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PARTICIPATION OU PAS DE BOUTEFLIKA À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

Les appréhensions des uns et les espoirs des autres

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Le chef de l'EtatLe chef de l'Etat

Si l'enjeu de l'élection tient dans la participation ou pas de Bouteflika au prochain scrutin, celui-ci a d'ores et déjà perdu sa nature démocratique. En fait, tous les candidats de l'opposition ne combattent pas dans la même catégorie que le chef de l'Etat.

Bouteflika bénéficie d'une solide popularité au sein de larges couches de la société. Cela est un fait indéniable. Les opposants peuvent monter toutes les opérations d'enfumage qu'ils veulent, ils savent qu'aucun candidat ne peut faire le poids face à lui. Cette conviction que partage l'ensemble des acteurs politiques du pays, quelle que soit leur obédience, est présentée par certains comme un frein à la pratique démocratique, comme si la démocratie ne pouvait s'exercer avec un homme qui a su convaincre la grande majorité des électeurs et présente un bilan positif de quatre mandatures. L'argument «démocratique» pour faire passer la pilule d'une présidentielle sans l'actuel premier magistrat du pays n'est tellement pas convaincante que les opposants en sont à sortir la carte du chantage pour obtenir ce qu'ils veulent, à savoir une élection entre eux, en dehors de toute logique politique, quitte pour ce faire, à ne pas tenir compte de l'avis de plusieurs millions d'Algériens. Lesquels, quoi qu'en disent les détracteurs du chef de l'Etat, sont en droit de manifester leur soutien au candidat de leur choix. Le problème pour les contradicteurs de Bouteflika, est justement la popularité dont il jouit dans l'Algérie profonde. Son bilan, tant au plan politique, qu'économique et social, plaide très largement en sa faveur. Les Algériens sont passés d'une situation d'insécurité permanente, d'un chômage de masse, de désinvestissements publics, à un état de prospérité à tous point de vue. Il est peut-être difficile à faire admettre un tel état de fait à des personnalités de l'opposition qui voudraient démontrer leur capacité à faire mieux que le président de la République, mais les nombreuses réalisations concrétisées ces 20 dernières années plaident en sa faveur et le créditent d'une avance très confortable par rapport à ses adversaires politiques. La grande question qui taraude tous les Algériens, celle de savoir, si Bouteflika se présentera ou pas à sa propre succession est donc différemment posée, selon que l'on soit dans le camp de l'opposition, donc pressé d'exercer le pouvoir, ou un simple citoyen qui attend de ses dirigeants une prise en charge sérieuse de ses préoccupations de tous les jours. Il faut dire que le travail accompli par le chef de l'Etat et surtout la phase critique que traverse l'économie du pays, recommandent une continuation de la mission présidentielle qui, à ce jour, a largement démontré son efficacité. L'électeur moyen peut légitimement craindre un changement radical dans la gestion des affaires du pays, avec un tournant antisocial auquel ne cessent d'appeler le FMI et la Banque mondiale, soutenus par une flopée d'«experts» et de candidats potentiels. Cette appréhension, qui n'est pas du tout nourrie par un quelconque discours officiel, est réelle et beaucoup d'Algériens voudraient peut-être ne rien changer à l'actuelle gouvernance, jusqu'en 2022. Ceux-là et ceux en attente d'un logement, appréhendent avec une certaine angoisse la décision du chef de l'Etat par rapport à la prochaine présidentielle.A contrario, ceux qui militent pour un changement radical, vivent dans l'espoir d'un désistement du premier magistrat du pays pour assister à une élection ouverte, avec une multitude de candidats. Car, ils savent pertinemment que personne n'est en mesure de battre le président de la République dans les urnes. Le problème de cette option tient à l'absence de garantie d'une gouvernance à même de faire face aux défis économiques et sociaux. Cela pour dire que si l'enjeu de l'élection tient dans la participation ou pas de Bouteflika au prochain scrutin, celui-ci a d'ores et déjà perdu sa nature démocratique. En fait, tous les candidats de l'opposition ne combattent pas dans la même catégorie que le chef de l'Etat.

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