ACCUSÉ D'AVOIR COMMIS UN LARCIN DE 40 MILLIONS DE DA

Le maire de Hassi Bounif sous mandat d'arrêt

Le maire de Hassi Bounif sous mandat d'arrêt

D'autres clients ont signalé les disparitions d'importantes sommes de leurs petites économies qu'ils ont placées dans leurs comptes.

Rebondissement dans l'affaire de la poste de la commune de Hassi Bounif, localité située dans la partie est de la ville d'Oran. Le parquet près le tribunal de Aïn El Türck vient de prononcer la mise sous mandat de dépôt du maire de cette municipalité une année après son élection à la tête de cette APC. Idem pour le chef de service de la poste de la même localité qui est, lui aussi, écroué par la même instance, le parquet près le tribunal de Aïn El Türck. Les deux mis en cause sont accusés d'avoir la main dans le larcin commis dans l'enceinte de la poste et dont le montant est arrêté à 40 millions de dinars soustraits, à petites doses, à partir des comptes postaux des clients et abonnés de la même institution postale.
Dans cette affaire, le maire a été cité en tant qu'ex-employé de ladite poste. Tout a commencé lorsqu'une dame, vivant à l'étranger, s'est remise aux policiers de la brigade des services économiques et des finances de la sûreté de wilaya d'Oran signalant la disparition, de son compte, d'un montant égal à 300 000 DA. Les investigations, à peine déclenchées que d'autres clients se sont, eux aussi, manifestés signalant les disparitions d'importantes sommes de leurs petites économies qu'ils ont placées dans leurs comptes domiciliés toujours dans la même poste.
Le rapport d'enquête, remis au parquet, cite une soixantaine de personnes ayant été victimes de larcins commis à leurs dépens, d'où l'ouverture de plusieurs fronts de recherches dans les pièces comptables, ayant abouti à la situation, avec exactitude, du pot aux roses et la responsabilité incombant à chacun des deux accusés, le maire alors qu'il était employé de la poste et le chef de service de la même structure. Une telle affaire n'est pas aussi simple vu ses complications, d'où d'ailleurs, la perquisition opérée récemment par les éléments de la brigade économique d'Oran dans le domicile de cet élu. Tout a commencé au mois de juillet dernier.
De fil en aiguille, les enquêteurs ont, en un laps de temps, réussi à cerner les premiers contours de l'affaire, en évaluant d'abord le préjudice financier causé à la poste. L'enquête fait état de la disparition de 40 millions de DA, amputés, en petites sommes et pendant de longues années, à partir des pensions des retraités, des détenteurs de comptes courants postaux et d'épargnants vivant à l'étranger, d'où le nom de l'élu local a, subitement, fait surface. Vivra t-on la réédition du remake du mandat 2012-2017 éclaboussé par plusieurs affaires de corruption ayant ciblé plusieurs élus locaux? Durant l'avant-dernier mandat, la corruption était devenue un acte à la fois banal et tout ordinaire, ayant touché plusieurs activités dans la wilaya d'Oran. Les acteurs principaux n'étaient autres que des élus du peuple, des maires et autres élus. Entre 2012 et 2017, au moins 50% des 26 communes composant la wilaya d'Oran ont été touchées par ce phénomène déferlant. Dans le sillage de cette déferlante vague campagne de corruption, 13 présidents d'Assemblées populaires communales ont été poursuivis en justice pour divers chefs d'accusations liés à la corruption, comme la passation de marchés en violation du Code des marchés, dilapidation et détournement de deniers publics, trafic d'influence, faux et usage de faux, malversations et mauvaise gestion, etc.
Plusieurs représentants locaux ont été auditionnés, d'autres ont été jugés et condamnés pendant que plusieurs autres ont été administrativement suspendus de leurs fonctions, en attendant que la justice tranche leurs cas respectifs. Le P/APC de Mers El Kebir, en compagnie de trois autres élus, ont été placés sous contrôle judiciaire après qu'ils eurent été auditionnés par le juge d'instruction de la première chambre près le tribunal d'Oran.
D'autres élus de la même commune seront, eux aussi, entendus demain par le même juge.