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Un "Pardon" qui suscite des réactions

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Macron lors de sa visite en AlgérieMacron lors de sa visite en Algérie

Le grand journal américain The Washington Post a qualifié le geste de Macron «d'historique» estimant néanmoins que ça reste «insuffisant».

La vérité salutaire, dite avec courage, jeudi dernier, par le président français a suscité beaucoup de réactions en France et ailleurs dans le monde. La reconnaissance par Emmanuel Macron de la responsabilité de l'Etat français dans la mort du militant communiste Maurice Audin est «un moment historique» pour le député LREM (la République en Marche) Cédric Villani qui a estimé que «la Nation, peut-être après un temps qui était nécessaire pour qu'on ose regarder les choses en face, se dit que c'est le moment, pour avancer vers le futur, de voir la vérité, de reconnaître le rôle que l'Etat a eu en laissant l'armée agir sans contrôle sur bien des actions».Au-delà du seul cas de Maurice Audin, «il s'agit de penser à tous les disparus dans tous les camps», a souligné le député, qui porte le combat en faveur de cette reconnaissance de longue date. C'est «une victoire historique de la vérité et de la justice» face à un «mensonge d'Etat qui durait depuis 61 ans», s'est également félicité Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF (Parti communiste français). Un autre député communiste, Sébastien Jumel, a également applaudi la démarche du président Macron affirmant qu'il s'agit là d'«un acte de la République, de celle qui après le combat d'une vie, celui de Josette Audin, de sa famille, vient dire que l'Etat français reconnaît la responsabilité dans l'utilisation de la torture à des fins politiques». Du côté de l'extrême droite, la réaction ne surprend point. Pour Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (RN) «Macron commet un acte de division en pensant flatter les communistes». Son père, Jean-Marie Le Pen a été plus virulent en disant: «J'avoue que je me perds en conjectures sur les motivations de monsieur Macron dans cette affaire. Le rôle du président des Français n'est pas de les diviser en leur rappelant des souffrances historiques (...).» Pour l'ex-président du RN «Macron n'est pas chargé d'écrire l'histoire de France. Il est chargé de mener son gouvernement et son destin». Le sujet, beaucoup plus sensible pour cet ancien parachutiste qui a lui même déclaré sur RTL qu'il aurait «sans doute» pratiqué la torture en Algérie si on le lui avait demandé, et ce par «devoir''». C'est ce qui va le pousser à dire «je pense qu'il faut laisser les morts enterrés et le temps fait son oeuvre. Ce n'est pas au président de la République de rouvrir la tombe. Cela me paraît mirobolant, et même, détestable (...) La France n'a pas à s'excuser en permanence d'avoir été la France». Abondant dans le même sens, le député RN, Louis Aliot a commenté sur Twitter en disant «nous attendons désormais qu'il reconnaisse aussi les crimes contre les harkis et les pieds-noirs, pour enfin pointer les responsabilités de ceux qui ont permis les atrocités, les abandons et les disparitions de milliers de nos compatriotes». Du côté des historiens, l'approche est toute autre. Raphaëlle Branche, historienne française, spécialiste des violences en situation coloniale estime que la déclaration du président français «met fin à un mensonge d'Etat: il reconnaît la responsabilité de l'Etat c'est-à-dire du pouvoir politique dans la mort de ce militant en précisant - et c'est là sa véritable portée historique - que cette mort n'aurait pas été possible si les forces de l'ordre qui l'ont arrêté, torturé et exécuté n'avaient pas agi sur ordre». Pour l'historien Sylvie Thénaut, «il s'agissait d'un exercice d'équilibriste difficile: aller vers une reconnaissance générale de la pratique de la torture et des disparitions à partir du cas de Maurice Audin. L'exercice est délicat parce que son cas ne permet pas d'exposer tous les mécanismes de la pratique de la torture pendant cette période. Or si l'on regarde les pratiques de torture dans le cadre d'une opération de ratissage dans un village, là on a un contexte très différent». Enfin, la reconnaissance de l'utilisation de la torture durant la guerre d'Algérie a également été commenté par la presse étrangère. Le grand journal américain The Washington Post a qualifé le geste «d'historique» estimant néanmoins que ça reste «insuffisant». The Washington Post considère le décès d'Audin comme «un cas particulier» qui représente à lui seul «un système cruel mis en place au niveau de l'Etat colonial». C'était «l'un des crimes irrésolus les plus sordides de la guerre française en Algérie», a souligné pour sa part The New York Times. Ce crime «a été officiellement élucidé», estime le quotidien américain El País explique que «les blessures de l'Algérie, colonie devenue indépendante en 1962, marquent toujours la société française aujourd'hui». Pour le quotidien espagnol, en admettant l'assassinat de Maurice Audin, «Emmanuel Macron a fait face à l'un des épisodes les plus noirs de l'histoire contemporaine française».

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