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PESTE DES PETITS RUMINANTS

Ce vaccin qui tarde...

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Ce vaccin qui tarde...

Les éleveurs sont inquiets: le vaccin tarde à arriver alors que la maladie se propage de façon vertigineuse. Le ministre, lui, gère la crise avec des... promesses.

Des centaines de moutons décimés, des agriculteurs inquiets! C'est la terrible image qui règne depuis le mois d'octobre sur les Hauts-Plateaux à cause d'une fièvre mystérieuse! Même si depuis, l'on a donné un nom à cette maladie foudroyante qui a emporté des milliers de têtes d'ovins, il n'en demeure pas moins que le vaccin n'est toujours pas là! Cela malgré les promesses insistantes du ministre en charge du secteur. Depuis le début de l'épidémie de la fièvre des petits ruminants, Abdelkader Bouazghi se noie dans des promesses sans lendemains! En début d'année, il annonçait l'accélération de l'acquisition de ces vaccins. «Il devrait être disponible dans les prochains jours», avait-il soutenu le 3 janvier dernier. Les «quelques jours» n'étant pas arrivés, le ministre tente une nouvelle fois de calmer les esprits en annonçant ce vaccin avant la fin du mois en cours. C'est-à-dire avant aujourd'hui! 21 millions de doses étaient promises. Pour le moment, on n'en a même pas une... Entre-temps, il avait essayé de jouer avec les mots en mélangeant entre la fièvre des petits ruminants et la fièvre aphteuse, dont les vaccins sont disponibles depuis longtemps. Cela ne lui a fait que gagner un peu de temps pendant que notre cheptel ovin se consume petit à petit. Les éleveurs qui ont fait confiance à ce commis de l'État montent au créneau pour dénoncer ce retard dans l'approvisionnement en vaccin qui laisse craindre le pire! «Cette maladie continue de progresser et la situation ne cesse d'empirer cher les éleveurs, emportant des dizaines de têtes de bétail depuis deux mois», a dénoncé le porte-parole de la Fédération des éleveurs d'ovins, Bouzid Salmi. Leurs inquiétudes sont des plus justifiées puisque cette maladie qui a fait pour la première fois son apparition en Algérie est en train de faire des ravages. Au moins 4 000 cas de peste des petits ruminants ont été déclarés à travers 19 wilayas du pays. La maladie continue de sévir à El Tarf, Guelma, Mila, Tizi-Ouzou, Tébessa, Djelfa, Laghouat, Khenchela, El Bayadh, Mostaganem, Oran, Tiaret et à Naâma. Notre cheptel est véritablement en danger! Les pertes sont des plus considérables. Où est donc ce vaccin? Un pays comme l'Algérie n'a-t-il pas les moyens de s'offrir ce type de médicaments vétérinaires? Il semblerait que ce soit un problème de gestion. Le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche continue à se fendre de la politique de l'autruche. Il refuse d'admettre ce danger, gérant cette affaire comme une importation de pomme de terre ou autre produit agricole avec des appels d'offres bien «noyés» dans la bureaucratie. D'ailleurs, selon des sources au fait du dossier, ce sont les lourdeurs dans les appels d'offres qui justifient ces retards qui ont trop duré. De la véritable inconscience pour traiter un dossier aussi important. On a tenté «d'étouffer» l'affaire en concentrant l'attention des médias sur d'autres problèmes sectoriels, de moindre importance. En attendant, la maladie se propage à une vitesse des plus vertigineuses. Pourquoi le ministère traite cette affaire avec autant de légèreté? Ce vaccin va-t-il enfin arriver? Nous avons tenté, hier, de joindre à plusieurs reprises les services de ce département ministériel pour avoir des explications. En vain! Ils sont portés disparus comme les fameux...vaccins!

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