SELON LES DERNIÈRES PROJECTIONS DE LA BANQUE MONDIALE

L'économie algérienne tient bon

Le siège de la Banque mondiale à Washington
Le siège de la Banque mondiale à Washington

Le choix du chef de l'Etat de ne pas recourir à l'endettement extérieur pour financer les déséquilibres budgétaires constitue de surcroît une option judicieuse pour limiter l'impact de la crise financière.

RAS. L'Algérie peut continuer son petit bout de chemin. Celui qui doit lui faire surmonter les dommages occasionnés par la chute vertigineuse des prix du pétrole sur sa trésorerie. Pas d'alerte rouge. Pas de faillite en vue comme l'attendent et le souhaitent ceux qui n'ont qu'une seule envie: voir la République mettre un genou à terre. Dire que tout va bien serait se voiler la face. Et pour ne pas être taxés de chauvinisme nous dirons que cela ne va pas trop mal vu la morosité actuelle de la conjoncture économique mondiale. Pour l'Algérie il est question de scruter l'état du marché pétrolier, l'évolution des cours de l'or noir qui constituent le baromètre de son économie étant donné que les exportations de pétrole constituent l'essentiel de ses revenus en devises tout comme elles participent grandement à sa stabilité économique et sociale.
Tous les pays fragilisés économiquement ont de fortes probabilités d'être déstabilisés. Il n'y a qu'à voir autour de nous la Libye et à un degré moindre le Mali ou la Tunisie. De ce côté-là la situation est magistralement maîtrisée par l'Armée nationale et tous les services de sécurité confondus. Et c'est attesté par une situation économique qui demeure confortable quoi qu'on en dise. Les projections économiques rendues publiques mardi dernier par la Banque mondiale ne la contredisent pas. Elle table sur un taux de croissance de 2,3% en 2019 contre 2% prévus dans son précédent rapport sur les perspectives économiques mondiales, publiées en juin dernier. Cette prévision actualisée pour 2019 «reste, cependant, légèrement en baisse comparée à celle de 2018, où le Produit intérieur brut de l'Algérie a enregistré une progression de 2,5%, selon l'estimation consolidée de la BM, contenue dans ce rapport», est-il indiqué dans une dépêche de l'APS. A l'origine de ce léger recul, figure la baisse progressive des dépenses publiques, explique l'institution de Bretton Woods. «L'Algérie devrait décélérer à 2,3% du fait de la diminution progressive des dépenses publiques, qui avaient connu une augmentation considérable l'année dernière», souligne la Banque mondiale dans la note consacrée aux perspectives économiques de la région Mena, accompagnant ce rapport. En parallèle, le Groupe de la Banque mondiale a ajusté à la hausse sa projection pour 2020, prévoyant une croissance de 1,8% en Algérie contre 1,3%, anticipé en juin, soit une hausse de 0,5 point. Ce taux sera également maintenu en 2021.Globalement, la croissance dans la région Mena se situera autour de 1,9% en 2019 contre 1,7% en 2018, selon les estimations de la Banque. Cette progression a été beaucoup plus le résultat de facteurs intérieurs tels que les réformes des politiques publiques, indique la même source.
En ce qui concerne l'Algérie le choix du chef de l'Etat de ne pas recourir à l'endettement extérieur pour financer les déséquilibres budgétaires constitue de surcroît une option judicieuse pour limiter l'impact de la crise financière. «Le niveau élevé de la dette extérieure libellée en devises...donne à penser que ceux-ci risqueraient de souffrir d'une forte appréciation du dollar des Etats-Unis», indique le Groupe de la Banque mondiale. Du coup, c'est l'option du gouvernement sur recommandation du président de la République de recourir au financement non conventionnel pour renflouer la Trésorerie du pays et assurer les équilibres budgétaires qui vient d'être confortée. Une réponse implacable à ses détracteurs.