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LES VICTIMES HARRAGA ENTERRÉES HIER

Profonde tristesse à El Kelaa et Dellys

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Traversée au bout de l'enferTraversée au bout de l'enfer

Alors que les corps retrouvés étaient acheminés vers les hôpitaux de Tigzirt et Azeffoun, des appels sont lancés à Iflissen pour des rassemblements à la place des villages.

Les opérations de recherches se poursuivaient encore hier dans l'après-midi à Tigzirt et à Azeffoun, dans l'espoir de retrouver d'autres rescapés du naufrage d'une embarcation de harraga, dans la nuit de lundi à mardi. Une grande tristesse imprégnait les villages du littoral de la wilaya de Tizi Ouzou. La consternation se lisait sur les visages des habitants de Dellys jusqu'à Azeffoun, en passant par Tigzirt et Iflissen. Les gens se regroupaient, discutaient pour s'informer et surtout s'organiser tôt dans la matinée pour partir à la recherche de rescapés. De la tristesse se mêlait à la colère, à travers les villages, qui compatissaient avec les familles des victimes identifiées.
La tristesse était facile à sentir du côté de ce village quoi qu'il fasse face à la mer, une mer qui a ravi son enfant parti derrière un rêve insensé. La foule était grande devant la maison familiale de Moumouh Meddour. On vient de partout pour présenter les condoléances à la famille. Au cimetière, les jeunes s'affairaient déjà à terminer de creuser la tombe. Certains allaient rejoindre ceux qui étaient déjà en mer à la recherche des survivants.
De l'autre côté de Mizrana, c'est la même ambiance funèbre qui régnait dans les villages d'Azrou Oughedou et de son versant maritime de Dellys. Parmi les morts, il y avait deux jeunes de cette contrée maritime. L'un d'eux, Samir Zaoui, serait le conducteur de la felouque. Alors que la famille enterrait son fils, une autre restait toujours sans nouvelles de son enfant, Smaïl Djouzi. On ne le signalait ni parmi les morts ni parmi les rescapés.
Les habitants des villages concernés par la présence de leurs enfants parmi les harraga partis, se sont joints aux opérations de recherches menées par les éléments de la Marine nationale. Avant-hier déjà, alors que les corps retrouvés étaient acheminés vers les hôpitaux de Tigzirt et d'Azeffoun, des appels sont lancés à Iflissen pour des rassemblements sur les places des villages. «Nous sommes déjà organisés. Il suffit d'un appel du comité de village et tout le monde se rassemble. Nous n'allons pas cesser les recherches avant de retrouver nos enfants», assure un villageois d'Agouni Moussi.
Rassemblement au petit matin. Les villageois s'apprêtent à prendre le large à la recherche d'un jeune, Cherif Medjba, 16 ans. Ses parents n'ont aucune nouvelle de lui. Il n'est ni parmi les morts ni parmi les rescapés. Ses parents gardent toujours espoir de le retrouver vivant. «C'est parce que l'espoir est encore permis que les villageois se rassemblent pour partir à sa recherche. Jusqu'à hier en fin de journée, des embarcations sillonnaient encore le large à la recherche d'éventuels survivants ou de corps pour au moins permettre aux parents de faire le deuil de leurs enfants. Aux environs de 15h, la nouvelle circule comme une traînée de poudre. Un groupe de chercheurs aurait retrouvé un corps. L'espoir est vite dissipé par des appels téléphoniques du groupe concerné. L'objet aperçu de loin n'était finalement qu'un tronc d'arbre flottant.Hier à Azeffoun et à Tigzirt, les gens n'hésitaient pas exprimer leur colère face à l'absence de communication. Le désarroi était grand dans les villages. Une foule immense s'est agglutinée aux ports de Tigzirt et d'Azeffoun pour avoir des nouvelles. «On n'attend pas des sauveteurs de nous donner des nouvelles. Nous ne sommes pas bêtes pour ne pas le constater. Mais à la mairie ou ailleurs, on peut organiser cela. Les familles sont dans une insupportable angoisse», fulmine, un homme, la soixantaine. «Ni à l'hôpital ni nulle part ailleurs, on ne peut rien savoir. C'est grave. On ne pense même pas à installer une cellule de crise pour s'occuper de la prise en charge des victimes vivantes ni de leur familles», ajoute un autre jeune.
Jusqu'à hier en fin de journée, aucune source n'avait le nombre exact de jeunes présents sur la felouque. «Personne ne nous dit rien. On ne sait pas combien de jeunes ont été secourus ni combien sont encore non retrouvés. Les gens souffrent de cette angoisse de ne pas connaître le sort de leurs enfants et souffrent de ce sentiment d'abandon. Ailleurs, des cellules de crise et des équipes de prise en charge psychologique sont disponibles dans ces cas-là. Ici, comme vous le voyez, nos enfants vont passer directement devant le tribunal», fulmine un parent en détresse et sans nouvelle de son enfant.
Tôt dans la matinée d'hier, une foule très nombreuse s'est rassemblée à Azeffoun, en guise de solidarité avec les familles en détresse.

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