APRÈS AVOIR MENACÉ L'ALGÉRIE

Le maréchal Haftar se dégonfle

Les menaces proférées contre l'Algérie ont laissé des traces au sein de l'opinion publique, dans les médias et certainement en haut lieu
Les menaces proférées contre l'Algérie ont laissé des traces au sein de l'opinion publique, dans les médias et certainement en haut lieu

L'homme fort de la Cyrénaïque avait prétexté une incursion algérienne en terre libyenne pour justifier ses propos belliqueux.

Fini les fanfaronnades. Place à la sagesse. Après avoir menacé l'Algérie, le maréchal Haftar se dégonfle. L'homme fort de la Cyrénaïque, qui avait prétexté une incursion algérienne en terre libyenne pour justifier ses propos belliqueux, fait machine arrière. Le mal est fait. Les menaces proférées contre l'Algérie ont laissé des traces au sein de l'opinion publique, dans les médias et certainement en haut lieu. Car il était question d'intégrité territoriale. Une ligne rouge à ne pas franchir lorsqu'il s'agit de Sécurité nationale. L'Algérie qui est sortie meurtrie d'une décennie noire, après avoir laminé des groupes terroristes qui ont failli mettre la République à genoux, a retrouvé sa stabilité et la place qui lui sied au sein du concert des nations. Le général autoproclamé est venu remuer le couteau dans la plaie. Faisant même fi de tous les efforts déployés par l'Algérie pour mettre fin à la crise libyenne. Pour mettre ses différents protagonistes autour d'une même table pour faire taire les armes, arrêter l'effusion de sang et signer la fin de cette guerre fratricide. Une position qui n'a aucun moment traversé l'esprit du maréchal libyen. Les propos guerriers qu'il a tenus contre l'Algérie, pays voisin qui oeuvre pour la paix dans son pays, sont d'une rare violence. «Les Algériens ont trouvé une occasion pour entrer en Libye. Lorsque nous avons découvert cela, j'ai envoyé le général Abdelkrim en Algérie pour expliquer que ce qui a été fait n'était pas fraternel. Nous pouvons transférer la guerre de l'Est à l'Ouest en peu de temps», avait menacé le 8 septembre l'homme fort de l'Est de la Libye, soutenu par le Parlement de Tobrouk dans une vidéo diffusée sur le site d'Al Jazeera. La forfanterie ne durera pas plus de 72 heures. Le «correctif» n'émanera pas de Haftar, mais de son porte-parole. L'Algérie et la Libye étaient des pays frères qui ont un «destin commun» a déclaré lundi soir le colonel Ahmed Mesmari qui a accusé plusieurs chaînes de télévision arabes, notamment Al Jazeera, d'avoir cherché à «exploiter» les déclarations de Haftar sur «nos relations avec l'Algérie et notre coopération solide avec les pays voisins, notamment l'Algérie, pour la surveillance des frontières (...)» rapporte le quotidien national électronique TSA. Selon le colonel Mesmari, le maréchal Haftar a justement évoqué «cette coopération solide avec l'Algérie qui est un pays frère». «Avec les Algériens, nous sommes arabes et musulmans. Nous sommes un seul pays (...) Nos relations ne sont pas uniquement économiques ou politiques, elles sont aussi sociales et historiques», a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse diffusée par plusieurs chaînes de télévision précise le même média. Concernant la prétendue incursion évoquée par son chef, le colonel Mesmari, montrant une carte, a évoqué une «intrusion de certains éléments à l'intérieur des territoires libyens», sans préciser leur identité, soulignant que la surveillance des frontières a été confiée, dans certains cas, aux pays voisins dont l'Algérie a ajouté la même source. Le chef de la diplomatie libyenne (du gouvernement de Tripoli reconnu par la communauté internationale, Ndlr) avait quant à lui tenu à «se démarquer des déclarations inappropriées attribuées au maréchal Haftar». Mohamed Taher Siala s'est félicité du «rôle de l'Algérie et de sa contribution dans le cadre du processus onusien pour le règlement de la crise libyenne, une contribution que l'Algérie n'a cessé d'apporter dans la discrétion requise et qui lui est reconnue par la communauté internationale, et ce depuis le début de la crise» à travers une communication téléphonique adressée au patron de la diplomatie algérienne Abdelkader Messahel. Les pendules semblent être désormais remises à l'heure.