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ANSEJ, CNAC, ANEM À BOUIRA

Quand les bureaucrates narguent les jeunes

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Quand les bureaucrates narguent les jeunes

Si vous venez à 8 heures, il est trop tôt, si vous arrivez à 10 heures, ils sont sortis prendre un café, vous revenez à 14 heures, on vous informera qu'il faut revenir demain parce qu'il est déjà trop tard.

La bureaucratie dans ses multiformes a de beaux jours encore en Algérie. Souvent attribuée aux responsables, elle est souvent l'oeuvre de «petits fonctionnaires» ou employés au bas de l'échelle administrative. En demandant à voir le secrétaire général de la daïra de Bouira, on a vite compris qu'une simple «gratte-papier» qui sait à peine rédiger son nom peut vous renvoyer sans aucune estime. Cette préposée n'a même pas daigné prendre sa place derrière le bureau. Sur le seuil d'une porte entrouverte, d'un hochement de la tête, la bouche pleine, elle arrive à vous expliquer que le SG va entamer une réunion et qu'il ne peut vous recevoir. La réponse par l'acceptation ou le refus reste du ressort du responsable auquel la fonctionnaire n'a même pas demandé puisqu'elle est la Régine des lieux sans aucune concurrence. La bureaucratie c'est aussi des responsables qui prévoient des réunions le jour des réceptions, c'est aussi une multitude de réponses «passe-partout» du genre: il est convoqué par son supérieur, il est en mission, pas encore rentré, revenez demain, allez prendre un café et revenez... le parfait adage du parfait planton docile et très apprécié de ses supérieurs. La bureaucratie c'est encore cette direction de l'emploi dont personne ne peut définir les missions, sinon celle de présenter des bilans chiffrés annuels qui ne coïncident avec aucune réalité. La bureaucratie c'est aussi et toujours cet accueil froid sur le seuil de nos administrations où il est clairement mentionné les horaires d'ouverture et de fermeture, mais qui ne sont que très rarement respectés. Si vous venez à 8 heures, il est trop tôt, si vous arrivez à 10 heures, ils sont sortis prendre un café, vous revenez à 14 heures, on vous informera qu'il faut revenir demain parce qu'il est déjà trop tard. Ces pratiques se font quelques fois dans le dos du responsable, mais quelquefois avec son aval tacite. Pour éviter de subir ces pratiques, il y a une astuce certes, ancienne, mais toujours performante. Le jour où vous voulez régler un problème au sein d'une administration, il faut vous mettre sur votre 31, bien vous parfumer et demander avec autorité à voir le responsable.
Le préposé à l'accueil n'osera pas vous questionner sur l'objet surtout si vous dites «el moudir» au lieu du directeur. Les raisons m'ayant motivé à faire ce papier sont diverses.
Les jeunes se bousculent devant les antennes de la direction de l'emploi. Ceux qui ont décidé de se rapprocher de l'administration pour solliciter des aides à l'insertion professionnelle sont une large frange qui conteste les pratiques nuisibles de l'administration publique. Les pouvoirs publics ont mis en place des formules pour donner la chance aux jeunes d'intégrer le marché de l'emploi. Les décisions prises sont différemment appréciées. Les avis vont du plus optimiste au plus pessimiste. Ainsi, pour Salah, un jeune chômeur qui se limite à des petits boulots pour nourrir sa petite famille, les décisions ressemblent plus à une énième démagogie. «Avant de prononcer des mesures, il était peut-être plus intéressant de faire un bilan diagnostic de ce qui a été décidé avant. Il faut d'abord répondre aux questions de savoir si les dispositifs en place ont donné des résultats. Est-ce que les jeunes sans distinction peuvent accéder aux facilités sans encombre?», se demande notre interlocuteur. La bureaucratie, les passe-droits, les lenteurs administratives... sont autant de faits qui par un passé récent s'opposaient à la détermination des jeunes. Pour Hamid, un jeune qui a quitté le lycée en troisième année, gardien dans un stade et percevant moins de 12000 DA, les décisions sont bénéfiques. «Le problème est dans leurs applications. Le jeune ne comprend pas ces textes élaborés par des juristes. Souvent les administrations se cachent derrière cette difficulté pour trimbaler le jeune d'un bureau à un autre. Avec le temps c'est le découragement... Même quand l'obstacle administratif est passé avec succès, c'est au tour des banques de mener leur rôle pour éloigner le jeune.» Pour Menad, un cafetier, la position converge avec les deux intervenants. «Oui, l'Etat a mis en place des mécanismes d'aide, mais la situation et le terrain contredisent cette volonté. D'abord pour postuler il nous est demandé un dossier et surtout cette enquête technico-économique. Il n'y a pas de bureau spécialisé en mesure de prédire l'avenir à un projet. L'informel, la concurrence déloyale, la contrefaçon... sont des activités qui dictent le marché, mais ne sont pas maîtrisables. Ces éléments risquent de fausser tout calcul préalable» s'inquiète Hanane, une jeune universitaire qui a bénéficié d'une imprimerie.
Pour Rachid, l'avis est plus optimiste. «Le dynamisme personnel, le goût du risque sont deux paramètres importants quand on veut s'installer à son compte. L'aide de l'Etat n'est que le coup de pouce de départ. L'exonération d'imposition pour une durée, la faiblesse des taux d'intérêt sont une garantie contre une éventuelle faillite, ils motivent.» Salah s'invite et riposte à son vis-à-vis. «Comment voulez-vous réussir quand le prix de revient d'un tablier scolaire est de l'ordre de 1000 DA alors que le citoyen peut trouver ce même produit, made in China à 700 DA. Où sont ces organismes censés nous assister après la concrétisation du projet? Une fois l'atelier réalisé, les banques, les fournisseurs, les ouvriers vous acculent et personne n'est là pour vous aider».
Hakim qui a bénéficié d'un cybercafé prend le relais. «À un moment on a focalisé les projets sur ce segment d'activité. Très vite on s'est retrouvé nombreux à faire la même chose. Beaucoup ont fini par mettre la clé sous le paillasson par manque de clients, détérioration du matériel qui, vite s'est avéré dépassé. N'ayant pas les moyens de le renouveler, l'activité est devenue cauchemardesque.»
Du côté de l'administration, les arguments de nos interviewés sont en partie vérifiés, mais l'Etat aurait pris des mesures pour éviter les erreurs du passé. Le relèvement des montants de prêts, la mise en place des organismes d'assurance, la disponibilité à recevoir tout plaignant pour l'aider dans ses démarches, l'organisation de sessions de formation au profit des porteurs de projets; la création de sites Internet ouverts au grand public... sont des décisions en application et des ajustements instaurés pour contrecarrer le spectre de la faillite. En attendant les décrets exécutifs, ils sont plus de 7000 jeunes à avoir bénéficié du soutien de l'Ansej, la Cnac, l'Angem...ils sont autant à se débattre dans des situations critiques face à des organismes financiers qui n'hésitent pas à les acculer, au point, où deux jeunes de la région de M'Chedallah, se sont suicidés. Le caractère agricole de la wilaya et la diversité des créneaux du secteur ont vu un réel intéressement pour l'apiculture, l'arboriculture, la production de lait, l'oléiculture...même si là aussi les conditions d'éligibilité sont draconiennes, notamment pour l'obligation de disposer d'un acte de propriété, beaucoup espèrent pouvoir accéder à la concession et s'investir dans l'agriculture.

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