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BENI DOUALA: UNE LOCALITÉ QUI S'EMBOURBE DANS L'IMMOBILISME ET LA MARGINALISATION

Au rythme du "Fils du pauvre"

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Au rythme du

En bref, Beni Douala vit au rythme d'un conglomérat qui oscille et vacille entre le mode semi-urbain sans que l'urbanité puisse s'exprimer vertement et harmonieusement et une ruralité écornée par une hybridité qui agresse l'harmonie et l'équilibre de la campagne ainsi que ses propres caractéristiques.

Revenir à Beni Douala après quelques années, n'est pas du tout une chose qui incite à resituer cette bourgade perchée en haut lieu de la Grande Kabylie. Beni Douala, même si elle garde des stigmates d'une localité lézardée par des tumultes qu'elle avait connus il y a de cela une dizaine d'années avec le printemps noir, leur impact a fait d'elle le point de départ dudit printemps et ses retombées sur la région en général.
Beni Douala garde quelques traces de cette période dramatique, elle les exprime à travers des graffitis et quelques expressions qui en disent long de cette symbolique. Mais la localité affiche surtout une espèce de marginalisation sociale qui se manifeste à travers l'oisiveté qui gagne des pans entiers de sa jeunesse livrée au chômage et l'immobilisme. Pour ainsi dire, Beni Douala incarne avec «brio» l'état et la situation d'une région qui porte en elle les sédiments et les strates cumulés depuis des décennies en matière de dégradation de la vie sociale, de développement local et d'insertion de la population jeune dans le monde du travail. La région qui a vu naître celui qui a retracé la vie des habitants des villages de cette région et leurs dépits, à savoir l'inénarrable et célèbre écrivain Mouloud Feraoun, pourrait sans coup férir s'identifier à son chef-d'oeuvre «Le fils du pauvre» pour extérioriser les déboires et les problèmes dans lesquels s'embourbent quotidiennement sans que les choses changent d'un iota.
Beni Douala ou les chemins abrupts
Si certaines localités de la Grande Kabylie affichent une sorte de vue panoramique de par la spécificité qui les caractérise en tant que villages foncièrement plongés dans leur monde rural et de campagne avec tout ce que cela implique comme constructions traditionnelles où la tuile et la pierre constituent l'originalité et la personnalité des maisons «ikhamen» de ces villages qui n'ont guère perdu de leur attachement ancestral aux aïeuls et leur mode du vie rural, Beni Douala quant à elle, n'est pas à l'abri de l'urbanisation sauvage et hybride qui guette les villages et les régions à caractère rural.
Dès l'entame de la montée qui mène à Beni Douala, l'on constate l'état de délabrement de la route et sa défectuosité manifeste. En effet, la route constitue un véritable danger pour les usagers en voiture qui n'ont pas l'habitude de fréquenter ce lieu connu par ses chemins abrupts et leur verticalité qui donne le tournis aux gens qui n'ont pas l'habitude de sillonner des routes de cette nature abrupte et dangereuse de par sa sinuosité interminable. Mais ce qui fait peur, ce n'est pas la nature de ses chemins, c'est plutôt l'absence d'entretien de ces routes délabrées et délaissées aux aléas de la nature et l'insouciance des responsables des collectivités locales concernées.
Dès que la montée s'achève on se rend compte que la localité qu'on a visitée il y a de cela une dizaine d'années, n'a rien à voir avec celle d'aujourd'hui. Beni Douala qu'on a vu récemment est une autre région, une localité qui a connu une sérieuse métamorphose. Ces changements renseignent sur l'état de défiguration que vient de subir Beni Douala. L'envahissement des constructions sporadiques et sans harmonie, voire hybrides à dénaturé la localité et ses villages à telle enseigne que l'aspect villageois se perd dans cette «cacophonie» d'une urbanisation sans schéma et étude. Tout se confond pêle-mêle à Beni Douala, les commerces sont érigés anarchiquement, le centre ou le chef-lieu de la daïra ressemble à tout sauf à une entité structurée et identifiée en tant que telle. Cette réalité de Beni Douala se complique davantage avec l'accroissement démographique qui s'exprime à travers la présence massive des populations locales dans des ruelles et des impasses qui n'arrivent pas à les contenir au point où l'on se demande comment Beni Douala s'est «auréolée» d'un statut qui fait d'elle une daïra, alors que cette localité est dépourvue de toutes les commodités et infrastructures en mesure de refléter ce statut.
L'urbanisation sans plan ni conception uniforme a ravagé la région, pour ainsi dire. Beni Douala a été défigurée et dénaturée, elle ne sait plus à quel saint se vouer, elle n'arrive pas à s'exprimer en tant qu'entité avec ses caractéristiques propres. Beni Douala n'a ni la personnalité d'une campagne avec ce que cela entraîne comme spécificités rurales et leur harmonie et esthétique digne d'un village aux valeurs ancestrales, ni un centre urbain où l'on trouve les caractéristique d'une ville ou une agglomération structurée et organisée selon un schéma directeur tel que stipulé par la norme urbaine suivie dans tous les pays développés en la matière. En bref, Beni Douala vit au rythme d'un conglomérat qui oscille et vacille entre le mode semi-urbain sans que l'urbanité puisse s'exprimer vertement et harmonieusement et une ruralité écornée par une hybridité qui agresse l'harmonie et l'équilibre de la campagne ainsi que ses propres caractéristiques. C'est celle-là Beni Douala, c'est un tableau hideux où deux modes disparates se côtoient l'un à côté de l'autre en accouchant d'un monstre de «rurbanité» qui sacrifie l'ancienne Beni Douala sur l'autel des expériences hasardeuses et hideuses.
La marginalisation sociale, le spectre de la jeunesse
Le constat le plus visible et lisible dans la région de Beni Douala, c'est bien ces entités très nombreuses de jeunes qui sont agrippés devant des petites constructions constituant des «peuplades» rassemblées autour du café et d'autres en face le siège de l'Assemblée populaire communale (APC) et d'autres endroits et lieux publics sans rien faire, si ce n'est d'afficher une espèce d'oisiveté qui exprime la mal-vie et l'inactivité à cause d'un chômage drastique renseignant sur la marginalisation sociale de ces jeunes sans emplois ni insertion sociale.
Certains jeunes l'affichent clairement en déclarant que «celui qui veut avoir des possibilités pour travailler, ce n'est pas à Beni Douala que la jeunesse espère trouver un job, pas de perspectives en la matière, y compris dans le chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou», assène un jeune de la localité qui a un diplôme dans la spécialité des techniques de gestion et de management.
Certains parlent même de la vie quotidienne qui n'est pas du tout reluisante, allusion faite surtout au mode de vie qui caractérise la localité où «tadert» impose son code coutumier, alors que les générations de jeunes d'aujourd'hui veulent se débarrasser du poids de «la tribu» et ses codes qui ne sont plus en phase avec les nouvelles exigences de la jeunesse d'aujourd'hui.
Tout compte fait, la jeunesse de Beni Douala est livrée à l'oisiveté, la marginalisation sociale et la contrainte d'un code coutumier qui est en déphasage avec les évolutions que connaît le monde en général et la ville comme entité cosmopolite dépourvue de contraintes de nature à mettre les jeunes dans des carcans figés où le droit coutumier et ses us imposent leur diktat.
La localité de «Fouroulou» attend qu'une volonté louable émane des pouvoirs publics pour la faire sortir de cette situation d'immobilisme, d'oisiveté et de marginalisation sociale en optant pour un plan ambitieux de développement local pour redonner une dynamique à cette région qui, selon toute vraisemblance, est empêtrée dans des problèmes tels que le manque d'infrastructures de base à l'image d'un hôpital et des espaces pour que les jeunes puissent s'occuper et surtout de réaménagement de cette localité à travers la révision de l'état de ces routes qui constitue un véritable danger pour les populations de cette région.
Mais l'urgence, c'est de revoir le schéma actuel de la localité en mettant en place un plan d'aménagement qui correspond réellement à la vocation de cette localité et de sa spécificité en tant que région rurale par excellence. C'est le pari que les pouvoirs publics doivent réussir pour redonner à Beni Douala son aura d'antan et pour qu'elle puisse réhabiliter sa personnalité et son identité.

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