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La promesse d'une nouvelle République

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La promesse d'une nouvelle République

La dynamique citoyenne, née du refus de la candidature du président, pourrait paradoxalement servir de formidable outil pour l'enrichissement des débats et surtout pour le contrôle citoyen.

Le président de la République ne va pas à la prochaine élection comme irait n'importe quel candidat. Visiblement conscient du message que lui a adressé la rue, il entend faire du mandat que lui procureraient les électeurs, une occasion pour changer le «système».
Clairement nommé dans sa lettre, ledit système sera appelé à être profondément réformé. Le candidat Bouteflika place ainsi sa prochaine présidence, s'il est élu, comme une ultime mission au service du pays. A son engagement d'organiser une grande conférence nationale inclusive, il ajoutera une promesse d'organiser un référendum populaire pour une nouvelle Constitution qui sortira de ladite conférence et le plus important, il a annoncé d'ores et déjà une élection présidentielle anticipée, à la date que choisiront les animateurs de la conférence nationale inclusive. En d'autres termes, le président de la République se veut le véhicule d'une transition entre deux systèmes, voire entre deux Républiques.
On aura compris à la lecture de la lettre que son ambition première n'est pas de gouverner le temps d'un mandat supplémentaire, mais de préparer le terrain à l'avènement d'un système politique plus proche des aspirations des citoyens. En n'excluant aucune option, voire en endossant des propositions de l'opposition, à l'image d'un mécanisme indépendant d'organisation des élections, le chef de l'Etat affiche sa volonté de permettre l'expression de l'ensemble des sensibilités politiques du pays. Sauf qu'il estime nécessaire que cela doit se discuter au préalable au sein de la société, dans un contexte apaisé, dans le cadre d'un fonctionnement normal de l'ensemble des institutions de la République.
En un mot comme en mille, le président-candidat admet la nécessité d'un changement profond, mais attire l'attention des Algériens sur le fait que cela ne doit pas se faire dans l'anarchie.
En fait, à travers sa proposition, le chef de l'Etat confirme son intention première de donner à l'Algérie les moyens de sa pérennité. Il préconise, à cet effet, de faire des citoyens les principaux acteurs de leur émancipation future. Cette approche est d'autant plus intéressante que les Algériens ont montré ces derniers jours une grande maturité politique. De fait, la dynamique citoyenne, née du refus de la candidature du président, pourrait paradoxalement servir de formidable outil pour l'enrichissement des débats et surtout pour le contrôle citoyen, destiné à éviter toute déviation des intentions premières de la conférence nationale inclusive. Il va de soi que les Algériens voudront avoir des assurances, voire des garanties quant à son caractère effectivement inclusif.
L'équipe de campagne de Abdelaziz Bouteflika devra s'exprimer clairement sur le fond de cette proposition qui comporte une promesse de transition douce entre les générations et un grand espoir de voir l'Algérie faire sa mue, vers plus de démocratie et de modernité.
On annonçait, dans notre édition d'hier, un «coup politique» du président de la République. Les Algériens sauront apprécier le deal qu'il leur propose. Seront-ils séduits? On le saura le 18 avril prochain ou peut-être même dans les tout prochains jours.

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