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ILS S'ACHARNENT CONTRE LA LANGUE ET LA CULTURE AMAZIGHES

Furia d'un quarteron

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Bouabdellah Ghlamallah--Abdelkader Hadjar--Abderazak Guessoum--Naima SalhiBouabdellah Ghlamallah--Abdelkader Hadjar--Abderazak Guessoum--Naima Salhi

Représentant, voire un commis de l'Etat, Ghlamallah a osé qualifier les partisans de la transcription de tamazight en latin, de «soumis» et «aiment à être dominés par le colonisateur et le dominateur». En fait, a-t-on entendu un mot de lui dénonçant le terrorisme islamiste?

L'ex-ministre des Affaires religieuses et président du Haut Conseil islamique, Bouabdellah Ghlamallah, s'est distingué avant-hier, par une déclaration «fracassante» s'inscrivant dans la même «lignée» de ceux et celles qui ont fait de tamazight et de l'identité leur terreau de prédilection pour déverser leur haine et leurs miasmes les plus nauséabonds. Après avoir décrété la fête de Yennayer «haram» et Massinissa de «chien des Romains» et autres tutti quanti, voilà que Ghlamallah
«invente la roue. Il fait sien le combat de ceux et celles qui se déchaînent contre tamazight et sa transcription en faisant d'elle un piédestal dans la perspective de retrouver les délices du pouvoir.
La sortie de Bouabdellah Ghlamallah frise tout entendement dans la mesure où sa mission à lui est quasiment à l'opposé de celui qui a trait à tamazight et sa transcription, voire son enseignement même. Quelle mouche a piqué Ghlamallah pour se permettre cette intrusion malhabile? S'agit-il d'une sortie qui s'inscrit dans une espèce de machination savamment orchestrée par les défaitistes politicards et rentiers de la politique qui ont fait de tamazight un instrument de leur recyclage?
Cet ancien ministre des Affaires religieuses et qui assure la présidence du Haut Conseil islamique affilié à la présidence de la République n'a pas trouvé de thèmes et de sujets brûlants pour s'atteler à la tâche en sa qualité de président d'une institution où pullulent des dossiers qui sont en stand-by avec le regain de la déferlante salafiste et islamiste tous azimuts.
Le zélé «darkaoui» s'est permis de s'ingérer dans des affaires qui ne concernent ni de près ni de loin sa mission actuelle. Il a fourré son nez dans un domaine linguistique cher aux académiciens et érudits des phonèmes et des structures sémiotiques de la langue et sa transcription et connexes. Représentant, voire un commis de l'Etat, Ghlamallah a osé qualifier les partisans de la transcription de tamazight en latin de «soumis» et «aiment à être dominés par le colonisateur et le dominateur» (sic).
Cette énième attaque à l'encontre de la langue amazighe et contre ceux qui jugent que sa transcription soit transmise en latin relève de propos irresponsables et du manque de respect à l'égard des autres. C'est une attitude maladroite comme celle de la néophyte Naïma Salhi, le frénétique Al-Abidine Ben Hanafia et l'ambassadeur Hadjar. Ghlamallah semble ne pas mesurer la portée de son geste et sa sortie abracadabrante, d'autant plus que celle-ci qui s'est déroulée à Tizi Ouzou n'a pas pris en considération le contexte et l'environnement qui règnent dans la région de la Kabylie après moult attaques et ciblages par des propos qui frisent le racisme, le déni et le négationnisme.
On aurait compris la litote de Ghlamallah qui a trait à la soumission si ce dernier aurait eu un petit courage pour dénoncer la déferlante salafiste en général et le wahhabisme en particulier qui exhibe ostentatoirement son discours et ses menaces en plein jour contre tous les Algériens qui s'attachent aux coutumes et cultes de leurs ancêtres. Pourtant, Ghlamallah est bien placé pour peaufiner un avant-projet dans ce sens pour alerter les pouvoirs publics du danger du salafisme et son discours ravageur qui sème la discorde au sein de la société. Ghlamallah aurait gagné de l'estime de beaucoup de ses compatriotes s'il avait actionné une démarche pareille au service de la République en se comportant de la sorte, c'est-à-dire en bon commis de l'Etat et en bon patriote. Mais le «darkaoui» n'a pas ce courage, il montre sa «hardiesse» factice là où il ne faut pas. Ghlamallah fait dans les batailles perdues ou des victoires à la Pyrrhus. Le Haut Conseil islamique a du pain sur la planche, le problème des fetwas à lui seul est un chantier interminable, le problème des wakfs est aussi sérieux et important comme c'est le cas aussi pour le fonds de la zakat et le grand scandale en la matière. Quant à la transcription de la langue amazighe, cela est l'affaire des spécialistes en linguistique, surtout que cette langue nationale et officielle vient d'être renforcée par un mécanisme dans la perspective de sa promotion et de son développement pédagogique, linguistique et culturelle comme cela est mentionné par la Loi fondamentale. L'académie a été créée pour cet objectif, à savoir faire le travail de recherche poussée pour décider de la transcription idoine qui va permettre à cette langue d'être en phase avec les exigences de l'heure et les défis du monde moderne. Occupez-vous de votre mission qui est aussi importante et noble, Ghlamallah et laissez les académiciens faire leur travail qui ne sent pas la récupération et l'instrumentalisation politicienne de la langue!

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