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ADHÉSION À L'OMC, PRIX DES PRODUITS DE LARGE CONSOMMATION, BANANE...

L'oral de Saïd Djellab à l'APN

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le ministre du Commercele ministre du Commerce

La priorité nationale est de répondre à la demande nationale par des produits nationaux, ainsi que de soutenir les exportations.

«L'Algérie impose des droits de douanes pour protéger son produit national de la concurrence étrangère.» C'est ce qu'a déclaré le ministre du Commerce, Saïd Djellab, mardi dernier. Il a fait cette déclaration en réponse aux questions des membres de la commission des finances et du budget de l'APN. Les questions ont porté, entre autres, sur le retard enregistré dans l'adhésion de l'Algérie à l'OMC.
L'Algérie «soutient les exportations pour permettre au produit national d'accéder aux marchés étrangers», a-t-il ajouté, ce qui est contraire aux règles de l'organisation, qui «exige [...] la réduction des droits de douane [...] et la limitation du soutien aux exportations», s'est-il expliqué, en précisant que ce n'était pas des problèmes d'ordre bureaucratique qui retardaient l'adhésion.
Djellab s'est dit satisfait des mesures prises pour limiter les importations, passant de 58 milliards de dollars en 2015 à 45 milliards de dollars en 2018, soit une baisse de près d'un quart. Il a également exprimé la priorité nationale, qui consiste à répondre à la demande nationale par des produits nationaux, ainsi qu'à soutenir les exportations, d'où l'organisation de plusieurs expositions spécifiques de produits algériens. À titre d'exemple, les produits nationaux ont été exposés entre autres au Gabon, en Mauritanie et au Niger, et ce durant la seule année 2018, pour promouvoir le produit algérien sur les marchés étrangers. Le retard d'adhésion à l'OMC ne peut être que bénéfique pour l'Algérie, qui doit suffisamment s'armer avant de rentrer dans l'arène du commerce international.
Les choix économiques stratégiques algériens ne sont pas dénués de sens. Une certaine part de protectionnisme permettra à l'économie nationale de se renforcer et, aux entreprises locales de gagner en expérience et en confiance avant de pouvoir supporter la concurrence étrangère. Malgré ces mesures, les produits turcs et chinois restent compétitifs en Algérie.
Les mesures de soutien aux entreprises doivent se poursuivre, à condition qu'elles soient bien appliquées et ciblées.
Le ministre du Commerce s'était exprimé quant à la hausse des prix des produits de large consommation, notamment des fruits et légumes. Il a imputé cette hausse à l'absence de traçabilité et de facturation, et ce à tous les niveaux, ce qui permet la spéculation et rend difficile le contrôle des prix. Il a en outre exprimé la nécessité pour les fellahs d'établir des factures, afin de pouvoir déterminer les quantités disponibles des différents produits.
Le premier responsable du commerce a fait savoir que la stratégie de son secteur était la généralisation de marchés de gros et de proximité, ainsi que l'éradication des marchés parallèles. Il a également exprimé le souhait de faire afficher le prix d'achat aux vendeurs sur les marchés, mais cette mesure risque d'être difficile à appliquer. Il est déjà difficile de faire afficher le prix de vente. Il souhaite que le citoyen puisse exercer une pression quant aux marges bénéficiaires. Enfin, il a imputé la hausse des prix de la banane aux quotas d'importation et à son stockage de la part de certains commerçants dans le but d'avoir un monopole.
Djellab a estimé que la décision de son ministère d'autoriser à nouveau l'importation de ce fruit permettra de ramener son prix dans les alentours de 200 dinars. Il est persuadé que la baisse du prix de la banane entraînera la baisse du prix des autres fruits et légumes, considérant la banane comme un «organisateur» des prix. Ce n'est finalement pas la main étrangère, mais la banane étrangère qui représente une menace.

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