Prévisions pour le 19 Novembre 2018

 Adrar Min 15 °C Max 21 °C
26
 Laghouat Min 9 °C Max 17 °C
28
 Batna Min 6 °C Max 13 °C
28
 Biskra Min 12 °C Max 17 °C
28
 Tamanrasset Min 16 °C Max 25 °C
28
 Tlemcen Min 6 °C Max 11 °C
12
 Alger Min 14 °C Max 19 °C
12
 Saïda Min 6 °C Max 12 °C
12
 Annaba Min 12 °C Max 21 °C
28
 Mascara Min 7 °C Max 15 °C
12
 Ouargla Min 11 °C Max 22 °C
28
 Oran Min 11 °C Max 18 °C
12
 Illizi Min 15 °C Max 30 °C
26
 Tindouf Min 12 °C Max 20 °C
30
 Khenchela Min 7 °C Max 13 °C
28
 Mila Min 10 °C Max 20 °C
30
 Ghardaïa Min 11 °C Max 18 °C
28
Accueil |Nationale |

ENQUÊTE: MAGOUILLES, PASSE-DROITS ET ARGENT SALE

La jungle des sénatoriales

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Ils veulent coûte que coûte sauvegarder leurs siègesIls veulent coûte que coûte sauvegarder leurs sièges

Pour décrocher un siège au sein de la prestigieuse chambre haute du Parlement, les candidats mettent le paquet, quitte à dépenser une fortune. L'immunité, le statut de cadre de la nation, le contact direct avec les hauts responsables sont autant de privilèges qui font courir les passionnés du pouvoir et même les patrons.

La bourse électorale connaît un sérieux engouement. Le renouvellement partiel des membres du Conseil de la nation fait monter les enchères. A un mois de ce rendez-vous, les tractations vont bon train. En tout 48 sièges sont en jeu et des centaines de candidats en lice. La course promet d'être rude entre les formations politiques et même entre les candidats à l'intérieur des partis. Ces derniers ont les yeux rivés sur cette échéance capitale. Depuis quelque temps, les formations politiques sont en train d'affiner leur stratégie pour mener leur plan de bataille à bon port. Ils veulent coûte que coûte sauvegarder leurs sièges et renforcer leur poids. L'enjeu vaut bien la chandelle. Entre les deux partis majoritaires au Sénat, FLN et RND, c'est de bonne guerre. A mesure que le rendez-vous approche, les rivalités s'accentuent. Après l'exploit réalisé par le parti de Ahmed Ouyahia lors des dernières législatives en portant le nombre des députés à 100 élus, le FLN redoute sérieusement son concurrent potentiel de percer davantage dans les prochaines échéances. Les deux formations sont presque sur le même niveau avec une différence de quelques sièges seulement. Le FLN détient à lui seul 48 sièges au Sénat et le RND 41. Le renouvellement d'une partie de leurs représentants au Sénat constitue un véritable casse-tête chinois en particulier pour le FLN. Ayant un réservoir important d'élus, le FLN risque sérieusement de connaître des remous au sein de sa base militante. Conscient de cette tâche, le secrétaire général, Djamel Ould Abbès prend personnellement le soin de suivre ce dossier pour garantir un bon score avec moins de tracas. Les partis, comme les candidats, se sont déjà lancés dans la chasse aux voix. Or, l'opération électorale n'est pas uniquement une simple procédure réglementaire du parti, mais bien au contraire, c'est tout un travail de lobbying qui se fait dans les coulisses. Sachant que la loi électorale ne définit pas le pourcentage des voix nécessaires pour assurer l'accès au Sénat, le siège est cédé à celui qui perce le plafond.

Un siège au Sénat se chiffre en milliards
Ce n'est un secret pour personne. L'achat des voix est une pratique courante dans les joutes électorales. «Rien sans rien, il faut casquer pour gagner sa place au sein de cette institution», confie un sénateur dont le poste lui a coûté les yeux de la tête. Certains ne lésinent pas sur les moyens. Pour décrocher un siège au sein de la prestigieuse chambre haute du Parlement, les candidats mettent sérieusement le paquet quitte à dépenser une fortune. L'immunité, le statut de cadre de la nation, le contact direct avec les hauts responsables sont autant de privilèges qui font courir les passionnés du pouvoir et même les patrons. «Les postes de sénateurs varient entre 5 milliards jusqu'à 15 milliards, et ce, tout dépend des régions et du nombre des élus», explique une élue de Blida qui assure que la fourchette tourne autour de 10 milliards pour ne pas dire plus. «Il faut débourser au minimum 4 à 5 milliards pour mener sa propre campagne», affirme une autre députée de l'intérieur du pays dont le mari est candidat aux sénatorielles. Cette élue se dit frappée par la bourse et la vente aux enchères des voix. «Mon mari doit sacrifier tout ce qu'il a gagné pendant des années pour décrocher le poste de sénateur», dit-elle avec stupéfaction.

La «chkara»
L'enjeu vaut bien la chandelle. Les détenteurs du quitus du Sénat devront donc laisser même des plumes pour assurer l'appui du maximum d'élus au sein de sa circonscription. A Alger par exemple où l'on compte quelque 1400 élus, le candidat au Sénat doit décrocher le plus grand nombre de voix pour garantir un passage assuré au Sénat. Or, cette question n'est pas une mince affaire. Les candidats doivent, chacun de son côté, convaincre les élus à voter pour eux. «Comment s'assurer d'avance de ce soutien?» La fin justifie les moyens. Pour les candidats tous les moyens sont bons. C'est ainsi que l'option de la «chkara» s'est imposée en politique. Des hommes d'affaires et des opérateurs économiques qui sont à la recherche du statut et du prestige ont fait éclater la bourse des voix. Or, le recours à la «chkara» n'est pas forcément la seule option. Des sources avancent qu'il y a d'autres manières de garantir le soutien d'un élu. «Ces derniers temps le candidat ne donne pas forcément de l'argent, mais offre des cadeaux d'une grande valeur», explique un sénateur qui a vécu l'expérience. Selon lui, le candidat et l'élu concluent presque un marché. «En contrepartie de sa voix, l'élu peut exiger même des appareils d'électroménager de luxe, un portable qui coûte dans les 200.000 dinars ou un voyage, une Omra ou Hadj», nous confie ce sénateur qui a requis l'anonymat. Au minimum, le candidat dépense 200.000 dinars pour un seul élu et sur un nombre important de 400 élus, la facture sera bien salée. En plus des cadeaux, les candidats tentent de gagner l'estime des élus en organisant des festins pour faire leur propre campagne. «Des dîners au profit de 500 à 1000 personnes dont des élus des responsables locaux ont été organisés à l'occasion de la célébration du 64ème anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale par des candidats à cette course. Les P/APC et les P/APW se retrouvent privilégiés dans cette course. Ces derniers n'auront pas à dépenser des fortunes de leur poche. «Comme ils ont le pouvoir de décision, ils promettent des postes budgétaires, des décisions d'affectation de logement en contrepartie des voix», affirme un ancien sénateur.

Argent-politique: l'indissociable équation
«L'argent est le nerf de la guerre.» Ce vieil adage est valable également en politique. Le pouvoir de l'argent joue un rôle prépondérant dans la sphère politique. C'est un secret de polichinelle. Désormais, l'argent est l'un des critères de sélection dans la course électorale. «Le militantisme, l'ancienneté et les compétences ne suffisent pas à eux seuls dans ce genre de compétition», avoue une élue du centre du pays. Connaissant parfaitement les rouages des campagnes électorales, cette élue du parti majoritaire confirme que le pouvoir de l'argent peut à lui seul renverser la balance au profit d'un intrus. «Quand le candidat est balaise financièrement on peut fermer les yeux sur les critères d'ancienneté», avoue un autre élu. Selon lui, les partis préfèrent miser sur un joker qui est capable de rapporter la course et de casquer sans compter. Ce vieux routier de la politique reconnaît que les partis sont otages de l'argent sale. Le secrétaire général du FLN veut faire de la lutte contre la «chkara» son cheval de bataille. Ould Abbès a mis en garde à plusieurs reprises ses responsables contre le recours aux pratiques malhonnêtes dans le choix des candidats. Il le reconnaît lui- même, que c'est un véritable défi à relever. «Certes il y a une volonté d'assainir la politique de l'argent sale, mais les mauvaises habitudes ont la peau dure», atteste un député qui est impliqué dans l'opération électorale.


Que dit la loi
La loi électorale dans son chapitre 4 définit clairement les modalités d'élection des membres du Conseil de la nation. «Tout membre d'une Assemblée populaire communale ou de wilaya, remplissant les conditions légales, peut se porter candidat à l'élection au Conseil dela nation», est-il mentionné. A condition que le candidat soit âgé de 35 ans et ne fasse l'objet d'aucune condamnation définitive pour crimes ou délits privatifs de liberté et non réhabilitée, à l'exception des délits involontaires. L'article 129 de ladite loi stipule qu'il est déclaré élu le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de voix en fonction du nombre de sièges à pourvoir. En cas d'égalité des suffrages obtenus, est déclaré élu le candidat le plus âgé. L'article 130 précise que tout candidat a le droit de contester les résultats du scrutin en introduisant un recours, déposé auprès du greffe du Conseil constitutionnel, dans les vingt-quatre (24) heures qui suivent la proclamation des résultats.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha