Prévisions pour le 17 Novembre 2018

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ENVAHIS PAR LES BANQUES, SALLES DES FÊTES, CRÈCHES ET AUTRES COMMERCES

Ces quartiers où il ne fait plus bon vivre!

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Le centre commercial El Qods résume à lui seul cette triste réalitéLe centre commercial El Qods résume à lui seul cette triste réalité

À travers les quatre coins du pays, dès qu'un petit quartier tranquille commence à prendre de la valeur, on y «débarque» pour le «coloniser» à coups de milliards pour en faire un «Hamiz de luxe». C'est le début de la fin...

«7 ans barakat (ça suffit, ndlr). Que quelqu'un vienne mettre fin à notre enfer!». Ce n'est pas une banderole dans une manifestation sociale, mais un écriteau accroché à l'entrée d'une belle villa du quartier résidentiel, la Caddat, à Rouiba. Mais qu'est- ce qui empoisonne autant la vie de ces riverains pour avoir lancé ce SOS? «Une crèche», répondent sèchement les propriétaires, un couple de sexagénaires qui n'arrive pas à profiter paisiblement de sa retraite à cause de cette crèche. «On est âgé et malade et on se fait réveiller aux aurores par des cris d'enfants tels que dans un poulailler!», pestent-ils.
«Cela sans parler des cortèges de voitures qui défilent à longueur de journée, se garant n'importe comment, créant des embouteillages monstres dans nos petites ruelles et faisant un vacarme des plus insupportables», ajoutent -ils. «On a travaillé toute notre vie pour construire petit à petit notre maison, et au moment d'en profiter on trouve notre quartier qui se transforme en véritable foire», dénoncent-ils en soulignant que chaque année depuis 7 ans ils changeaient leur plaque pour rappeler que ce cauchemar perdure! Il faut dire que ce quartier que l'on surnommait, il n'y a pas si longtemps que cela, Dallas pour sa tranquillité et les jolies maisons qui s'y trouvent, a été envahi par les crèches, mais aussi les banques et les commerces.
«Pourtant, dans le cahier des charges, c'est un quartier résidentiel où tout commerce est interdit, mais voyez de vous-même!», rappelle Mehdi, l'un des premiers à s'être installé dans ce quartier.
«Les gens de la 'chkara'' proposent des sommes faramineuses aux habitants qui ne résistent pas longtemps. Résultat des courses: ils rachètent les belles maisons pour en faire des commerces qui sont en train de détruire petit à petit le quartier», souligne ce riverain qui met en avant le fait que même les espaces verts ont été «récupérés» pour y construire des magasins! La tranquillité des riverains est donc tout, sauf assurée, avec des stationnements anarchiques, des klaxons de voitures à n'importe quelle heure et même des rixes.

El Boucher et ses amis entrepreneurs...
«La semaine dernière deux jeunes du quartier se sont accrochés avec deux types qui étaient venus chercher leurs enfants de la crèche, mais entre-temps ils se sont battus entre eux, tout en utilisant un vocabulaire de voyous sous nos fenêtres», rapporte-t-il avec colère.
Des actes d'incivisme qui ne se limitent pas qu'aux insultes! Les habitants parlent de détritus jetés un peu partout. «Même nos filles ne peuvent plus sortir tranquillement du fait qu'elles se font embêter», rétorque-t-il en espérant que cette anarchie cessera bientôt.
Dallas de Rouiba n'est pas un cas isolé. A travers les quatre coins du pays, dès qu'un petit quartier tranquille commence à prendre de la valeur, on y «débarque» pour le «coloniser» à coups de milliards. C'est même pire dans les quartiers des hauteurs d'Alger. «Il y a une quinzaine d'années on a quitté le centre d'Alger pour construire à Dély Brahim, à la recherche de tranquillité. Finalement, c'est bien pire...», raconte Youcef avec une grande amertume. «On ne peut presque plus rentrer chez nous la journée, tellement c'est insupportable. D'ailleurs, même nos voitures ne peuvent plus rentrer dans le quartier jusqu'au soir, tellement il n'y a plus de place», affirme-t-il, non sans dénoncer que la situation ne cesse d'empirer. «Alors que notre enfer s'arrêtait à partir de 18h avec la fermeture des magasins, banques et autres entreprises, maintenant ça n'en finit plus avec les restaurants et autres pizzerias qui travaillent jusqu'à des heures tardives de la nuit et glanent une foule immense», se désole Youcef. «Moi qui suis pour le partage des espaces communs, j'ai résisté, j'ai résisté, mais dernièrement j'ai mis une chaîne devant mon portail du fait qu'on m'a bloqué plusieurs fois ma voiture dans le garage et ce pendant des heures», justifie-t-il. «Que voulez-vous? L'anarchie pousse à l'anarchie...», résume-t-il la situation. Anarchie? Que dire alors du quartier résidentiel «Taani» à Larbaâ (wilaya de Blida) dont l'un des voisins n'a pas trouvé mieux que de transformer sa maison en, tenez-vous bien, un centre commercial. Oui, un «mini-mall» en plein milieu des habitations. La quiétude de ses voisins ne semble pas être sa priorité... Toutefois, raconte un habitant, le problème n'est pas uniquement celui de son commerce. n ouvrant un centre commercial, il a attiré les vendeurs de l'informel qui ont envahi routes et trottoirs. Le quartier est devenu un véritable «souk» à ciel ouvert qui porte désormais le nom très évocateur de «Souk Nsaa). Et gare à celui qui aurait l'audace de vouloir rentrer chez lui. «Un des voisins en a fait les frais, il s'est fait agresser à l'arme blanche par les vendeurs informels car il a eu la mauvaise idée de leur demander de retirer leur marchandise pour pouvoir sortir de chez lui», rapporte un autre habitant de ce quartier des années 1970, qui était réputé pour sa tranquillité. Dramatique!
Mais l'enfer de nos amis n'est rien par rapport à ces habitants qui, en se levant le matin, se retrouvent «enmmurés». En effet, les nouveaux entrepreneurs, comme le plus connu d'entre eux, à savoir Kamel El Boucher, ont trouvé la parade au manque de foncier dans l'Algérois pour les promotions immobilières.

Qui autorise ce massacre?
Après avoir «bouffé» toutes les terres agricoles, ils s'attaquent aux villas qu'ils transforment en immeubles. Bien évidemment, sous l'oeil bienveillant des autorités locales. Ainsi, du jour au lendemain, les riverains retrouvent à la place de la petite et jolie maison d'à-côté, un immeuble qui leur obstrue air et soleil. «Ils ont tellement d'argent qu'à peine le temps de réagir, ils ont presque fini leurs immeubles géants», rapporte Larbi, un habitant de Kouba, victime de ces nouvelles pratiques. «Bien évidemment, les autorités locales ne réagissent pas comme la justice, du fait que les promoteurs ont construit avec des autorisations...», s'insurge Larbi. Car, il faut le dire, cette anarchie est «légalisée» par des complicités dans les administrations qui fournissent à tout-va des autorisations. Comment peut-on autoriser l'ouverture d'une crèche, d'une salle des fêtes ou d'une banque dans un quartier résidentiel? Sur quelle loi se base-t-on? Comment se fait-il que dans des quartiers où l'on n'a pas le droit de dépasser un R+2, on voit des R+ 20 pousser au milieu? Soit les responsables du contrôle ne font pas leur travail, soit ils sont complices. Dans les deux cas, c'est impardonnable. Le peu de quartiers qui ont un semblant d'urbanisme sont en train de disparaître l'un après l'autre pour laisser place à une sorte de «Hamiz de luxe». Le chef de l'Etat, Abdelaziz Bouteflika, a sonné la fin de la récréation. Ce fameux dossier des «autorisations» devrait donc être ouvert par les autorités compétentes. En attendant, le pouvoir de l'argent continue son massacre...

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