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PRÉSIDENTIELLE 2019 : MOINS DE 24 HEURES APRÈS LA CONVOCATION DU CORPS ÉLECTORAL

Un ex-général et un islamiste affûtent leurs armes

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Le compte à rebours a commencéLe compte à rebours a commencé

Le président du MSP, Abderrezak Makri et le général-major à la retraite Ali Ghediri, semblent avoir bien préparé leur entrée en scène. Ils ont occupé le plateau médiatique durant la période des incertitudes et ont fait braquer les objectifs des caméras sur leur personne.

La période qui a précédé l'appel du corps électoral pour la présidentielle de 2019 où chacun tirait ses plans sur la comète, est révolue. Les propositions de TAJ et du MSP étant balayées d'un revers de main, place est faite aux incertitudes du lendemain. Qui se portera candidat à la magistrature suprême? Déjà et à peine vingt-quatre heures après la convocation du corps électoral, deux premières personnalités sortent du «bois», en affichant leur intention de se présenter à la prochaine présidentielle. Il s'agit d'un islamiste et d'un général à la retraite, à savoir le président du MSP, Abderrezak Makri et Ali Ghediri. Les deux hommes semblent avoir bien préparé leur entrée en scène. Ils ont occupé le plateau médiatique durant la période des incertitudes et ont fait braquer les objectifs des caméras sur leur personne. Une méthode bien sournoise pour démarrer une campagne électorale avant l'heure. Aujourd'hui, on comprend donc mieux les raisons de la sortie de Abderrezak Makri et sa décision de faire le tour des popotes pour tenter de «vendre» son initiative. Le président du MSP et pour se donner plus d'aura avait appelé l'institution militaire à se mêler des questions politiques avant de recevoir une mise en garde du général de corps d'armée, Ahmed Gaïd Salah. Pensant incarner le courant islamiste des Frères musulmans, Makri est convaincu d'avoir le puissant soutien de Qatar et d'Ankara. Un soutien qui lui vaudra de disposer, sans doute, de tous les moyens financiers et médiatiques pour mener à bien sa campagne électorale. Il pense même pouvoir représenter ce leader, tant recherché par l'électorat islamiste, actuellement, disparate et désorganisé. Mais Makri n'est pas seul sur la scène politique. Un deuxième candidat aussi impatient que l'islamiste n'a pas attendu pour faire son annonce. Il s'agit du général à la retraite, sorti de l'anonymat il y a à peine deux mois, Ali Ghediri. Dans sa déclaration de candidature à l'élection présidentielle du 18 avril prochain, le général-major à la retraite, révélé au grand-jour après la publication, sur le quotidien El Watan, de quelques articles et une interview dans laquelle il lançait un appel à l'armée pour intervenir dans le champ politique, affirme «relever le défi en me portant candidat à l'élection présidentielle d'avril 2019 Un défi qui s'articule autour d'un objectif: la rupture sans reniement». L'homme était inconnu du grand public et il a choisi de briser la carapace de l'anonymat en s'adressant au général de corps d'armée. Une sortie, rappelons-le, qui avait suscité une vive réaction de l'état-major qui l'avait cloué au pilori. En affirmant qu'Ali Ghediri s'essaye à la politique «avec comme seul attribut l'esprit revanchard», le MDN va non seulement dévoiler l'objectif de l'homme, à savoir «assouvir des ambitions personnelles démesurées» qu'il n'a pu réaliser «à l'intérieur de l'institution», mais aussi le discréditer en affirmant qu'«en agissant ainsi, ces individus, aigris et sans envergure, qui ne lésinent pas sur l'emploi des moyens les plus déloyaux, visent sans succès à influencer l'opinion publique et de s'affubler de la crédibilité qui leur fait énormément défaut». Et pour mieux enfoncer le clou, l'état-major ajoute que ces gens-là (les généraux bavards, Ndlr) «perdant le sens de la mesure, ces individus s'accordent une vocation et une dimension qui ne sont pas les leurs». Ainsi donc, il va sans dire que Ali Ghediri ne peut arguer demain de représenter une tendance au sein de l'armée après ce sévère réquisitoire. Ni une tendance au sein de l'opposition pour laquelle il est un illustre inconnu et autant pour la majorité des citoyens qui ne connaît de lui que l'épisode d'une «prise de bec» avec l'ANP. D'autres personnalités sont également attendues pour prendre place dans la course à la présidentielle à l'exemple de l'ex-chef de gouvernement Ali Benflis qui n'a cessé d'appeler au respect de l'échéance de l'élection présidentielle. Le président de Talaie El Houriat qui s'était présenté contre le président sortant en 2014, n'avait obtenu que 12,18% des voix. Echaudé, Benflis a déclaré qu'il ne se présentera pas à nouveau contre le chef de l'Etat si ce dernier venait à annoncer sa décision de briguer un nouveau mandat. Le président Bouteflika n'a pas encore annoncé son intention de se présenter ou pas. Il a cependant démontré sa volonté de tenir des élections propres et honnêtes en refusant de s'inscrire dans les manigances des uns et des autres et en offrant aux Algériens leur droit de choisir librement leur président.

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