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LAKHDAR BOUZEGAG, DE L'AGENCE PAYSAGE DU SUD, À L'EXPRESSION

"Ce qui doit changer!"

Par
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Lakhdar Bouzegag travaille depuis plus de vingt ans à l'agence Paysage du Sud, fondée il y a de cela 35 ans par son oncle. Une des plus anciennes agences de voyages de Tamanrasset, qui a survécu à toutes les étapes par lesquelles est passé le tourisme dans la région. Dans cet entretien, il nous livre son analyse et met en avant les principaux freins d'un tourisme qui ne demande pourtant pas trop de moyens. Entretien.

L'Expression: Bonjour Lakhdar. Votre visage a les traits serrés, votre agence est presque vide. Est-ce une période creuse ou le reflet de la situation actuelle du tourisme dans la capitale de l'Ahaggar?
Lakhdar Bouzegag: (rire, Ndlr). Je préfère en rire qu'en pleurer. Mais la situation est des plus catastrophiques. Les agences ferment l'une après l'autre. On est bien loin de la belle époque où le marché de Tam grouillait de touristes venant des quatre coins du monde. Chaque année, on recevait des milliers de touristes étrangers, désormais ils se comptent, en dizaine. Il y avait des vols charters qui reliaient Paris et Francfort directement à Tamanrasset. Les estivants se comptaient en nombre de vols, maintenant c'est à peine si l'on reçoit une dizaine tous les trimestres. La décennie noire nous avait certes détruits, mais avec l'arrivée du président de la République Abdelaziz Bouteflika au pouvoir et le retour de la paix dans le pays, on avait l'espoir d'un retour des touristes. Cela commençait à se faire progressivement, cependant le rapt des 15 touristes étrangers de 2003 est venu tout détruire...

On parle de 2003 certes, cela fait plus de 16 ans. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. L'Algérie n'est plus ce qu'elle était, c'est devenu un modèle de stabilité et de paix. Cet argument ne tient donc plus la route?
Justement, allez le dire aux touristes étrangers. Les médias de leurs pays continuent à leur faire peur en présentant l'Algérie comme une zone toujours aussi dangereuse. Les responsables qui sont à la tète du tourisme national ne font rien pour changer la chose et vendre une autre image de l'Algérie. Le marketing fait défaut. Mais pas que! La fermeture des principaux sites touristiques n'est pas là pour rassurer les visiteurs, à l'image du Tassili et du Hoggar qui demeurent fermés depuis 2010. D'un côté on dit que c'est sécurisé, de l'autre les principaux sites touristiques sont fermés. Une contradiction qui fait peur à ces touristes. Il y a aussi le fait que l'on exige des escortes pour les étrangers qui les suivent partout...(On l'interrompt, Ndlr).

-Oui, mais il s'agit là d'une question de sécurité nationale. C'est la vie de ces touristes qui est en jeu.
Je ne dis pas le contraire, mais il y a certains sites comme l'Askrem, qui ne sont pas très loin du centre-ville et qui sont ultrasécurisés. L'escorte n'est pas utile dans ces cas. C'est une perte pour le Trésor public et pour nous. Pourquoi ne pas faire comme à Djanet ou dans ce genre de circuit, l'escorte n'est pas obligatoire? On nous demande seulement de signaler au service de sécurité les itinéraires et le nombre de touristes.
Cela changerait beaucoup de choses pour nous. On a eu des fois où un seul touriste se retrouve escorté par deux 4x 4 de la Gendarmerie nationale. Cela frise le ridicule. En plus, ça demande une grosse logistique. Les services de sécurité qui font leur possible pour répondre à nos besoins sont en manque d'effectifs. On doit alors programmer les sorties à l'avance, avec des jours précis. Quand on reçoit des groupes venant de plusieurs pays différents, ce n'est pas évident. Alors que l'application de la même mesure que Djanet permettrait de changer beaucoup de choses. Surtout que je vous assure que la région est ultrasécurisée avec la fermeture des frontières et le travail accru des éléments de l'ANP que je salue et remercie au passage.

À vous entendre, l'escorte est l'un des principaux freins pour les touristes internationaux?
Il y a le problème de la cherté des billets d'avion, le problème des escales qui doivent se faire sur Alger avec un aéroport qui n'est pas encore équipé pour cela. Je cite aussi le problème des visas et la promotion de la destination Algérie à l'international. Mais l'escorte reste, à mon sens, le plus gros frein.
Il y a les problèmes logistiques que cela entraîne tout en provoquant un traumatisme chez ces touristes qui restent sur leurs gardes plutôt que de profiter du moment présent. Pis encore, cette situation a fait que nous ne sommes plus en mesure de proposer les produits-phares que recherchent les étrangers.
À l'image des randonnées chameliers hors des sentiers battus. Cette ambiance caravanière ne peut être suivie par les gros 4x4 des gendarmes. Ce qui nous contraint à supprimer ces produits. Avec la fermeture des grands sites touristiques, il ne nous reste, presque rien à proposer...

Si Lakhdar, cela fait plus de 30 minutes que vous parlez de problèmes qui concernent les touristes étrangers, mais pas les locaux. Pourquoi donc ne pas rediriger votre stratégie vers les Algériens?
Il y a d'abord la cherté des billets d'avion qui touche les Algériens plus que les autres. Vous me permettrez au passage d'ouvrir une brèche. On parle de réduction de 50%, mais cela ne concerne que 4 ou 5 places par vol qui sont vite épuisées sous la table par les agents d'escale au profit de leurs amis. J'en ai fait les frais: un billet qui coûte plus de deux fois le Snmg n'est pas accessible à une grande partie de la population. En plus, contrairement aux étrangers qui cherchent un bivouac où dormir à la belle étoile, nos locaux sont exigeants en ce qui concerne les conditions d'hébergement. La région ne dispose pas d'in structure nécessaire. On voit certes, de plus en plus d'Algériens, notamment les jeunes, qui s'intéressent au Sud, mais la cherté des prix du transport ne permet pas une vraie expansion de ce tourisme. En outre, les locaux ne peuvent compenser les étrangers qui font rentrer de la devise au pays. Néanmoins, nous espérons que les choses changent et que les Algériens puissent profiter de leur pays et les étrangers fassent vivre la région en profitant d'un charme qu'ils ne trouveront dans aucun autre pays au monde...

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