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Seule parmi les fous

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Faut-il lever le drapeau blanc et leur livrer, sans honneurs ni gloire, l'école, cette dernière forteresse de la modernité?

Ils ne lésinent pas sur les moyens et leur stratégie est diabolique. Ils font tout pour placer la ministre de l'Education dans une posture de défense, de réaction. Il n'est pas question de la laisser agir pour mener à bien sa réforme. Ils ont débordé le cadre du débat pour s'installer carrément dans le harcèlement continu, plaçant de ce fait Benghebrit dans un état de guerre permanent. Ils la noient, ils l'occupent comme ce voyageur distrait engagé dans les vastes chotts: plus il tente de s'en sortir, plus il s'enlise. Pour déstabiliser cette Dame de caractère, ils ont l'imagination fertile pour trouver des thèmes polarisants et avec quelle violence!
A chaque action, la blogosphère s'enflamme, les réseaux sociaux pullulent de réactions, de menaces et d'alertes contre «l'ennemie de l'Islam, des constantes nationales, de la langue arabe»...Ils ont brandi la «Basmala» comme un atout politique majeur. Ils n'ont pas hésité à salir la mémoire de son grand-père qui était, au début du XXe siècle, le premier recteur de la mosquée de Paris. Et on ne compte plus les agressions verbales et les insultes qui l'ont ciblée dès les premiers jours de son installation. D'un côté, il faut calmer les ardeurs d'un syndicat qui brandit la menace de la grève et de l'autre, elle doit slalomer sur le parcours sinueux d'un secteur en proie au péril islamiste. Nouria Benghebrit ne compte plus les coups et les insultes. Elle a été «d'origine juive», ensuite «francophone» et la liste des «péchés» de cette Dame est encore longue.
Ces invectives souvent proférées par des cadres payés pour éduquer les enfants d'Algérie et par des théologiens à la vision du monde particulière, renseignent sur la taille des enjeux.
Faut-il lever le drapeau blanc et leur livrer sans honneurs ni gloire, l'école, cette dernière forteresse de la modernité? Quand on voit Nouria Benghebrit se débattre, seule parmi ces fous, on est tenté de dire que les islamo-conservateurs ont presque réussi leur entreprise. Face à la violence des charges à répétition de ce courant rétrograde uni dans sa besogne, le staff gouvernemental conspire avec le silence. On est sidéré par l'aphonie de l'exécutif. Nos
ministres sont donc à ce point incapables de solidarité envers une collègue jetée dans une fosse aux lions? Qui ne dit mot, consent! Pourquoi le gouvernement abandonne avec une pareille légèreté cette ministre qui se démène pour appliquer des réformes pourtant contenues dans un programme, qu'il s'échine à défendre devant les caméras de télévision, le programme du président de la République?
Il y a bien non-assistance à une école en danger. En face, le courant opposé à la ministre affiche et assume publiquement ses positions. Quand c'est à l'école qu'ils sattaquent sans rencontrer de résistance, le pire est à craindre. L'Algérie risque d'être rattrapée par ses anciens démons. Vaccinée contre l'islamisme par 10 années de guerre civile certes, mais la rechute est sérieusement envisageable.

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