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LE CANCER «EXPLOSE»

Les ravages d'une maladie fatale

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Les ravages d'une maladie fatale

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. 50.000 nouveaux cas sont enregistrés, le taux le plus élevé est celui du cancer du sein, du colon, du rectum, du poumon et de la prostate.

Les spécialistes tirent la sonnette d'alarme. Ils indiquent que le cancer pourrait connaître une progression plus constante dans les prochaines années. Les chiffres avancés sont glaçants. Des milliers de nouveaux cas sont enregistrés annuellement, sachant que cette maladie silencieuse, vient en 2e position dans la morbidité générale. Pour le professeur Messaoud Zitouni, chargé du suivi et de l'évaluation du Plan national de lutte contre le cancer, ce plan a été réalisé à hauteur de 70%. Il précise, qu'une véritable évaluation de ce programme ne peut se faire qu'après parachèvement de toutes les étapes et expiration du délai restant qui s'étalera jusqu'à fin 2019 ou début 2020. La situation est dramatique. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Ce plan, comprend huit principaux axes, il met en exergue quatre types de cancer qui représentent, à eux seuls, 50% du nombre global des types les plus répandus en Algérie. 50 000 nouveaux cas de cancer sont enregistrés, le taux le plus élevé est celui du cancer du sein, du colon, du rectum, du poumon et de la prostate. Les causes de la hausse des tumeurs cancéreuses, d'une année à l'autre, sont dues au changement du mode d'alimentation, d'où le taux élevé de cancers du côlon et du rectum après 40 ans, et qui se classe en deuxième position après le cancer du sein chez la femme et avant le cancer du poumon chez l'homme. Il est important de savoir que ces types figurent parmi ceux du cancer qui peuvent être réduits à travers la prévention de base, le dépistage précoce et une alimentation saine. Selon le professeur Zitouni, entre 13.000 et 14.000 nouveaux cas de cancer du sein ont été enregistrés. Malheureusement, le cancer du sein, est classé en tête, atteint la femme âgée de 40 ans et plus, dont 80% à 90% consultent à un stade avancé, contrairement aux pays développés où la maladie apparaît à l'âge de 50 ans et plus. Le même chercheur a mis l'accent sur l'impératif de la prise de nouvelles mesures organisationnelles pour relancer le système de santé, appelant, en outre à l'organisation de campagnes de diagnostic précoce du cancer, et ce sur des bases scientifiques fructueuses. Concernant le suivi du malade, le professeur Zitouni a mis en avant le progrès enregistré en matière de chimiothérapie, indiquant qu'une centaine de services assurent le traitement par chimiothérapie à travers le territoire national. Dans ce même cadre, il a appelé à mobiliser les professionnels de la santé pour un bon suivi et une coordination à même d'assurer le contrôle de ce traitement coûteux, allant de son importation auprès des laboratoires étrangers jusqu'à son administration au malade. Concernant la radiothérapie qui connaît un véritable déficit en termes de rendez-vous, le même professeur a indiqué que ce problème sera probablement réglé. Pour lui, la réception et l'équipement de tous les centres anticancer (CAC), viendront atténuer ce problème de rendez-vous. «Neuf centres relevant du secteur privé, dont deux se trouvant au niveau d'Alger, un centre à Tizi Ouzou, à Oran, Blida et Constantine, sont dotés des meilleures techniques internationales et des compétences nationales», souligne-t-il. A ce propos, il a estimé, la nécessité de revoir les tarifs des soins pratiqués dans le secteur privé, qui ne sont pas abordables pour le patient, et ce à travers l'application du système de contractualisation et la mise à jour de la nomenclature des métiers médicaux. Pour ce qui est de l'enveloppe financière mobilisée par le Fonds national du cancer, estimées à 30 milliards DA, M.Zitouni a fait état de l'exploitation d'un taux faible de 3% seulement, imputant ce taux à la loi de finances qui n'avait pas abordé le volet relatif à la gestion de ces fonds d'une part, et au manque de compétences auxquelles a été assignée cette mission d'autre part. De son côté, la directrice régionale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Matshidiso Rebecca Moeti, a appelé les gouvernements africains à s'engager en faveur de l'instauration d'une couverture sanitaire universelle, afin de lutter contre le cancer, mettant en garde contre un doublement de la morbidité cancéreuse en Afrique à l'horizon 2040 si les tendances actuelles persistaient. Pour rappel, plusieurs campagnes de dépistage précoce du cancer du sein, ont été lancées par le ministère de la Santé dans le cadre de ce plan, dans sept wilayas pilotes: Biskra, Laghouat, Tipasa, Constantine, Jijel, Boumerdès, Tlemcen et autres concernant le cancer du colon et du rectum dans trois wilayas pilotes: Annaba, Batna et Béjaïa.

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