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LES ALGÉRIENS DANS L'ATTENTE, À QUELQUES HEURES DE LA FIN DU DÉLAI DE DÉPÔT DES CANDIDATURES

Que décidera Bouteflika?

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le siège de la présidencele siège de la présidence

D'importantes décisions seront prises dans les 24 prochaines heures. Suivront-elles une décision de participation ou de retrait du chef de l'Etat? On n'en sait rien, mais nos sources insistent sur leur caractère stratégique. Ce sera la réponse de Bouteflika aux Algériens.

Le chef de l'Etat déposera-t-il ou pas son dossier au Conseil constitutionnel? Cette question que l'on se pose depuis les marches du 22 février dernier, trouvera sa réponse aujourd'hui. Son désormais ex-directeur de campagne s'est prononcé sur le sujet en confirmant la volonté du président-candidat à ne pas faire marche-arrière. La date du 3 mars, c'est-à-dire aujourd'hui, a été avancée. Mais l'affirmation de Abdelmalek Sellal, faite quelques jours avant la dernière démonstration de rue, pourrait être dépassée par les évènements au regard des imposantes manifestations enregistrées.
La montée en puissance de la rue sur l'échiquier politique, complique les calculs des partisans du président de la République et les met devant un véritable dilemme. Le maintien de la candidature, une option irréversible, il y a quelques jours, semble difficilement défendable, en raison d'un climat, il faut bien le dire, délétère, aggravé par une fronde dont on ne soupçonne pas encore la détermination. Jusque-là pacifique et apolitique, l'irruption de la rue dans la scène préélectorale, pourrait prendre des contours plus politisés et déboucher sur des actions «coercitives». D'ailleurs, les réseaux sociaux bruissent d'appels et d'agendas, plus inquiétants les uns que les autres. Grève générale, gigantesque marche nationale à Alger et autre désobéissance civile, figurent sur la liste d'évènements annoncés par des «voix anonymes», mais dont on peut soupçonner l'obédience à des cercles hostiles au chef de l'Etat, non pas en raison du mandat supplémentaire qu'il compte briguer, ni de sa maladie, mais pour des motivations bien plus anciennes.
Il reste que le tableau qu'offre la scène nationale, avec une classe politique «déclassée» par la rue, une candidature présidentielle qui passe de plus en plus mal et une ambiance «électrique» d'où se dégage une odeur de guerre de positions, ne plaide pas en faveur d'une campagne électorale apaisée. Le tout s'en trouve adossé à une impression de fin de vie pour une génération de politiques, en décalage avec l'aspiration d'une jeunesse qui peut voir son désir de «respirer la citoyenneté» détourné pour servir des desseins, à ce jour encore inconnus.
Le propos n'est pas de susciter la panique ou réduire de la belle réaction de la rue, mais à voir les forces en présence et leur poids sur la scène nationale, force est de constater que la place qui est laissé à l'«anonymat» est trop importante pour que l'on puisse parler de «situation sous contrôle».
Quoi qu'en disent les partis de l'opposition ou les partisans du président-candidat, l'enjeu n'est peut-être pas directement lié à la participation ou le retrait du chef de l'Etat de la course à la magistrature suprême. Il y a dans cette impression de «cul-de-sac», un défi de taille pour l'ensemble de la communauté nationale. Le président de la République propose une Conférence nationale inclusive pour le relever. L'opposition y voit un «autre piège» du pouvoir. N'ayant visiblement pas convaincu ni l'opposition ni une partie de l'opinion nationale, le chef de l'Etat tient aujourd'hui entre les mains le destin de la nation. Laissera-t-il tomber et donnera-t-il le témoin à un prochain président, qui devra gérer «l'enjeu» ou tentera-t-il un dernier «coup politique», comme il en a le secret?
En tout état de cause, il y a dans le silence du président non pas une hésitation, mais la préparation d'un plan destiné à convaincre les plus sceptiques. On croit savoir, en effet, de bonnes sources que d'importantes décisions seront prises dans les 24 prochaines heures. Suivront-elles une décision de participation ou de retrait du chef de l'Etat? On n'en sait rien, mais nos sources insistent sur leur caractère stratégique. Ce sera la réponse de Bouteflika aux Algériens.
On peut, à ce propos, imaginer un retournement de situation spectaculaire, même si les observateurs ne misent pas un centime sur pareil scénario. Mais n'oublions pas que ce qu'a réalisé Bouteflika, ces vingt dernières années, peut relever du «miracle» politique. Un de plus, le dernier de sa longue carrière, pourquoi pas.
On le saura dans les toutes prochaines heures.

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