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PRÉSIDENTIELLE 2019 : DES PARTIS D'OPPOSITION EN QUÊTE D'UN CANDIDAT UNIQUE

Le rendez-vous de la 25ème heure

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Cet énième coup d'épée dans l'eau aura des conséquences directes sur l'image de l'oppositionCet énième coup d'épée dans l'eau aura des conséquences directes sur l'image de l'opposition

Benflis ne peut objectivement donner son million d'électeurs à un «jeune» parvenu, susceptible de nouer de dangereuses liaisons avec la Turquie d'Erdogan. Ce scénario, déjà vu lors des conférences de Mazafran 1 et 2, suffit à prédire le fiasco.

Abderrezak Makri et Ali Benflis qui s'étaient déjà affrontés en 2014 pour représenter l'opposition face au président de la République, se retrouvent aujourd'hui au siège du parti de Djaballah pour un nouveau round, dans la perspective de la prochaine présidentielle. Devant une dizaine d'arbitres, dont la popularité est très discutable pour nombre d'entre eux, les deux personnalités avanceront leurs pièces. Ali Benflis qui bénéficie d'une expérience électorale, avec à la clé un score de plus de 1, 2 million de voix acquises, tentera de convaincre son adversaire du moment, Abderrezak Makri, à la tête du parti d'opposition, le mieux implanté à travers le pays. Le «combat», qui peut paraître intéressant pour les militants de Talaie El Hourriyet et ceux du MSP, n'aura aucune espèce d'impact sur la scène nationale. Même si l'on comptabilise d'autres candidats à la candidature sur la liste des invités de Djaballah, à l'image de Abdelkader Bengrina, le gros de la troupe des prétendants à la magistrature suprême a snobé l'initiateur de la rencontre.
Ainsi, les absences de Abdelaziz Belaïd, accrédité de 3% des voix à la présidentielle de 2014 et Ali Fawzi Rebaïne qui a raflé plus de 100 000 voix lors de la même élection, constituent un «manque à gagner» significatif pour l'éventuel candidat «unique» censé sortir de la réunion d'aujourd'hui. Ajouté à ces défections quantifiables, le refus de Ali Ghediri de prendre part à la rencontre, ôte d'emblée à celle-ci une hypothétique garantie médiatique. Bref, l'initiative de Djaballah se réduit à sa plus simple expression, à savoir une discussion informelle entre des hommes aux positionnements politico-idéologiques aux antipodes les uns des autres.
Le «beau monde» qui débattra autour de cafés offerts par Djaballah, sait parfaitement que la démarche est mort-née. Abderrezak Makri n'est pas homme à s'effacer devant le national-démocrate Ali Benflis. Ce dernier, pour qui la présidentielle d'avril prochain est la dernière cartouche dans sa carrière politique, ne peut objectivement donner son million d'électeurs à un «jeune» parvenu, susceptible de nouer de dangereuses liaisons avec la Turquie d'Erdogan. Ce scénario, déjà vu lors des conférences de Mazafran 1 et 2, suffit à prédire le fiasco de la rencontre d'aujourd'hui. Il faut dire que sous d'autres cieux, ce genre de stratégie qui consiste à fédérer l'opposition sous une seule bannière se réalise sur des années de travail, de concertation et de compromis programmatiques entre des tendances politiques appartenant à une même famille idéologique.
En Algérie, ce schéma est inexistant. Les familles idéologiques sont éclatées, minées par des luttes de leadership. Si tant est que l'opposition représente une famille, elle peut aisément être qualifiée de profondément hétéroclite. Les divergences de fond sur des questions essentielles rendent impossible toute idée de candidature commune. D'ailleurs, la fin de non-recevoir réservée à Djaballah par des partis qui comptent sur la scène nationale, à l'image du PT, du FFS et du RCD, apporte la preuve que, dans l'état actuel des choses, il est clairement impossible d'imaginer la moindre chance de voir la rencontre d'aujourd'hui déboucher sur une quelconque plate-forme. Et quand bien même, Djaballah parviendrait à rapprocher les points de vue, on imagine mal un accord, même de principe, sur une candidature unique de l'opposition, sachant que ledit accord est censé être attenant à un programme commun, un plan d'action unitaire, un gouvernement regroupant toutes les tendances signataires de l'accord. Ce genre d'opération, dans la plus petite des Républiques, prendrait des mois de négociation. Même si l'on admettait que le groupe consentirait à bâcler le travail, il est humainement inimaginable de réaliser un projet potable dans les 15 jours qui nous séparent de la clôture des dépôts de candidature.
Cet énième coup d'épée dans l'eau aura des conséquences directes sur l'image de l'opposition en Algérie. Outre qu'elle confirme une totale absence de solidarité, elle donne la nette impression d'être déconnectée des réalités sociopolitiques de l'Algérie. Les Djaballah et consorts doivent savoir, une bonne fois pour toutes, qu'un pays c'est sérieux et qu'un peuple ne suivra jamais des politiciens amateurs, adeptes de la réunionnite.

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