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BÉJAÏA

Les robes noires dans la rue

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Les robes noires dans la rue

Les avocats de Béjaïa ne veulent pas être en marge du mouvement de contestation en vigueur dans le pays. Hier ils ont tenu à s'inscrire dans la dynamique populaire épousant de fait les revendications de la rue.

La mobilisation contre le cinquième mandat et pour des changements politiques s'invite de nouveau. Après les citoyens, toutes catégories confondues et les étudiants, c'était hier, au tour de la corporation des avocats d'investir la rue au chef-lieu de la wilaya de Béjaïa, bastion des luttes démocratiques, près de 1000 avocats sont sortis dans la rue pour exprimer, pacifiquement, leur opposition au 5e mandat. Les avocats, en tenue professionnelle, ont battu le pavé, hier, dans la ville de Bejaia. Il était 10h30, quand la procession des robes noires s'est ébranlée devant le siège de la cour de Béjaïa. Au-devant de la foule, les marcheurs ont déployé l'emblème national et des banderoles sur lesquelles étaient mentionnés les slogans principaux de cette action. «Non au 5e mandat. Oui pour le respect de la Constitution», «Oui pour un Etat de droit», «La souveraineté nationale appartient au peuple», «Pour l'alternance au pouvoir» «Pour un changement radical» et «Les avocats aux côtés du peuple», tels étaient, entre autres, les mots d'ordre de la marche. Les marcheurs ont sillonné les artères principales de Béjaïa avant d'observer un important rassemblement devant le siège de la wilaya, où l'hymne national a été entonné. Auparavant, les avocats de Béjaïa, qui ont fait le détour par le carrefour d'Aâmriw, en scandant des slogans hostiles au pouvoir, ont observé une minute de silence au carrefour CNS.
Les avocats ont marqué par cette action de terrain leur refus «de rester en marge des mouvements de la rue qui se manifestent quotidiennement à travers les différentes wilayas du pays». «Nous sommes là pour remettre de l'ordre, car nous sommes des avocats libres pour protéger le peuple contre les appels d'intimidation et de répression. Nous demandons le départ pacifique du système», indique-t-on. «En tant que défenseurs des droits humains, nous revendiquons aussi une justice indépendante dans un Etat de croit digne de ce nom», a-t-on clamé, tout en exhortant les autres corporations à «se soulever contre le système». Les avocats de Béjaïa, regroupés autour d'un collectif de circonstance, se sont inscrits dans le sillage des actions visant le changement pacifique pour aboutir à la construction d'un Etat de droit. De retour à la cour de Béjaïa, les avocats se sont dispersés dans le calme. «Face à cette situation de déni de droit, de négation des libertés et de violation des textes de la République, nous sommes plus que jamais interpellés», répètent les robes noires, qui ont tout fait pour éviter de donner une coloration politique et la récupération à leur action. Près de deux heures après, les avocats de Béjaïa se sont séparés sur fond d'une satisfaction visible à l'issue d'une action pacifique, qui cadre parfaitement avec les aspirations des millions de citoyennes et de citoyens en effervescence depuis plusieurs jours à travers tout le pays.

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