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PARE-BUFFLE ET BOULE D'ATTELAGE

Des armes à quatre roues...

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L'intégrité du châssis en cas de choc est remise en questionL'intégrité du châssis en cas de choc est remise en question

Ce n'est pas pour «mauvais goût» que l'on doit déclarer la guerre à ce tuning «Made in bladi», mais à cause des dégâts qu'engendre cette mode sur les vies humaines...

«Quand tu achètes une voiture, il faut investir dans de bonnes housses et...une boule d'attelage.» C'est le conseil «très égoïste» que nous a donné un vendeur d'accessoires automobiles. Car, les housses c'est pour protéger les sièges et la boule d'attelage c'est pour protéger la voiture et accessoirement détruire celle des autres...Comme vous avez dû le remarquer, les boules d'attelage sont en train d'envahir les véhicules tous types confondus. On pourrait croire que les Algériens sont de grands campeurs, avec de belles caravanes qu'ils traînent chaque week-end, mais non!
La plupart de ceux qui abordent fièrement cet accessoire automobile ne savent même pas à quoi il sert exactement. «C'est la mode», assure Sid-Ali qui en a placé une sur sa belle KIA Picanto blanche aux vitres bien teintées et aux autocollants qui veulent lui donner un aspect sport sans oublier les lumières blanches et bleues qui clignotent de toutes parts. «Elle n'est pas belle comme ça avec cette boule? Elle ne lui donne pas fière allure?», nous demande-t-il en avouant que cela était aussi une protection contre les mauvais conducteurs. Celui qui se définit comme slalomeur des autoroutes, assure avec une petite touche de misogynie, que cela le protégeait contre les femmes qui risquent de lui toucher son pare-chocs en stationnant. Mais aussi contre tout choc qui pourrait venir de l'arrière!
Prenez-en de la graine! Et quand on lui dit que le pare-chocs a été étudié pour absorber les chocs, diminuer au maximum son impact sur les passagers du véhicule et que cette boule peut altérer tout cela. Il répond sèchement «hadik aande lagwar» (ça c'est chez les Européens, Ndlr). Indigénat!

Un danger réciproque...
L'ignorance et l'égoïsme de Sidali et consorts peuvent s'avérer très dangereux selon les spécialistes. «Je passe le fait que beaucoup s'en servent comme module d'aide au stationnement en massacrant au passage les pare-chocs des autres, mais ce qui me gêne le plus est le fait de mettre en danger la vie des autres pour protéger sa voiture ou au pire pour des raisons esthétiques», dénonce Khaled, gérant d'un garage de «tunning» dans la capitale et qui se refuse de commercer ce genre de «choses», comme il les surnomme. «Ma conscience ne me le permet pas, je n'ai pas envie de fabriquer des armes à quatre roues», assure ce jeune homme. Surtout que, selon ses dires, les accessoires de ce type qui se vendent actuellement ne répondent à aucune norme. «C'est un bout de métal que l'on soude derrière sa voiture...», atteste-t-il. «Vous trouvez cela normal que ceux qui se vendent actuellement, importés de Chine, sont à 2000-3000 dinars alors que ceux d'origine coûtent dix fois plus, entre 20.000 et 30.000 dinars?», argumente-t-il. «On ne parle pas de 1000 ou 2000 dinars de différences là, et je vous assure que c'est une question de normes et non de marque comme tentent de le faire croire les vendeurs d'accessoires automobiles qui n'y connaissent rien», a-t-il poursuivi avec beaucoup d'indignation. «Que ce soit les boules d'attelage ou les pare-buffle, ils sont très dangereux mais quand ils ne sont pas aux normes il faut multiplier ce danger par 10», explique-t-il en soutenant que cela est valable pour celui qui a équipé sa voiture de ce type d'accessoire où celui avec qui il fait un accident que ce soit un piéton ou un autre véhicule. «Si c'est un piéton et on lui rentre dedans avec un pare-buffle ou une boule de remorque, je ne vous laisse même pas imaginer ce que cela peut lui faire. Tout comme le conducteur et les passagers d'un véhicule adverse. Cela fait un point rigide qui empêche les pare-chocs de faire leur travail...», explique notre ami qui insiste sur le fait que les pare-chocs, comme leur nom l'indique, sont conçus pour amortir les chocs... «Mais ce que beaucoup ne savent pas, c'est que ces équipements peuvent se retourner contre eux, notamment quand il s'agit d'imitation comme c'est le cas actuellement sur le marché algérien», affirme-t-il. Khaled justifie ses dires par des cas concrets qu'il a rencontrés. «J'ai vu des pare-buffle se casser pour se transformer en objets tranchants qui blessent leurs propriétaires. J'ai aussi vu des crochets de remorques détruire les châssis des véhicules entraînant de graves chocs aux conducteurs...», rapporte-t-il pour mettre en garde contre cet égoïsme qui peut se retourner contre son auteur...Ce que nous confirme Issam, expert -tôlier dans la région de Blida. «Contrairement aux pare-chocs, le châssis n'est pas conçu pour amortir les chocs», dit-il très en colère. «Le châssis n'est pas créé pour ça, dans la majorité des cas, un choc subi étant équipé de l'attelage, le plancher du coffre se plie autour des fixations, avec déformation du châssis, bonjour le passage au marbre», insiste-t-il.
L'intégrité du châssis en cas de choc est donc remise en question et surtout cela peut être la cause de dégâts considérables pour les autres automobilistes.

Ce que dit la loi
Du point de vue juridique cela peut-il avoir une conséquence? Mourad, avocat à la cour, assure qu'il existe un vide juridique sur la question. La loi n'interdit pas ce type de modifications sur les véhicules, fait savoir notre avocat. «Contrairement à la rumeur qui a circulé, il n'y a jamais eu d'article de loi qui interdit cela», a-t-il soutenu avant de faire savoir ce que stipule la loi. «Le Code de la route ne dispose d'aucune disposition sanctionnant cela, si ce n'est pas pour commettre un crime. L'alinéa du chapitre consacré aux infractions du 3e degré sanctionne la non- déclaration des transformations techniques réalisées sur un véhicule. Ces modifications concernent le changement d'énergie, c'est-à-dire le fait d'installer un moteur diesel à la place d'un moteur essence», a-t-il poursuivi. «Il n'y a donc aucune loi qui interdit ces équipements», regrette-t-il. Néanmoins, il rapporte qu'il a assisté à certaines affaires où il y avait eu des dégâts corporels, les magistrats ont pris en considération ces équipements dans la sentence. «C'est selon l'appréciation du juge, mais certains ont pris ces équipements comme étant des circonstances aggravantes», atteste-t-il en plaisantant sur le fait que ces juges avaient été peut-être victimes de cette mode. Mourad plaide pour l'interdiction de ce type d'équipement; ou au moins l'obligation de descendre la boule d'attelage si on ne remorque rien. «Il s'agit là de l'intégrité physique des citoyens», réplique-t-il en rappelant que les Marocains avaient, en début d'année, sauté le pas. «Chez eux aussi il y avait un vide juridique par rapport à mode qui a pris de l'ampleur et engendré énormément de dégâts. Leur ministère des Transports a comblé ce vide avec un arrêté qui les interdit», donne-t-il comme exemple non sans rappeler que les Occidentaux avaient aussi réglementé cela. Ce n'est pas pour «mauvais goût» que l'on doit déclarer la guerre à ce tuning «Made in bladi», mais à cause des dégâts qu'engendre cette mode sur les vies humaines...

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