bouchia qui est un réel calvaire pour les automobilistes venant des régions sud du pays. Sur l'entrée ouest, en direction de Aïn Bessem, les usagers peuvent emprunter le périphérique nord qui contourne la ville.
Là ce sont les véhicules lourds d'une entreprise privée de la plateforme logistique qui représentent un handicap et augmentent le flux. L'entrée par le nord, sur la RN5 n'échappe pas à la règle. Plusieurs accidents ont été constatés parce que l'accès à un centre commercial privé n'est pas aménagé et ne bénéficie d'aucune signalisation. Concernant la ville, les données sont identiques. Ni la trémie réalisée sous le «pont Sayah» ni le plan de circulation ni la mise en place des feux tricolores n'ont pu régler partiellement la circulation. S'agissant des feux tricolores, ceux du rond-point Harkat sont une erreur monumentale. Mal conçus et mal réglés, ils mettent en danger la vie des milliers d'écoliers et lycéens aux heures d'entrée et sortie des classes. En milieu urbain toujours, le transport reste un vrai parcours du combattant. La ville de Bouira a pris de lampleur. Joindre l'extrémité est à l'ouest et le nord au sud nécessite les moyens de locomotion. Le projet de doter 13 wilayas du tramway doit toucher un chef-lieu de wilaya qui, avec le pôle universitaire, la réalisation de la forêt récréative de Erich, le lotissement Ouled Belil, éloigneront plus les citoyens du centre-ville. En attendant, plusieurs moyens de transport sont en place pour faciliter les déplacements. Malgré la mise en place d'un plan de circulation, la prestation laisse à désirer et les déplacements d'un point à un autre s'apparentent à des parcours du combattant quand la météo se gâte. Deux lignes restent les plus importantes. La liaison entre la gare routière et le centre-ville et la ligne qui relie la ville à la cité des 140 Logements en passant par les 1100 Logements dénommée la 5. Les bus ne sont pas adaptés au transport urbain. Les petits véhicules chinois communément surnommés Capsules n'offrent aucun confort à la montée et à la descente. Leurs propriétaires ne respectent pas les arrêts désignés par des abribus. Ils s'arrêtent à la demande du lient faisant foi du règlement. L'Etub, une entreprise récemment installée, dispose de bus à trois portes. Ses personnels sont dotés de tenues. Cette entreprise a l'exclusivité sur la liaison entre la nouvelle gare routière et le centre-ville. Elle a mis quelques bus sur les autres lignes, mais ils sont boudés par les clients qui préfèrent le privé parce que ses véhicules s'arrêtent partout. Malgré plusieurs écrits, la situation demeure à son point initial. Aucun privé ne délivre des tickets aux voyageurs les receveurs sont souvent des mineurs utilisés par les transporteurs à la journée. Ces travailleurs occasionnels ne bénéficient d'aucune couverture ou assurance. Même les chauffeurs sont parfois des jeunes qui conduisent à leur guise passant outre le confort des passagers. Le prix est aussi une entrave à une bonne prestation. Le coût est unique: 25 DA pour les bus de l'Etub, des transporteurs privés et des petits véhicules chinois. Devant cette désorganisation et ses aléas, les fraudeurs ont trouvé une faille pour s'intégrer dans le circuit.
Les transporteurs collectifs rôdent autour du supermarché qui avait annoncé avant son ouverture la mise en place d'un transport gratuit. Les taxieurs eux, sont partout, surtout que ceux qui sont dûment accrédités préfèrent les liaisons vers Alger, Sétif ou Béjaïa. La course vers une de ces villes équivaut à plusieurs journées de travail en ville. Voilà pourquoi il est difficile de trouver un taxi. Cette situation profite aux fraudeurs qui, par habitude, se sont imposés. Parce que tout le monde rentre chez lui tôt, il est pratiquement impossible de se déplacer en début de soirée. Les transporteurs en commun garent à 18 heures. C'est à cette heure que les clandestins sont les plus demandés. Pour ne pas être pessimiste, précisons que sur le plan de la disponibilité l'arrivée dans le secteur, du privé, à sensiblement amélioré la situation. Le point positif reste la liaison inter communale où les moyens ne manquent pas. Les responsables du secteur doivent intervenir pour mettre de l'ordre dans un secteur plus que stratégique. Le transport est un facteur sensibilisant le tourisme, l'investissement surtout que Bouira dispose désormais d'infrastructures hôtelières et n'est plus qu'à une heure de la capitale. Le transport peut participer grandement dans l'essor d'une ville promue à un avenir radieux. C'est l'espoir de ses habitants.