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ENQUÊTE: DES MILLIERS DE FAMILLES REJOIGNENT LES VILLES

Ces villages fantômes de Kabylie

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L'exode rural, un phénomène qui prend de l'ampleurL'exode rural, un phénomène qui prend de l'ampleur

La majorité des personnes qui vit dans les villages reculés ne pense plus au départ.

L'exode rural devient de plus en plus une réalité palpable et incontestable dans la wilaya de Tizi Ouzou. Des milliers de familles ont quitté, particulièrement ces deux dernières années, leurs villages pour s'installer dans les grandes villes et principalement dans la ville de Tizi Ouzou et à la Nouvelle-Ville. Ce choix d'aller vivre dans le chef-lieu de wilaya s'est accentué durant la dernière décennie. Les raisons de ce départ massif des villages vers les villes sont très nombreuses. Contrairement à ce que l'on pourrait penser ou deviner, les familles ne quittent plus les villages, parce que ces derniers ne sont pas dotés de commodités.
En effet, paradoxalement, c'est au moment où l'Etat a mobilisé d'énormes moyens afin de doter la majorité des communes de la wilaya, qui sont au nombre de 67, d'un maximum de moyens dont le gaz de ville (le taux de pénétration dans la wilaya est de plus de 80%) et l'eau potable, les routes, que les gens s'en vont. Les raisons sont donc ailleurs et multiples. Certes, au départ, notamment dans les années 80 et 90, ceux qui ont quitté les premiers leurs villages pour vivre en ville, surtout au chef-lieu de wilaya, l'avaient fait principalement parce que leurs localités étaient dépourvues du minimum vital. La vie y était donc très difficile. C'est le cas dans de nombreuses communes de la wilaya de Tizi Ouzou.
L'un des exemples les plus édifiants et connus d'une région ayant vécu de plein fouet le phénomène de l'exode rural est, entre autres, celui de la commune de Zekri, dans la daïra d'Azazga. Située à plus d'une heure et demie de route à partir de la ville d'Azazga, cette région était l'une des plus abandonnées de la wilaya. Pour se rendre à Tizi Ouzou et revenir, une journée ne suffisait pas, le transport public était rare, ajoutons à cela la longueur du trajet, sans compter le fait que la route qui reliait Zekri à Azazga, à l'époque, était complètement détériorée et impraticable. Quant au parcours entre Azazga et Tizi Ouzou, il durait plus de deux heures, car l'autoroute actuelle n'existait pas encore. Tous ces critères, additionnés, à l'absence de toute commodité (eau, gaz...) ont fait que la commune de Zekri a failli se vider.

La vie en ville
N'eut été les quelques centaines de familles qui ont résisté pendant des années, avant de voir les choses s'améliorer de manière considérable. Aujourd'hui, la majorité des personnes qui vivent à Zekri ne pense plus au départ, du moins si elle vient à l'entreprendre, ce n'est nullement parce que le cadre de vie n'est pas adéquat. Qu'est-ce qui pousse donc les citoyens de la wilaya de Tizi Ouzou à tout abandonner (terres, maison et souvenirs) pour aller construire une nouvelle vie dans la ville de Tizi Ouzou ou dans d'autres grandes villes comme Drâa Ben Khedda? Certaines personnes le font parce qu'elles sont contraintes d'habiter près du lieu de leur travail.
Quand on est affecté d'office par son employeur à aller travailler, en tant qu'enseignant par exemple, dans une école, située à 60 kilomètres du lieu de sa résidence, le choix est vite fait. On opte alors pour la ville la plus proche et c'est souvent Tizi Ouzou qui fait l'affaire, selon la majorité des témoignages recueillis à ce propos.
Généralement, c'est le cas aussi bien pour l'homme que pour la femme, concernant les couples mariés. En plus, reconnaissent les concernés, c'est une occasion pour vivre loin de la pression et de la promiscuité de la grande famille, qui engendrent des problèmes à l'infini. Il s'agit donc de faire d'une pierre, deux coups. D'autres raisons se greffent à cette première cause et l'une d'elles, c'est tout simplement le fait qu'habiter dans une grande ville comme Tizi Ouzou est devenu «une mode». Aux yeux de nombreux citoyens, pouvoir s'installer en ville représenterait un signe de réussite sociale. Rester au village, selon le même regard, subjectif bien sûr, peut constituer un signe d'incapacité, voire d'échec.

Des communes métamorphosées
Il s'agit ici d'une vision à prendre avec des pincettes, car même si on assiste à un départ massif vers les grandes villes, une bonne partie des familles kabyles n'accepterait pas de vivre dans une grande ville pour tout l'or du monde. Quand il est question de critiquer la vie en ville, ceux qui restent attachés au village égrènent spontanément mille et un défauts de la ville à commencer par le stress, les embouteillages, le bruit permanent et nuisible, le manque d'hygiène, l'agressivité ambiante et la liste est longue. Mais malgré tous ces critères, il n'en demeure pas moins que le nombre des personnes qui atterrissent en ville par choix volontaire est de très loin supérieur à celui des citoyens qui demeurent enracinés. Il faut reconnaître en outre qu'une grande partie des familles qui s'installent dans les grandes villes le font parfois à leur corps défendant. Pourquoi? tout simplement parce qu'il se trouve que le programme de logements auquel ils sont inscrits est situé à Tizi Ouzou et ses environs. La majorité des programmes de logements réalisés par l'Etat, tous types confondus (LSP, LPA, AADL, LPP...) est implantée dans les grandes villes et principalement à Tizi Ouzou. Il en est de même au sujet des milliers de coopératives lancées par des groupes privés.
C'est donc dans bien des cas, une chose qui s'impose de fait aux familles. S'il est incontestable que l'exode rural a conduit la plus grande partie des familles à vivre dans la ville de Tizi Ouzou et ses environs, il n'en demeure pas moins, et c'est vraiment paradoxal, que les 67 communes de Tizi Ouzou, ou du moins la majorité parmi elles, n'est pas pour autant «vidée» comme on pourrait l'imaginer. En effet, la majorité des chefs-lieux communaux, qui étaient à peine de petits villages, il y a 30 ans, s'est muée en si peu de temps en des villes grouillantes de monde et de tout ce qui va avec.
Il n'est désormais pas du tout évident, d'y retrouver le calme de jadis. Les exemples des chefs-lieux de communes reculées qui se sont métamorphosées depuis deux à trois décennies sont nombreux. On pourrait citer: Timizart, Ouaguenoun, Souk El Thenine, Boudjima, Fréha, etc. Même les bâtiments de plusieurs étages ont poussé en nombre important dans ces localités. C'est dire que, même si on n'a pas été forcément happé par le vent de l'exode rural, on est vite rattrapé par celui de l'urbanisation accélérée et incontournable. Dans les deux cas, l'homme s'éloigne de plus en plus de la nature. Et le béton remplace les arbres et les fleurs.

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