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LA MANIPULATION CONTINUE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

Qui cherche une "fake" révolution?

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Qui cherche une

Des fausses vidéos qui sont vite devenues virales ont voulu montrer la rue algérienne à feu et à sang. Les citoyens ont vite réagi montrant qu'il n'en était rien.

La guerre des «fake news» continue. Elle a même redoublé d'intensité. Dimanche dernier, après l'annonce de la candidature du chef de l'État, Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, la Toile algérienne était en effervescence. Chauds débats et échanges d'opinions étaient de mise. Néanmoins, des petits «malins» ont profité de l'occasion pour tenter une nouvelle offensive, espérant semer la zizanie. Une première vidéo a été partagée en direct sur une page facebok, dont les auteurs ne sont pas identifiés, annonçant que Béjaïa était à feu et à sang. Selon les auteurs de cette vidéo, les habitants de la vallée de la Soummam étaient sortis dans la rue pour se révolter contre la candidature du président sortant. La vidéo était là pour prouver leurs dires! Sauf que cela est absolument faux! Les Bougiotes ont de suite réagi pour dénoncer la manipulation en envoyant des vidéos et des photos montrant en direct l'endroit où était censée être filmée en direct cette vidéo. Il s'est avéré par la suite que c'est une ancienne vidéo qui a été bidouillée pour faire croire que c'était du direct. Surtout qu'au même moment, une autre vidéo a été publiée sur d'autres pages montrant des Algérois sortis dans la rue, pour les mêmes motifs, assuraient les administrateurs inconnus de la page. Toujours faux! C'est encore une vieille vidéo, tout comme celle publiée hier matin. Ces vidéos qui sont vite devenues virales ont comme point commun «appeler les Algériens à se révolter et sortir dans la rue». Les auteurs espèrent par là créer, un effet d'entraînement général.

Les citoyens à l'affût!
Fort heureusement, les citoyens ont vite réagi montrant qu'il n'en était rien. Même ceux qui s'affichent comme de fervents opposants au régime en place ont dénoncé ces pratiques qui visent à déstabiliser le pays. Ils affirment sans ambages que si changement il doit y avoir, cela se fera par les urnes et non par la violence! Toutefois, malgré cette prise de conscience générale, ces attaques répétitives alors qu'on est à un mois du début de la campagne électorale laissent craindre le pire. Il semble que les ennemis de l'Algérie espèrent faire régner le tant espéré «chaos». Avec comme «arme» les fake-news, mais pas que! Ces «Goebbels» des temps modernes sont passés à une étape supérieure avec les deep fake, qui sont la manipulation vidéo. Cette technique qui consiste à combiner et superposer des images et des vidéos permet de faire dire à n'importe qui n'importe quoi, sans que cela ne soit remarqué. C'est le même procédé utilisé par les professionnels de l'image depuis des décennies. Il est devenu accessible à tous grâce aux smartphones, l'intelligence artificielle et les logiciels téléchargeables grâce à un clic. Ahmed Ouyahia est l'une des premières victimes des «deep fake» en Algérie. Une vidéo qui fait le tour de la blogosphère algérienne met en scène le secrétaire général du RND qui se révolte contre le chef de l'État. Dans cette vidéo, on voit aussi le Premier ministre «avouer» qu'il était un voleur, qu'il avait touché des pots-de-vin et qu'il narguait les Algériens. C'était, bien sûr, une fausse vidéo, mais croyez-le où non, beaucoup sont tombés dans le panneau. Car, c'est tellement bien fait qu'il est difficile de distinguer le vrai du faux!

La tentation est grande...
On se souvient aussi de la campagne Internet qui avait tenté, l'an dernier, de faire passer les Algériens pour des racistes qui pourchassent les migrants. Ce sont les mêmes polémiques saupoudrées de racisme, régionalisme et misogynies que l'on va nous servir afin de diviser pour mieux régner! La manipulation et la fausse propagande risquent d'éluder les vrais problèmes, tout en «chauffant» la rue qui peut exploser d'un moment à l'autre. L'exemple du président américain, Donald Trump, que l'on dit avoir été le premier chef d'État à avoir été élu grâce aux fake news est des plus tentants pour les candidats d'avril prochain. Celui qui était prétendant à la Maison-Blanche avait créé des centaines de sites Internet et pages Facebook destinés à vanter Donald Trump et à salir ses adversaires démocrates, Hillary Clinton et Bernie Sanders, ou à attaquer le bilan de Barack Obama. De faux articles ainsi que de fausses vidéos ont partagé à cet effet, les internautes avant de disparaître aussi vite qu'elles ont été créées. Néanmoins, dans un pays aussi fragile que le nôtre, c'est un jeu qui peut s'avérer très dangereux. C'est jouer avec le feu, pour ne pas dire y mettre de l'huile. Qui est derrière fake révolution? Wait and see...

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