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Islamistes en flagrant délire

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Le nuage de poussière soulevé par deux mois d'agitation, de spéculations et de chocs d'initiatives commence à se dissiper et la visibilité sur l'arène politique s'éclaircit mieux.

La convocation du corps électoral avant-hier, par le président Bouteflika, a permis non seulement de donner un coup d'arrêt à toutes ces spéculations, mais d'en comprendre certaines motivations. A l'apogée des spéculations sur le sort de l'élection présidentielle alors que l'Assemblée venait de renvoyer son président Saïd Bouhedja et toutes les structures du FLN gelées, voilà qu'un tandem islamiste s'invite à la scène pour rajouter une couche à un flou politique déjà suffisamment épais. Avec une incroyable inconscience politique, le président du TAJ, Amar Ghoul, jette un pavé dans la mare. Il propose une conférence nationale regroupant toutes les forces vives du pays et dont la mission serait «de parvenir à un consensus national sur les questions et défis nationaux et internationaux qui intéressent l'Algérie».
Il affirme clairement que la tenue de la présidentielle dans ses délais impartis n'est pas une priorité laissant entendre donc une prolongation. En suggérant ainsi de passer outre la Loi fondamentale, Ghoul venait tout simplement d'appeler à un coup d'Etat constitutionnel. Saisissant au vol cette opportunité, qui de plus, venant d'un membre de l'Alliance présidentielle, le chef du MSP, Abderrezak Makri, a fait étalage d'une soudaine mansuétude envers le pouvoir.
Il s'est dit accepter l'appel formulé par Ghoul pour une «conférence nationale» dont le principal objectif serait de cautionner «une prolongation» de l'actuel mandat du président de la République. Voilà donc deux islamistes en flagrant délire.
Le président Bouteflika qui au tout début de son élection en 1999, a tracé une ligne rouge affirmant qu'il ne veut pas être le trois quarts d'un président, va accepter 20 ans plus tard que sa présence à la tête de la République soit le fait de deux islamistes qui vont prolonger son mandat! Cela relèverait de l'invraisemblable.
Mais si Ghoul s'est fait griller les ailes, en revanche, Makri espère toujours tirer profit de cette démarche. Avec les polémiques qu'il crée, les contradictions qu'il soulève et les idées qu'il agite, Abderrezak Makri occupe royalement une scène politique amorphe. Cela lui donne de la visibilité au plan politique.
A-t-il derrière lui une équipe de Spine doctors chargée de fabriquer en lui un président? Makri y croit pour la simple raison qu'il est convaincu de pouvoir fédérer la mouvance islamiste algérienne éparpillée.
A bien le scruter, l'on constate que le système Makri est ficelé avec beaucoup d'adresse. Donner l'impression d'un farouche et intraitable opposant pour capter la mouvance islamiste et le mécontentement social qu'il faut nourrir au besoin. Se rapprocher des arcanes du pouvoir pour se faire accepter comme force de proposition. Et enfin, assumer publiquement son affinité avec les Frères musulmans téléguidés par Ankara et assistés avec opulence par le Qatar. Pour asseoir son hégémonisme idéologique, Erdogan caresse le rêve de rééditer l'expérience de l'AKP en Algérie et pour conter le wahhabisme saoudien, le Qatar n'hésiterait pas à soutenir, avec opulence, le MSP.

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