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La petite épine des migrants

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Il y a une incongruité dans le qualificatif «sans-papiers algériens» puisque la nationalité d'une personne est vérifiée par des documents officiels délivrés par le pays d'origine.

Entre Alger et Berlin il n'existe pas de contentieux d'ordre politique ou économique. Du côté algérien il n'y a surtout que de l'estime pour le pays de Merkel. De l'enivrement pour ses voitures rutilantes et solides, de l'attachement pour le caractère rigoureux et strict des Allemands et de l'admiration pour son équipe nationale de football pour laquelle les Algériens s'enorgueillissent d'avoir tenu la dragée haute au Mondial brésilien de 2014 et surtout d'avoir battu au Mondial espagnol en 1982. L'Afrique du Nord en général et l'Algérie en particulier ne font pas partie de l'espace géopolitique germanique. D'ailleurs, l'Allemagne n'a pas participé à l'intervention militaire de l'Otan qui a conduit à la chute du régime d'El Gueddafi en 2011. En revanche, elle a apporté une aide humanitaire substantielle pour soigner les blessés et aider à reconstruire le pays. Le «focus» allemand sur la région d'Afrique du Nord est venu à la suite de révoltes arabes. Ainsi entre 2012 et 2013, le gouvernement fédéral a alloué près de 100 millions d'euros pour aider au processus de transformation en Afrique du Nord. Cette aide a pour objectif de contribuer à compenser les problèmes socio-économiques auxquels les pays du Maghreb se heurtent actuellement sous différentes formes, qu'il s'agisse du fort taux de chômage (surtout chez les jeunes), d'une situation économique devenue instable après les soulèvements, de l'impact de la crise financière et économique mondiale ou de l'augmentation du prix des denrées alimentaires. C'est dans cette dynamique de rapprochement que l'Algérie a accueilli en janvier 2012, le ministre allemand des Affaires étrangères Westerwelle et réciproquement, son homologue algérien, Mourad Medelci, s'est rendu en Allemagne en mars 2013. Les deux pays avaient même décidé de relancer la coopération dans le domaine des énergies renouvelables. En décembre 2010, lors de la visite du président Abdelaziz Bouteflika à Berlin, il a été convenu de travailler d'un commun accord sur le projet Desertec, une initiative industrielle de
500 milliards d'euros qui ambitionne de couvrir à l'orée de 2050 la moitié des besoins en électricité du Proche-Orient, de l'Afrique du Nord et de l'Europe. Le projet a été abandonné depuis mais les Allemands veulent toujours leur part de soleil algérien. Cependant et en dépit de ces relations sereines et au beau fixe, un contentieux, telle une épine au pied, est venu perturber le bon fonctionnement de la machine algéro-allemande. Il s'agit du dossier des sans-papiers que Berlin veut renvoyer. Un dossier à chaque fois remis sur la table par les émissaires de la chancelière allemande maintes fois dépêchés à Alger. Angela Merkel a souhaité voir les ressortissants algériens déboutés du droit d'asile en Allemagne renvoyés plus rapidement dans leur pays. Ce voeu a été exprimé lors de l'audience qu'elle a accordée, en janvier 2016, à l'ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal en visite à Berlin. Sellal a répondu qu'avant tout renvoi en Algérie, il fallait «naturellement s'assurer qu'il s'agit bien d'Algériens». En effet, il y a réellement une incongruité dans le qualificatif «sans-papiers algériens» puisque la nationalité d'une personne est vérifiée par des documents officiels délivrés par le pays d'origine. De ce fait, l'Algérie est en droit de refuser de recevoir toute personne dont la nationalité algérienne n'est pas confirmée par notre administration. Les autorités allemandes ont-elles le droit de décider qui est algérien et qui ne l'est pas? C'est là que réside le noeud du problème.

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