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LES MANIFESTATIONS ONT RALLUMÉ LA FLAMME DE LA JEUNESSE

L'espoir renaît

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Les jeunes aux avant-postes de la manifestationLes jeunes aux avant-postes de la manifestation

Les jeunes Algériens ont décidé de prendre leur destin en main en disant non au cinquième mandat et oui au changement, avec à la clé une démonstration de civisme et de pacifisme. Merveilleux!

Harga et visa! Deux mots à la mode chez nos jeunes, il n'y a pas si longtemps que cela, mais qui ont subitement disparu de leur vocabulaire. En effet, depuis le 22 février et l'avènement des manifestations nationales contre le cinquième mandat du président sortant, Abdelaziz Bouteflika, l'espoir renaît chez une jeunesse que l'on disait perdue.
Ces femmes et ces hommes de toutes catégories sociales confondus se sont unis pour faire entendre leur voix. Ils étaient présents en force durant les marches historiques de la semaine qui vient de s'écouler avec un seul mot d'ordre: prendre leur destin en main en disant non au cinquième mandat et oui au changement.
La révolte des étudiants de mardi dernier était la première démonstration de force de ceux qui sont en train d'écrire une nouvelle page de l'histoire du pays.
Leur rêve est devenu algérien et non européen ou américain... On a ressenti chez cette jeunesse une lueur qui avait disparu depuis bien longtemps. Le dégoût général et le «je-m'en-foutisme» ont laissé place à de l'espérance et la confiance. Ceux qui composent la grande majorité de la population estiment qu'il était temps que ce soit eux qui décident dans un pays où ils veulent tracer leur avenir. «Je suis là pour changer les choses. On n'a qu'un seul pays, je veux le voir au sommet. C'est à nous d'amener ce changement», est un message qui se répétait chez les manifestants qui affirment à la grande unanimité être apolitiques. Cela ne les empêche néanmoins pas d'avoir une conscience politique qu'ils considèrent comme étant la clé de l'émancipation de cette caste où ils ne se reconnaissent pas. «On va marcher pacifiquement pour obtenir ce changement tant espéré. Mais notre combat ne s'arrêtera qu'une fois que nous aurons des élections libres et transparentes où le peuple choisira en toute démocratie ses dirigeants», souligne une jeune fille frêle, pas plus haute que trois pommes, mais qui dégage une force et une détermination à faire bouger des montagnes.
C'est d'ailleurs le même sentiment qui se fait ressentir chez la majorité de ses camarades de lutte. Cette «révolte» populaire les a donc réconciliés avec le monde de la politique, mais surtout la citoyenneté. Car, on sent une véritable fierté d'être algérien chez ces jeunes qui arborent fièrement l'emblème national, et dont le seul souci est que «Tahia El Djazair». Surtout que cette prise de conscience collective a été accompagnée par une démonstration de civisme et de pacifisme. Qu'elles étaient belles ces Algériennes qui nettoyaient les rues juste après les gigantesques manifestations! Qu'ils étaient beaux ces Algériens qui protégeaient leurs aînés lors des bousculades, et les tirs de gaz lacrymogènes!
Qu'elles étaient belles ces images de milliers de personnes qui se taisaient comme un seul homme au moment de passer aux alentours d'hôpitaux, afin de ne pas importuner les malades!
Que dire alors des larmes des tout aussi jeunes policiers algériens émus par les marques de sympathie que les marcheurs leur ont manifestées. Les «Khawa, khawa» (frère, frère) fusaient de partout. Tout comme la solidarité, qu'elle soit des révoltés entre eux ou bien même avec leurs «frères» des forces de l'ordre. N'est-ce pas en Algérie que les manifestants s'échangeaient les provisions et les bouteilles d'eau? N'est-ce pas en Algérie que l'on a vu des agents des brigades antiémeute, blessés lors des bousculades, être évacués par les... protestataires? Une véritable communion entre des Algériens dont le seul objectif est un avenir meilleur avec des dirigeants qu'ils ont eux-mêmes choisis.
Des scènes de pacifisme et de fraternité jamais vues dans le monde. Ce qui montre le degré de conscience d'une jeunesse qui n'a nullement l'intention de devenir comme la Syrie ou la Libye. «Ça a commencé par des fleurs, ça se terminera par des fleurs!». Car, tout simplement, on est dans un pays unique, avec un peuple unique, l'Algérie...

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