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DE L'ACCORD D'ALGER À LA DÉGRINGOLADE DE FIN 2018

Les infortunes d'un baril malmené

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Les cours de l'or noir risquent d'être plombésLes cours de l'or noir risquent d'être plombés

Tout semblait pourtant aller pour le mieux jusqu'à la reculade du président américain concernant les sanctions contre l'Iran, qui auraient dû priver le marché de plus de 3 millions de barils par jour.

C'est la douche écossaise. Les cours de l'or noir qui lorgnaient la barre des 90 dollars termineront en principe l'année juste au-dessus des 50 dollars. Un prix qui a servi à l'Algérie de référence pour confectionner sa loi de finances 2019 et qui vient d'être signée par le chef de l'Etat.
L'année 2018 s'annonçait pourtant sous les meilleurs auspices. Les pays producteurs Opep et non Opep ont maintenu la pression. Ils n'ont pas renoncé ou assoupli la baisse de leur production de près de 1,8 million de barils par jour décidée le 10 décembre 2016 à Vienne. Une décision qui a eu pour socle l'accord historique d'Alger qui a vu le jour le 28 septembre 2016 lors d'un sommet de l'Opep qui s'est tenu en marge du 15ème Forum international de l'Energie. Un événement que la presse internationale avait salué. Fruit de l'offensive diplomatique sans précédent, lancée par l'Algérie et initiée par le chef de l'Etat, Abdelaziz Bouteflika, pour sensibiliser les pays producteurs (Opep et non Opep) à la dégringolade des prix du pétrole.
Les cours de l'or noir qui évoluaient autour de 27 dollars à la mi-janvier 2016 ont bondi à plus de 85 dollars le 1er octobre 2018 avant de s'affaisser à nouveau pour se situer dans une fourchette comprise entre 50 et 55 dollars. Un écart où ils devraient terminer l'année. Tout semblait pourtant aller pour le mieux jusqu'à la reculade du président américain concernant les sanctions contre la République islamique d'Iran. Les Etats-Unis ont autorisé huit pays, la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud et l'Italie, la Turquie, la Grèce et Taïwan à continuer d'acheter temporairement du pétrole iranien malgré leurs gesticulations. Des sanctions étaient prévues, à partir du 4 novembre dernier contre tout pays qui continuerait à s'en approvisionner.
La volte-face du président américain n'a finalement pas privé le marché de la production qui s'élève à plus de 3,5 millions de barils par jour. Une décision de Donald Trump qui s'apparente à une manoeuvre. Elle a contribué à enfoncer le baril, puisque l'Arabie saoudite et la Russie se sont empressées d'augmenter leur production pour pallier les exportations iraniennes qui n'ont, en dernier ressort, pas subi les foudres américaines. La goutte qui a fait déborder le vase!
Le marché qui était déjà «abreuvé» par une production américaine record de plus de 11 millions de barils par jour, s'est retrouvé à nouveau en état de saturation. L'Arabie saoudite et la Russie, gros producteurs mondiaux et «figures de proue» de cette alliance Opep-non Opep inédite ont cru pouvoir pomper davantage, convaincus que les sanctions américaines contre Téhéran allaient priver le marché mondial de la production iranienne. Mal leur en a pris. Leur assouplissement par Washington, qui s'apparente à un coup fumeux du président américain, a contribué à faire plonger les prix qui se sont retrouvés à leur plus bas depuis plus d'une année. Il n'y a cependant pas que cette «erreur d'aiguillage» qui les a fait sombrer. Les cours de l'or noir risquent d'être plombés par une demande mondiale qui a été revue à la baisse, une production américaine et des stocks mondiaux qui atteignent des sommets. Autant de facteurs qui ont signé les infortunes du baril. Tout repose désormais sur l'accord de la baisse de la production de 1,2 million de barils par jour conclu le 8 décembre entre les pays producteurs de l'Opep et ses 11 alliés dont la Russie. Il sera actionné le 1er janvier 2019. Sera-t-il suffisant pour faire rebondir les prix?
Le ministre émirati de l'Energie Suhail al-Mazrouei, président en exercice de l'Opep est convaincu que cette limitation de la production devrait s'avérer suffisante pour stopper «la chute des prix». Dans le cas contraire l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires hors Opep n'excluent pas une nouvelle réduction de leur offre. Un nouveau tour de vis se profile...

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