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30 PAYS AFRICAINS DISCUTENT DE LA CRISE MIGRATOIRE

Et si on écoutait Alger?

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L'Afrique réussira-t-elle à mettre fin à la crise migratoire?L'Afrique réussira-t-elle à mettre fin à la crise migratoire?

La qualifiant de «terre d'accueil africaine», le président du Comité d'organisation de la conférence, a tenu à saluer la «constance» des positions de l'Algérie pour une «Afrique meilleure».

Trente pays africains ont convergé, hier, à Alger pour parler de la crise migratoire. Une crise mondiale qui fait trembler l'Amérique, divise l'Europe et saigne l'Afrique. En Algérie, le nombre des migrants irréguliers oscille entre 50.000 et 75.000 et le pays qui était considéré, pendant très longtemps comme un pays de transit, est devenu maintenant une destination. L'Algérie est donc confrontée à des flux migratoires sans précédent, notamment en provenance des pays subsahariens. Cet afflux massif est favorisé par la position géostratégique de l'Algérie et les opportunités de travail et de stabilité qu'elle offre ainsi que par les récentes crises politiques en Libye, au Sahel et en Syrie. Le pays accueille, depuis des années, des milliers de migrants et de déplacés subsahariens, mais aussi pas moins de 40.000 réfugiés syriens. Migrants et réfugiés bénéficient d'un dispositif spécial leur assurant des facilités en termes de séjour, de scolarisation, de soins médicaux et de travail. Malgré cette approche humaine, l'Algérie n'a pas manqué de faire l'objet d'une campagne tendancieuse et de commentaires malveillants destinés à jeter le discrédit sur le pays.
Cela n'a pas été pour influencer l'attitude de l'Algérie qui continue de partager les préoccupations des pays du continent africain en oeuvrant à la mobilisation accrue d'efforts et de ressources en vue de solutions véritables aux causes profondes de la migration irrégulière que sont les conflits politiques, le sous-développement et le chômage. C'est de là que la conférence qui s'est ouverte, hier, à Alger tire toute son importance.
Il s'agit, précisons-le, de la deuxième Conférence internationale des ONG africaines, membres du Conseil économique et social de l'ONU (Ecosoc).

L'Afrique donne sa réplique à l'Europe
La rencontre qui a été présidée par Cheikh Khaled Bentounès de l'Association internationale soufie Alawiya et à laquelle participent le président du Parlement africain de la société civile, des représentants de la société civile, ceux des ministères de l'Intérieur, des Affaires étrangères, ainsi que les présidents du Comité des affaires étrangères de l'Assemblée nationale et des parlementaires, se veut comme une réplique à l'Europe dont les vingt-huit membres sont inquiets et divisés par ledit dossier.
Ces derniers se sont réunis à plusieurs reprises, mais ne sont arrivés, en fin de compte, qu'à un accord en trompe-l'oeil qui prévoit la mise en place de «plateformes régionales de débarquement» -hors UE-, de «centres contrôlés» pour étudier au cas par cas les demandes d'asile et le renforcement de la garde aux frontières extérieures de l'Europe. Et à bien voir, l'Europe ne traite du problème migratoire que d'une manière superficielle visant à dissuader les traversées de la Méditerranée. Elle omet volontairement le fait que les pays de l'Afrique du Nord refusent d'abriter de tels centres d'accueil qui ne visent en réalité qu'à permettre à l'Europe de bénéficier d'une migration triée sur le volet. Pour l'Afrique, lutter contre la crise migratoire nécessite une toute autre démarche.

L'Algérie, terre d'accueil africaine
Et c'est à Alger que les pays du continent sont venus le rappeler. L'organisation de la Conférence internationale des ONG africaines à Alger, démontre, certainement, que l'Algérie est un acteur important au niveau international et régional, et surtout, un partenaire clé pour l'Union européenne dans le domaine migratoire. L'Algérie, faut-il le rappeler, a toujours plaidé en faveur d'une approche globale, intégrée, concertée et solidaire de la problématique migratoire. L'approche doit prendre en considération les aspects sécuritaires, les questions liées aux droits de l'homme des migrants et les causes profondes de la migration irrégulière. Autrement dit, le traitement du fléau de la migration ne peut être séparé du développement et de la nécessité donc d'investir dans des projets générateurs d'emplois dans les pays africains.
C'est dans cette optique que la conférence dont les travaux se sont ouverts hier, a posé la problématique en évoquant les nombreux défis auxquels fait face l'Afrique à savoir la pauvreté, le chômage, les inégalités sociales ou encore la fuite des élites et des capitaux. En prenant la parole à l'ouverture de la séance, l'initiateur de l'idée du «Vivre ensemble», décrétée par l'Onu comme Journée nationale mondiale, Khaled Bentounès a plaidé pour que les Africains trouvent «leurs propres solutions à leurs problèmes, dont celui de l'immigration, en investissant notamment dans l'humain et en privilégiant le partenariat entre les gouvernants et les sociétés civiles». Tout en relevant que les solutions du continent peuvent être trouvées «avec l'aide des autres», l'intervenant a recommandé aux Africains d'«investir dans l'humain», à travers l'éducation en premier lieu, et dans le développement socio-économique, considérant que seule la dimension humaine est en mesure de leur donner «la dignité». M.Bentounès a insisté également sur les ressources dont regorge l'Afrique, la qualifiant de «réservoir en main d'oeuvre». Un continent, a-t-il déploré, «si riche et si pauvre», car de tout temps «exploité» en raison du fait qu'il n'a pas «su trouver en lui les solutions à ses problèmes».
M.Bentounès regrette que «l'Afrique n'a pas su garder ses enfants», et plaidé pour des «solutions internes afin d'empêcher d'autres fuites de cerveaux à partir de ce continent». De son côté, le président du Comité d'organisation de cette rencontre, Sahel Ali, a qualifié celle-ci de «tribune pour la définition d'une stratégie commune, des rôles et des responsabilités communes» pour les ONG africaines face à ce qu'il qualifie de «drame de la jeunesse africaine». M. Sahel adopte la vision de l'Algérie sur cette question en parlant d'une «approche intégrée pour un développement socio-économique et une lutte contre la pauvreté ainsi que dans le cadre d'un partenariat public-privé». La qualifiant de «terre d'accueil africaine», l'intervenant a tenu à saluer la «constance» des positions de l'Algérie pour une «Afrique meilleure», faisant savoir que les recommandations devant découler de cette rencontre seront versées au prochain Sommet international sur l'«immigration, à l'initiative de l'ONU» et prévu en décembre prochain au Maroc. En unissant ses efforts, l'Afrique réussira-t-elle, loin des gesticulations superflus de l'Europe, à mettre fin à la crise migratoire?

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