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NORMALISATION DES RELATIONS ENTRE L'ALGÉRIE ET LE MAROC

L'impossible issue!

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Le poste frontalier algéro-marocain Zoudj BghalLe poste frontalier algéro-marocain Zoudj Bghal

La question sahraouie ne doit pas être un obstacle au développement des relations entre les deux pays, a estimé mardi, Madjid Bouguerra, ambassadeur d'Algérie à Washington.

Ce qui est valable en théorie, ne l'est pas automatiquement dans la pratique. Un constat qui cadre avec les relations actuelles entre le Maroc et l'Algérie. Ce qui les mine: le conflit du Sahara occidental. Une question sur laquelle les positions entre les deux pays sont aux antipodes. Le Maroc, qui a annexé ce territoire depuis 1975, n'entend pas en céder un pouce. Ce qui fait du Sahara occidental le dernier bastion du colonialisme en Afrique. Il faut rappeler que le Sahara occidental fait partie de la liste de l'ONU des territoires non autonomes qui restent à décoloniser. L'Algérie, pour sa part, soutient le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination dans le cadre des efforts de l'envoyé spécial de l'ONU pour trouver une solution juste et équitable à ce conflit comme le soulignent de surcroît les nombreuses résolutions adoptées par le Conseil de sécurité. Une position qui a été réitérée mardi dernier par l'ambassadeur d'Algérie à Washington, qui a estimé que la question sahraouie ne doit pas être un obstacle au développement des relations entre les deux pays. Invité du think tank, Center For The National Interest, pour évoquer le rôle de l'Algérie dans la lutte antiterroriste régionale, il a souligné la position constante de l'Algérie sur «cette question d'autodétermination» qui n'empêche pas, pour autant, le développement d'une coopération bilatérale avec le Maroc. «Nous avons toujours dit que nous sommes prêts à travailler avec le Maroc pour améliorer nos relations bilatérales avec une seule condition: que nos frères marocains n'imposent pas de conditions», a souligné Madjid Bouguerra qui a répondu à la question d'un ancien diplomate américain qui lui a demandé si l'Algérie et le Maroc étaient en mesure de coopérer en dépit de leurs divergences sur la question du Sahara occidental. Comment Rabat va réagir à ces déclarations qui interviennent un peu plus de trois mois après une offre infructueuse de normalisation entre les deux pays par le souverain marocain? L'héritier de Hassan II avait préconisé la création d'un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation dont le niveau de représentation est à convenir d'un commun accord. Qu'avait-il proposé pour ouvrir la voie à une nouvelle ère aux relations entre nos deux pays? «Je propose à nos frères en Algérie la création d'un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation. Le niveau de représentation au sein de cette structure, son format, sa nature sont à convenir d'un commun accord», avait-il indiqué tout en précisant que le royaume restait à l'écoute de potentielles réactions algériennes. «Le Maroc est ouvert à d'éventuelles propositions et initiatives émanant de l'Algérie pour désamorcer le blocage dans lequel se trouvent les relations entre les deux pays voisins frères», avait affirmé
Mohammed VI le 6 novembre 2018, le souverain marocain, à l'occasion de la célébration du 43e anniversaire de l'annexion du Sahara occidental. Une date symbolique qui ne pouvait, par principe, servir de tremplin pour effacer tous les malentendus et les attaques souvent féroces de notre voisin de l'Ouest. Certains responsables de partis politiques de premier plan se sont même aventurés jusqu'à revendiquer des territoires algériens sans que cela fasse réagir le Palais royal. Un silence qui s'apparentait à une complicité. Souvenons-nous de l'affaire de l'emblème national du consulat d'Algérie à Casablanca profané par un membre des «Jeunesses royales» le jour où le pays célébrait le 59e anniversaire du déclenchement de sa révolution, a aucun moment le pouvoir marocain n'a manifesté le moindre regret pour cet acte abject. «Notre conflit aujourd'hui n'est pas avec le Polisario, mais avec l'Algérie» avait déclaré le 14 juillet 2014 son ancien ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar... Un passif trop lourd pour aboutir à des relations apaisées du jour au lendemain...

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