180.000 DOSSIERS DE CONCESSIONS RÉGULARISÉS

Le challenge agricole

Les exploitants agricoles ont été régularisés dans leur majorité
Les exploitants agricoles ont été régularisés dans leur majorité

L'Etat a déployé des moyens considérables pour faciliter la tâche aux professionnels du secteur d'apporter leur savoir-faire et leur valeur ajoutée. Le foncier agricole n'est plus une entrave ni un blocage pour permettre un vrai décollage du secteur.

Le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi a annoncé que son secteur vient d'entamer un processus de «régularisation de 180 000 dossiers dans le cadre de la reconversion du droit de jouissance permanent en droit de concession», a affirmé Bouazghi.
Cette opération qui constitue la trame de fond de la réforme du secteur dans le but de le booster et enclencher une dynamique d'une véritable production agricole de qualité et continue avec comme objectif de permettre à notre agriculture d'être une source de devises, via une politique agressive consistant en l'exportation de nos produits à l'étranger et se libérer de la dépendance à la rente pétrolière.
Les exploitants agricoles ont été régularisés dans leur majorité, que ce soit en termes de reconversion ou de dossiers qui ont été entérinés par la direction générale de l'Office des terres agricoles (Onta). Dans ce sens, le ministre Abdelkader Bouazghi a souligné que «les exploitants agricoles ont été régularisés dans le cadre de la reconversion du droit de jouissance permanent en droit de concession, prévue par la loi 10-03 relative à la régularisation des terres agricoles», et d'ajouter que «sur un total de 200.000 demandes de régularisation 180.000 exploitants ont été régularisés dans le cadre de la reconversion du droit de jouissance permanent en droit de concession», a précisé le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche.
Il faut noter que cette opération est déterminée dans le temps. La procédure sera achevée à la fin de l'année en cours. Mais au-delà de cet aspect lié à la date butoir qui a trait à la régularisation des terres destinées à l'exploitation strictement agricole, il faut rappeler que le foncier agricole a tout le temps été source d'inquiétude et d'interrogations de la part des investisseurs dans le domaine de l'agriculture, que ce soit les producteurs, les patrons de la filière de l'agroalimentaire et d'autres partenaires économiques activant dans le secteur agricole.
Le nombre des investisseurs a été quadruplé depuis que les réformes ont été entamées, il y a de cela deux décennies. Il s'agit là d'environ «150.000 investisseurs qui ont bénéficié de ce programme: 130.000 à travers la mise en valeur et 20.000 dans le cadre des nouveaux programmes d'investissement». Ce panel d'investisseurs qui a bénéficié de ce nouveau programme n'est pas en mesure de relever le défi de la production agricole ni dans la chaîne de l'industrie relevant de l'agroalimentaire pour répondre à la demande du marché national, en termes de consommation et de défi de l'exportation vers l'étranger. Ce dysfonctionnement qui n'est pas des moindres, qu'affichent les investisseurs, est relevé par le ministre de l'Agriculture, Abdelkader Bouazghi en indiquant que «l'investissement demeure faible et n'atteint pas le niveau attendu au regard des moyens mobilisés par l'Etat», c'est un constat visible et manifeste quand on remarque le niveau des importations qui ont un rapport avec les produis semi-finis et de la filière de l'agroalimentaire. Cette situation qui affecte le monde agricole et les professionnels du secteur, est prise au sérieux par les ministères concernés par la mise en place d'un système permettant la relance de l'agriculture, et tout ce qui l'entoure sur le plan technique, administratif et commercial. Dans ce sens, des commissions ont été installées dans la perspective de réfléchir sur les voies et moyens pour mettre en branle la machine agricole. Le ministre Abdelkader Bouazghi a expliqué dans ce sillage qu'«un travail est mené, en collaboration avec le ministère de l'Intérieur, pour le recensement et la régularisation des différentes terres agricoles, et ce dans le cadre des cinq commissions issues des Assises nationales de l'agriculture en application des instructions du Premier ministre, Ahmed Ouyahia», mais il faut donner aussi une importance capitale quant au volet qui a trait aux bénéficiaires des terres agricoles et déterminer ceux qui ont bénéficié de ces terres, sans qu'elles soient exploitées dans ce sens, telle que la loi de concession l'a précisée. Bouazghi a mentionné à ce titre que «la superficie totale des terres exploitables en Algérie est estimée à 8 millions d'hectares, dont 5,7 millions d'hectares de propriété privée et 2,8 millions d'hectares relevant du domaine privé de l'Etat». Les Assises nationales de l'agriculture qui ont été tenues le mois d'avril de l'année en cours avaient arrêté comme décision de faire l'inventaire sur la situation qui a trait au secteur et ses ramifications.