Prévisions pour le 17 Novembre 2018

 Adrar Min 14 °C Max 24 °C
30
 Laghouat Min 9 °C Max 16 °C
30
 Batna Min 4 °C Max 13 °C
11
 Biskra Min 11 °C Max 17 °C
12
 Tamanrasset Min 14 °C Max 25 °C
30
 Tlemcen Min 10 °C Max 16 °C
30
 Alger Min 12 °C Max 18 °C
47
 Saïda Min 7 °C Max 16 °C
30
 Annaba Min 13 °C Max 18 °C
12
 Mascara Min 8 °C Max 17 °C
30
 Ouargla Min 11 °C Max 16 °C
12
 Oran Min 13 °C Max 20 °C
30
 Illizi Min 18 °C Max 23 °C
30
 Tindouf Min 10 °C Max 21 °C
30
 Khenchela Min 5 °C Max 14 °C
28
 Mila Min 10 °C Max 17 °C
12
 Ghardaïa Min 11 °C Max 16 °C
39
Accueil |Nationale |

DE CHIRAC À MACRON

Les petits pas de la reconnaissance

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
François Hollande et Jacques ChiracFrançois Hollande et Jacques Chirac

Lorsque le président Jacques Chirac, en visite officielle en Algérie, tenta de lancer le projet d'un traité d'amitié, à l'image de celui signé par Charles de Gaulle avec l'Allemagne d'Adenauer, une véritable levée de boucliers lui barra la route au sein même de cette Assemblée nationale française, sans parler des milieux pieds-noirs et harkis.

Aussi bien chez les peuples que chez les individus, il est toujours difficile, voire cruel, de reconnaître la vérité, surtout quand il s'agit de le faire à son détriment. Car alors, cette reconnaissance doit s'accompagner de contrition et, tôt ou tard, de regrets assortis implicitement ou explicitement d'excuses assumées. Entre l'Algérie et la France, on n'en est pas encore là, étant donné que la page de la colonisation et, plus encore, celle de la guerre de Libération nationale, restent toujours mal vécues de l'autre côté de la Méditerranée, méconnues chez les jeunes générations et pudiquement voilées pour ce qu'elles comportent de honteux et de douloureux chez les générations des acteurs et des témoins de cette terrible période, occultée, refoulée, contestée et parfois falsifiée, des décennies durant, tant ses traumatismes sont encore vivaces.
En témoigne la reconnaissance pénible que la France effectue de manière conjuratoire, douloureusement et prudemment. C'est que la «tragédie algérienne» comme l'a décrite Raymond Aron en 1957 a concerné de nombreuses générations de part et d'autre de la Méditerranée et qu'il n'est presque pas une famille qui n'en a pas subi les effets, directement ou indirectement. Souvenons-nous, alors que nous autres Algériens nous commencions à parler du devoir de repentance, l'Assemblée nationale française franchissait en 1999 un pas historique avec la reconnaissance de la «guerre d'Algérie», jusqu'alors qualifiée d' «évènements» ou d'»opérations de maintien de l'ordre» même si on comptait alors des centaines de milliers de victimes, majoritairement algériennes et dont un grand nombre avait péri sous les actes de torture, les viols, les exécutions sommaires et les charniers, autant d'actes inqualifiables dont la mémoire avait, a et aura toujours beaucoup de mal à se défaire. Lorsque le président Jacques Chirac, en visite officielle en Algérie, tenta de lancer l'idée d'un traité d'amitié à l'image de celui signé par Charles de Gaulle avec l'Allemagne de Konrad Adenauer, une véritable levée de boucliers lui barra la route au sein même de cette Assemblée nationale, sans parler des milieux pieds-noirs et harkis. En 2007, son successeur, Nicolas Sarkozy s'aventura, à son tour, à dénoncer la «profonde injustice» que fut la colonisation, évidemment encore à Alger, et on sait quelle suite il y eut, avec la triste loi sur les «bienfaits de la colonisation» et la mise en oeuvre d'une mécanique pour laver l'ancienne puissance coloniale de tout soupçon face à des pages et des pages d'histoire, «oubliées» dans les caves. François Hollande vint, à son tour, dans la capitale de l'Algérie souveraine, en 2012, et devant les députés algériens, il évoqua, à mots feutrés, «le système de la colonisation» avec tout ce qu'il comportait de «violence, d'injustices, de massacres» ainsi que de «torture».
Le mot avait été lâché mais, là encore, Hollande dut, dés son retour en France, verser beaucoup d'eau dans son vin pour ne pas s'attirer les foudres des mêmes milieux qui montent aujourd'hui au créneau pour «exiger» de l'Algérie qu'elle «reconnaisse» les «massacres des harkis» et le sort «injuste» des pieds-noirs.
Des mots qui traduisent l'immense fossé qui reste encore à combler pour que soit apaisée la mémoire et que, surtout, soit enfin écrite l'histoire authentique de cette période, condition incontournable de la réconciliation des deux peuples et de l'émergence d'une amitié profonde et enrichissante. On n'en est pas encore là, c'est évident, mais il ne faut surtout pas désespérer de la France des Lumières et le geste du président Emmanuel Macron, à un moment où il n'a pas, au plan interne, la partie facile, revêt toute sa dimension d'humanisme et de sens aigu des valeurs républicaines qui font honneur au pays de Voltaire et de Rousseau. Il ne touche pas que la famille Audin, mais des milliers d'autres familles algériennes, et il nourrit l'espoir qu'avec la nécessaire ouverture des archives, le travail des historiens rendra pleinement justice aux deux nations, à la fois si proches et si divisées.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha