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LE GROUPE OUVRE SES PORTES AUX JEUNES DE OUARGLA

La main tendue de Sonatrach

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La main tendue de Sonatrach

Nid d'une contestation légitime de jeunes chômeurs depuis plusieurs années déjà, Ouargla concentre tout le ressentiment des citoyens du Sud à l'égard des autorités centrales.

C'est un geste d'une grande portée sociale. Le groupe Sonatrach a tendu la main aux jeunes de Ouargla pour peu qu'ils soient titulaires d'un diplôme du centre de formation relevant de Sonatrach au niveau de cette wilaya.
L'annonce a été faite, hier par le président-directeur général (P-DG), Abdelmoumen Ould-Kaddour. «La décision a été prise pour le recrutement direct des stagiaires promus du centre de formation relevant du groupe Sonatrach de Ouargla, en plus du recrutement des anciens stagiaires de cet établissement, actuellement sans emplois», a-t-il déclaré en marge de l'inspection du centre de formation, soulignant que «l'Algérie a besoin de ce type de formation spécialisée de main-d'oeuvre qualifié». «Pourquoi ramener des Chinois ou des Philippins pour faire la soudure des pipelines? Vous croyez que les Algériens ne peuvent pas le faire? Il faut qu'on ait des spécialités et développer notre savoir-faire», a-t-il insisté. La compagnie nationale Sonatrach, en partenariat avec la direction de la formation et de l'enseignement professionnels de la wilaya de Ouargla, a lancé hier, la première promotion de formation en soudage de pipelines pour les jeunes de la région. Cette cérémonie s'est déroulée à Ouargla en présence notamment du P-DG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, et du wali de Ouargla, Abdelkader Djellaoui. Cette formation entre dans le cadre d'un partenariat entre le groupe Sonatrach et la direction de la formation et de l'enseignement professionnels de la wilaya de Ouargla.
Elle se veut une mise en application de l'instruction du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, «qui accorde un vif intérêt au perfectionnement de la main -d'oeuvre locale dans les wilayas du Sud à travers l'activation des programmes de formation», explique-t-on. Ainsi, le groupe Sonatrach a mis à la disposition, une infrastructure pédagogique équipée des moyens adéquats pour le bon déroulement de ce programme de formation au profit de 43 stagiaires, pour une durée de six mois. Ce centre de formation est rattaché à l'Institut algérien du pétrole (IAP), outil de formation du groupe Sonatrach, et ce, pour assurer le bon déroulement et le suivi pédagogique du programme de formation qui est assuré par les cadres de la compagnie nationale des hydrocarbures.
Mais dans ce cas précis il ne s'agit pas seulement de main-d'oeuvre spécialisée, ce que Ould Kaddour, en responsable très averti, n'ignore pas. Nid d'une contestation légitime de jeunes chômeurs depuis plusieurs années déjà, Ouargla concentre tout le ressentiment des citoyens du Sud à l'égard des autorités centrales. Combien de fois a-t-on évité de graves dérapages? Combien d'organismes étrangers, de spécialistes et d'analystes souvent autoproclamés, ont enterré l'Algérie sous des pelletées de sable sudiste? A ces analyses en flagrant délire, s'est greffée, depuis une année, la récupération islamiste. Surfant sur la ferveur religieuse des populations et sur le sentiment d'injustice, les islamistes ont trouvé un terreau favorable pour une démonstration politique. C'est ainsi dailleurs qu'a été annulé l'été dernier, un gala de musique raï à Ouargla. Une dérive qui réveille les démons de l'intégrisme de la fin des années 1980 quand des galas artistiques de stars internationales étaient annulés au niveau même de la capitale. Rappelons-nous de l'épisode de 1989 quand le gala de Linda de Suza a été tout simplement empêché par les islamistes à Alger? Plus d'écoute et plus d'attention des pouvoirs publics envers les populations du Sud, ne seront que bienvenu et bénéfique. Il s'agit de couper l'herbe sous les pieds des islamistes. C'est sous cet angle qu'il convient d'appréhender cette décision de Sonatrach de tendre la main aux jeunes de Ouargla. Et c'est tant mieux si les pouvoir publics ont évolué en abandonnant la matraque. Car l'Algérie ne peut plus, et n'a plus le droit, de se suffire des solutions de replâtrage. Elle devrait remédier aux insuffisances de la gouvernance et associer ces populations à la prise de décision. L'Algérie devait le faire maintenant sans attendre, tant que les difficultés sont encore maîtrisables.

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