Accueil |Nationale |

ALORS QUE BENGHEBRIT GARDE LES PORTES DU DIALOGUE OUVERTES

A qui profite la grève?

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
A qui profite la grève?

Lorsque la tutelle ouvre ses portes pour discuter d'une revendication, est-il préférable de s'asseoir autour d'une table et de négocier ou d'aller protester?

Nouria Benghebrit a repris ses réunions marathoniennes avec les syndicats de l'éducation qui ont à nouveau appelé à un débrayage pour le 21 janvier prochain. Quelles sont les revendications des six syndicats autonomes (le Satef,Cnapeste, Snapeste, Unpef, Cla et le Snte), regroupés sous la bannière de la Confédération des syndicats autonomes (CSA) et menaçant de dizaines de rassemblements au niveau national? Ces derniers ont soulevé une plate-forme de revendications portant sur des points pédagogiques comme le statut et les oeuvres sociales, mais pas seulement. Il est aussi question de la revalorisation du pouvoir d'achat de l'enseignant et de la retraite. Dès l'annonce de la protestation, la ministre de l'Education a affiché sa disponibilité à dialoguer. Elle s'est dit prête à discuter et à traiter de «tous les dossiers en suspens» soulevés par les syndicats et relevant de son secteur. Et ces dossiers «en suspens», la ministre les connaît bien. Elle en a fait part, sur les ondes de la Radio nationale, en indiquant que «les revendications des syndicats portent essentiellement sur le traitement des dysfonctionnements contenus dans le statut particulier, ainsi que sur le dossier des oeuvres sociales». Sur le premier point, elle commence par rappeler que le débat autour du statut particulier du personnel du secteur de l'éducation a atteint «sa phase finale» et qu'il ne faut surtout pas se précipiter dans le traitement des dysfonctionnements du statut particulier des travailleurs de l'éducation. Elle a assuré que cette revendication est prise en charge par «la commission chargée dudit statut qui travaille sans relâche, en coordination avec la direction générale de la Fonction publique pour l'application du décret promulgué en 2014». En ce qui concerne les oeuvres sociales, la ministre a fait savoir que «le retard accusé dans le traitement de ce dossier ne relève pas de la responsabilité du ministère», réaffirmant que le débat «demeure ouvert». «Il faut, néanmoins, revoir ce dossier», a-t-elle observé. Reste les questions liées au pouvoir d'achat et à la loi sur la retraite, des revendications qui «dépassent les prérogatives de la ministre». Nouria Benghebrit le fera savoir sans détour au partenaire social tout en promettant de transmettre ces requêtes au gouvernement. Mais cela n'agrée nullement les syndicats. Du moins ceux qui ont participé au premier round de négociations, à l'exemple de l'Unpef dont le président a annoncé le maintien de l'appel à la grève. Pour ce syndicaliste, la rencontre avec les cadres du ministère de l'Education «n'a abouti à aucun résultat». Il explique: «Nous n'avons reçu aucune réponse à nos revendications, à part que les dossiers qui ne relèvent pas du secteur de l'éducation, comme le pouvoir d'achat, seront transmis au gouvernement et que le volet lié aux problèmes pédagogiques sera discuté». A quelle autre réponse s'attendait le syndicaliste? Lorsque la tutelle ouvre ses portes pour discuter d'une revendication, est-il préférable de s'asseoir autour d'une table et de négocier ou d'aller protester? Si les syndicats optent pour le débrayage, cela ne voudra dire qu'une seule chose: l'objectif de la grève est loin d'être une revendication purement syndicale. La ministre qui n'a jamais fui ses responsabilités a formellement informé le partenaire social de la disponibilité du ministère «à examiner, minutieusement, les problèmes posés par les représentants des syndicats».
Une offre qui ne manquera sûrement pas de mettre à nu toute tentative de déstabilisation du secteur de l'éducation sous une couverture de revendications syndicales.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha