LE WALI D'ALGER ÉTAIT EN VISITE À LA CASBAH

Zoukh surpris par un bidonville

Surprise au bout d'une halte qui n'était pas prévue dans l'itinéraire du wali
Surprise au bout d'une halte qui n'était pas prévue dans l'itinéraire du wali

«Cette situation devrait être réglée en urgence», a-t-il affirmé lors d'un point de presse qu'il a animé à l'issue de sa visite à la Casbah.

Choquante. La sortie du wali d'Alger dans le quartier de la Casbah n'a pas été sans surprise. Abdelkader Zoukh a été frappé par la découverte d'un bidonville à quelques mètres de la wilaya d'Alger. Une halte qui n'était pas prévue dans le périple du wali. En fait, hier, un habitant de ce bidonville a saisi le passage du wali pour l'inspection des travaux de réhabilitation du palais de Hassan Pacha pour l'interpeller sur leur situation. Une situation indescriptible. Pas moins de 19 familles vivent dans des conditions désastreuses voire lamentables. «Nous sommes ici depuis six ans et personne n'a entendu nos cris de détresse», se plaignaient les habitants de ce bidonville. Ces derniers se sont retrouvés dans la rue, après l'effondrement de leur bâtisse sise au 19 rue des frères Mechris au sein de la Basse Casbah en 2013. Livrés à elles-mêmes, ces familles ont préféré monter des baraques en zinc sur place dans l'espoir de susciter l'attention des autorités, mais en vain. «Cela fait six ans que nous sommes dans cette situation et nous n'avons eu aucune solution, les responsables de la commune sont venus à plusieurs reprises, mais que des promesses», affirme un père de famille rongé par la misère et l'attente. Les habitants n'ont ni l'eau ni des sanitaires. L'eau coule une fois par semaine dans le robinet qui sert de source pour tous les habitants. «Notre vie est exposée à tous les dangers, nous vivons avec des rats et sous les évacuations», se lamente une femme, qui souffre d'un asthme aigu. Sa fille a subi plusieurs interventions. Malgré la misère, les familles ont vu dans la visite du wali une lueur d'espoir. Surprises par la délégation, des femmes lançaient des youyous. «C'est la première fois qu'un wali vient nous rendre visite», affirme une dame la soixantaine passée. Pour elle, comme pour l'ensemble des habitants, l'espoir de se retrouver sous un toit un jour renaît de ses cendres. Hier, la scène a interpellé tous les membres de la délégation. Le wali n'a pas dissimulé sa consternation. «C'est inconcevable que des familles vivent dans de telles conditions», a-t-il soutenu en promettant de prendre en charge ce cas. «Cette situation devrait être réglée en urgence», a-t-il affirmé lors d'un point de presse qu'il a animé à l'issue de sa visite à la Casbah. Durant son passage dans la maison de Djamila Bouhired, qui est en cours de réhabilitation, le wali a été interpellé par plusieurs habitants sur le problème du logement. «Cela fait 15 ans que j'ai déposé mon dossier de logement, mais aucune suite n'a été donnée par la wilaya», déclare Tassadit Kouadi, une femme divorcée avec deux enfants qui a reussi à apostropher le wali. «Venez voir mon assistante», lui a répondu Abdelkader Zoukh. D'autres habitants des vieilles bâtisses ont perdu l'espoir d'acquérir un logement. «J'habite depuis 60 ans ce quartiers et j'ai fait plus de 70 dossiers de demande de logement au niveau de la commune, mais que des promesses», a affirmé un vieux, une mine affaiblie dont le regard exprime un sentiment de désespoir. Interpellé sur ces familles qui attendent de bénéficier de relogement, le wali d'Alger a rassuré que l'opération est en cours.